S.

Shame responds to a Talionic Ethic by André Green

In summary [in the reading of “The Greeks and the irrational” of E.R. Dodds], the shame is a fact in which human responsibility hardly plays a role, which is a present of the Gods, striking the man sinning by pride (hubris), while the guilt is the consequence of a fault in which the human’s will was engaged toward a transgression. The first responds to an ethic of Talion (retaliation) ethic, the second to a more comprehensive ethic of justice.

En résumé [dans la lecture de « Les Grecs et l’irrationnel » de E. R. Dodds], la honte est un fait où la responsabilité humaine joue à peine, c’est un lot des Dieux, frappant l’homme passible d’orgueil (l’hubris) tandis que la culpabilité est la conséquence d’une faute où la volonté de l’homme fut engagée dans le sens d’une transgression. La première répond à une éthique en talion, la seconde à une éthique de justice plus compréhensive.

GREEN André, “Le narcissisme moral” in Revue Française de Psychanalyse Tome XXXIII, Paris, 1969, p. 342

T.

The Silent presence of the analyst may defeat the shame by Claude Janin

According to me, I conceive the analysis as necessarily “incomplete”, leaving its part to the unknown, or better, to the relation to the unknown, and to the unrepresented: something in the analysis is happening, in the better case, in this transitional area within which two psyches meet, without participation of the language: silently. There is then a transition from a negative pact to an authentic psychic sharing: in other words if the analyst carries – and supports – for him and his analysing-one, the non-ideal idea of the incompleteness of the analysis, natural consequence of human incompleteness, then shame, as affect and as questioning, can arise authentically in the analysis and begin to be thus defeated. This silent defeat of the shame is not one of its least riddles because if, in the cure, the fundamental rule is prescription of truth, of exposure, and thus necessarily summons shame, silent psychic sharing, allows him a profound mutation that is not supported by the art of interpretation, but first of all by the presence and listening of the analyst: when the saying of the shame supported by this silent presence can occur, this defeat is, so to speak, consumed.

Pour ma part, je conçois l’analyse comme nécessairement « incomplète », laissant sa part à l’inconnu, ou mieux encore, à la relation d’inconnu, et à l’irreprésenté : quelque chose dans l’analyse se passe, dans le meilleur des cas, dans cette aire transitionnelle au sein de laquelle deux psychés se rencontrent, sans participation du langage : silencieusement. Il y a alors passage d’un pacte dénégatif à un authentique partage psychique : en d’autres termes si l’analyste porte – et supporte –, pour lui et son analysant, l’idée non idéale de l’incomplétude de l’analyse, simple conséquence de l’incomplétude humaine, alors la honte, comme affect et comme questionnement, peut advenir authentiquement dans l’analyse et commencer à être ainsi défaite. Cette défaite silencieuse de la honte n’est pas une de ses moindres énigmes car si, dans la cure, la règle fondamentale est prescription de vérité, de mise à nu, et convoque ainsi nécessairement la honte, le partage psychique silencieux, lui, permet une mutation profonde qui n’est pas soutenue par l’art de l’interprétation, mais bien d’abord par la présence et l’écoute de l’analyste : lorsque le dire de la honte étayé par cette présence silencieuse peut advenir, cette défaite est, pour ainsi dire, consommée.

Claude Janin, « Pour une théorie psychanalytique de la honte (honte originaire, honte des origines, origines de la honte) », Revue française de psychanalyse, 2003/5 (Vol. 67), p. 1657-1742
DOI : 10.3917/rfp.675.1657
URL : https://www.cairn.info/revue-francaise-de-psychanalyse-2003-5-page-1657.htm

P.

Pride as a punishment by André Green

The moral narcissist has committed no other fault than to have remained attached to his infantile megalomania and who is still in debt to his Ego Ideal. The consequence is that he does not feel guilty but that he is ashamed of being only what he is or of pretending to be more than he is. […] In moral narcissism […] punishment – here shame – is accomplished by the insatiable doubling of pride.

Le narcissique moral n’a pas commis d’autre faute que d’être resté fixé à sa mégalomanie infantile et qui est toujours en dette envers son Idéal du Moi. La conséquence est qu’il ne se sent pas coupable mais qu’il a honte de n’être que ce qu’il est ou de prétendre à être plus qu’il n’est. […] Dans le narcissisme moral […] la punition – ici la honte – s’accomplit par le redoublement insatiable de l’orgueil.

A. Green, “Le narcissisme moral” in Narcissisme de vie, narcissisme de mort (1969), Paris, Éditions de Minuit, 1982, p. 183

S.

