A.

Ashamed to live by Albert Cohen

“Allons enfants de la patrie”*, I