Shame can be a defense against guilt by Claude Janin

The P. Blos’s conceptions are particularly important: in certain cases, indeed, Superego’s personalization is results from an Ego Ideal stuck to a severe Superego; in other words, there can be a real “collapse between shame and guilt”; in other words, shame can be a defense against guilt, a way to re-sexualize the bonds with the Superego.

Les conceptions de P. Blos sont particulièrement importantes : dans certains cas, en effet, la personnalisation du Sur-moi est le résultat d’un Idéal du Moi collé à un Sur-moi sévère ; en d’autres termes, il peut se produire un véritable « collapsus entre honte et culpabilité » ; en d’autres termes encore, la honte peut être une défense contre la culpabilité, une façon de re-sexualiser les liens avec le Sur-moi.

Claude Janin, « Pour une théorie psychanalytique de la honte (honte originaire, honte des origines, origines de la honte) », Revue française de psychanalyse, 2003/5 (Vol. 67), p. 1657-1742
DOI : 10.3917/rfp.675.1657
URL : https://www.cairn.info/revue-francaise-de-psychanalyse-2003-5-page-1657.htm

Who quotes :

P. Blos, Fonctions de l’Idéal du Moi (1993), in Adolescence, t. XI, no 1

S.

Shame borns in the reversal of sadism by Claude Janin

Thus, we can build the hypothesis according to which that it is in the regressive reversal of sadism into masochism that guilt (actived) gives way to shame (suffered).

On peut donc faire l’hypothèse que c’est dans le retournement régressif du sadisme en masochisme que la culpabilité (active) cède la place à la honte (subie).

Claude Janin, « Pour une théorie psychanalytique de la honte (honte originaire, honte des origines, origines de la honte) », Revue française de psychanalyse, 2003/5 (Vol. 67), p. 1657-1742
DOI : 10.3917/rfp.675.1657
URL : https://www.cairn.info/revue-francaise-de-psychanalyse-2003-5-page-1657.htm

S.

Shame is attached to Anteros by Claude Janin

The guilt would thus be attached to Eros, as the shame would be attached to Anteros.

La culpabilité serait ainsi attachée à Éros, comme la honte le serait à Antéros.

Claude Janin, « Pour une théorie psychanalytique de la honte (honte originaire, honte des origines, origines de la honte) », in Revue française de psychanalyse, 2003/5 (Vol. 67), p. 1657-1742.
DOI : 10.3917/rfp.675.1657
URL : https://www.cairn.info/revue-francaise-de-psychanalyse-2003-5-page-1657.htm
Who quotes
D. Braunschweig, M. Fain, Éros et Antéros. Réflexions psychanalytiques sur la sexualité (1971), Paris, Payot

T.

The mothers’s surprises the shamefull child by Claude Janin

[…] I think I can postulate here that guilt is made possible by the impersonalization of the Superego heir to the Oedipus complex, while the shame is linked to the collapseof the Early Superego and Ego-Ideal which primary object is projectively carryer. As Guillaumin says, it is the father who surprises the “guilty child”, while, for the “shameful child”, “the eye of the father who surprises is the one of the mother herself”

[…] je pense pouvoir ici postuler que la culpabilité est rendue possible par l’impersonnalisation du Sur-moi héritier du complexe d’OEdipe, tandis que la honte est liée au collapsus Sur-moi précoce – Idéal du Moi dont l’objet primaire est projectivement porteur. Comme le dit Guillaumin, c’est le père qui surprend l’ « enfant coupable », tandis que, pour l’ « enfant honteux », « l’œil du père qui surprend est celui de la mère elle-même »

Claude Janin, « Pour une théorie psychanalytique de la honte (honte originaire, honte des origines, origines de la honte) », in Revue française de psychanalyse, 2003/5 (Vol. 67), p. 1657-1742
DOI : 10.3917/rfp.675.1657
URL : https://www.cairn.info/revue-francaise-de-psychanalyse-2003-5-page-1657.htm
Who quotes
Jean Guillaumin, « Honte, culpabilité, dépression », in Revue Française de Psychanalyse (1973), t. XXXVII, no 5, p. 1003

T.

The object exposes the anal area of the glorious by Jean Guillaumin

It is the very object to which the Ego sought to exhibit its phallic power and which it wanted to constrain to the passive position, which passes to the other pole and exposes the anal area of the glorious one, thus denouncing and punishing directly, through the talion, the secret sadism that hid the idealization of his desires.

C’est l’objet même auquel le Moi a cherché à exhiber son pouvoir phallique et qu’il a voulu contraindre à la position passive, qui passe à l’autre pôle et met à nu la zone anale du glorieux, dénonçant et punissant ainsi directement, par le talion, le sadisme secret que cachait l’idéalisation de ses désirs.

Jean Guillaumin, “Honte, culpabilité, dépression”, in Revue Française de Psychanalyse, t. XXXVII, no. 5, (1973), p. 1667

T.

The path between Ideal and Superego by Jean-Luc Donnet

This gap between perfection and perfectionment/improvement means identification to the idealized Oedipal parents does not allow the ego to “take itself” as the ideal: there is clearly a hiatus, separation, structural cleavage between the ego and the Superego , and it is from this cleavage that the path of perfectionment/improvement finds his origine; in other words, it is not possible to separate the prohibitive superego side – do not be like your father – and the ideal side – be like your father.

Cet écart entre perfection et perfectionnement indique que l’identification aux parents œdipiens idéalisés ne permet pas pour autant que le moi “se prenne” pour l’idéal : il y a bien hiatus, séparation, clivage structurel entre le moi et le Sur-moi, et c’est de ce clivage que s’origine en quelque sorte le chemin du perfectionnement ; en d’autres termes, il n’est pas possible de séparer le versant surmoïque interdicteur – ne sois pas comme ton père – et le versant idéal– sois comme ton père.

Donnet Jean-Luc, « I. La décomposition de la personnalité psychique (31e Nouvelle Conférence) », dans : , Surmoi (1). Le concept freudien et la règle fondamentale. Tome 1, sous la direction de Donnet Jean-Luc
Paris cedex 14, Presses Universitaires de France, « Monographies de psychanalyse », 1995, p. 15-53
URL : https://www.cairn.info/surmoi-1–9782130454816-page-15.htm

S.

Shame may be the most shared thing of our world by Claude Janin

[…] all shame has a group dimension; “I am ashamed of you”, “you make me ashamed”, “I am ashamed for you”: these expressions clearly show to what extent shame circulates between individuals as a link. Traditionally referred to the Ego-Ideal, we understand that if the latter is, as Freud maintains in Group Psychology and the Analysis of the Ego, an essential element of the group constitution, then shame is a negative link which cements relationships inter-individual. Let us think for a moment about the expressions I have just mentioned, and try to apply them to guilt; we see that it is more difficult. The flow of the shame between individuals, and its contagious nature, highlighted by these expressions, may make shame the most shared thing in the world.

[…]toute honte comporte une dimension groupale ; « j’ai honte de toi », « tu me fais honte », « j’ai honte pour toi » : ces expressions montrent assez à quel point la honte circule entre les individus comme lien. Traditionnellement référée à l’Idéal du Moi, on comprend en effet que si ce dernier est, comme le soutient Freud dans Psychologie collective et analyse du moi, un élément essentiel de la constitution groupale, alors la honte est un lien négatif qui cimente les relations inter-individuelles. Songeons un instant aux expressions que je viens d’évoquer, et essayons de les appliquer à la culpabilité ; on voit que c’est plus difficile. La circulation de la honte entre les individus, et son caractère contagieux, mis en évidence par ces expressions, font peut-être de la honte la chose au monde la mieux partagée

Janin Claude, « Pour une théorie psychanalytique de la honte (honte originaire, honte des origines, origines de la honte) »,
Revue française de psychanalyse, 2003/5 (Vol. 67), p. 1657-1742
DOI : 10.3917/rfp.675.1657
URL : https://www.cairn.info/revue-francaise-de-psychanalyse-2003-5-page-1657.htm

S.

Subject is ashamed of his fantasies by Didier Lauru

The moment of seeing […] is actually a moment of truth. In the sense that the adolescent subject presenses the semblant’s imposture and thus of his own subjective position. Freud had insisted on one point: it is from his fantasies the subject is ashamed of.

L’instant de voir […] est en fait un moment de vérité. Dans le sens où le sujet adolescent y pressent l’imposture du semblant et ainsi de sa position subjective. Freud avait insisté sur un point : ce dont le sujet a honte, c’est de ses fantasmes.

Lauru Didier, « L’hontologie à l’adolescence », Le Carnet PSY, 2019/3 (N° 224), p. 21-24
DOI : 10.3917/lcp.224.0021.
URL : https://www.cairn.info/revue-le-carnet-psy-2019-3-page-21.htm

S.

Shame may arise from a debt to the human figure by Claude Barazer

It is that the man in each of his exhibitions in the socialscape, would have to answer for the human figure which he contributes to make exist. A painting that can contravene to ethical requirements. Even when the impropriety in which he finds himself involved by his presence cannot be attributed to him. I do believe we’re unable to understand the shame that can haunt someone who has been treated “like a dog”, as Kafka says about the hero of “Der Process” being slaughtered by his executioners. They have been treated like dogs, they was commited in this attack againt the human figure, attack whic was acted on the social scene, and, as such, they are ashamed. Shame could therefore arise from a debt incumbent on every human with regard to the human figure exposed to the other’s gaze.

C’est que l’homme dans chacune de ses expositions dans le paysage social, devrait répondre de la figure humaine qu’il contribue à faire exister. Une peinture qui peut contrevenir aux exigences éthiques. Même lorsque l’irrégularité dans laquelle il se trouve impliqué par sa présence ne peut lui être imputée. Je crois que nous ne pouvons pas comprendre la honte qui peut hanter quelqu’un qui a été traité “comme un chien”, comme le dit Kafka au sujet du héros de “Der Process” massacré par ses bourreaux. Ils ont été traités comme des chiens, ils ont été commis dans cette attaque contre la figure humaine, attaque qui a été commise sur la scène sociale et, à ce titre, ils ont honte. La honte pourrait donc résulter d’une dette de chaque être humain à l’égard de la figure humaine exposée au regard de l’autre.

Claude BARAZER, « Quand le « propre » fait tache », Le Coq-héron, 2006/1 (no 184), p. 57-67
DOI : 10.3917/cohe.184.67.
URL : https://www.cairn.info/revue-le-coq-heron-2006-1-page-57.htm

W.

What appears in the shame by Emmanuel Levinas

What appears in the shame is precisely the fact of being riveted to oneself, the radical impossibility of fleeing to hide from oneself, the irremissible presence of the ego to oneself.

Ce qui apparaît dans la honte c’est donc précisément le fait d’être rivé à soi-même, l’impossibilité radicale de se fuir pour se cacher à soi même, la présence irrémissible du moi à soi-même.

Lévinas Emmanuel (1935), De l’évasion, Paris, Biblio Essais, 1998, p. 112 – 113

T.

The shame imposed in childhood may be woke up by Serge Tisseron

In addition, at any time, the shame imposed in childhood may be woke up. The look the seducers puts on the child, the brutal gestures that he possibly has towards him, his words which aim to make him bear responsibility for his own acts, all of this meets in the child a field of all the more conducive to shame as it was imposed on him during childhood. Of course, the words and gestures of the seducer can also at any time impose on the victim a shame unknown to him. But the shame and the silence that accompanies it, sometimes to death, are all the more likely to lock the experience of seduction that it was felt early and intensely.

En outre, à tout moment, la honte imposée dans l’enfance peut en effet
être réveillée. Le regard que le séducteur fait peser sur l’enfant, les gestes brutaux qu’il a éventuellement à son égard, ses mots qui visent à lui faire porter la responsabilité de ses propres actes, tout cela rencontre chez l’enfant un terrain d’autant plus propice à la honte que celle-ci lui a été imposée dans l’enfance. Bien entendu, les mots et les gestes du séducteur peuvent aussi à tout moment imposer à la victime une honte inconnue d’elle. Mais la honte et le silence qui l’accompagne, parfois jusqu’à la mort, ont d’autant plus de chances de verrouiller l’expérience de séduction qu’elle a été éprouvée précocement et intensément.

Tisseron Serge, « De la honte qui tue à la honte qui sauve », Le Coq-héron, 2006/1 (no 184), p. 18-31. DOI : 10.3917/cohe.184.31.
URL : https://www.cairn.info/revue-le-coq-heron-2006-1-page-18.htm

D.

Decency / Modesty is a fear of being victim by Serge Tisseron

So, decency / modesty is caracterized by the fear of being victim of an assault. It is inseparable from the self-protection desire, while the feeling of shame testifies the fact that our defenses have been “smashed”, and that the disgrace look of the other has penetrated deep inside us.

Ce qui caractérise la pudeur, c’est donc la crainte d’être victime d’une agression. Elle est inséparable du désir de nous protéger, alors que le sentiment de honte témoigne du fait que nos défenses ont été « enfoncées », et que le regard honnisseur de l’autre a pénétré jusqu’au fond de nous.

TISSERON Serge, « De la honte qui tue à la honte qui sauve », Le Coq-héron, 2006/1 (no 184), p. 18-31. DOI : 10.3917/cohe.184.31. URL : https://www.cairn.info/revue-le-coq-heron-2006-1-page-18.htm

W.

Where the shame lies by Claude Barazer

[Shame lies] at the crossroads of this triple process of exposure, dispossession and forfeiture of self facing the other.

[La honte se situe] au carrefour de ce triple processus d’exposition, de dépossession et de déchéance de soi face à l’autre.

BARAZER C., « Hontes sans issue ». In Documents & Débats, Bulletin Intérieur de l’Association Psychanalytique de France, numéro 52, 2000, p. 9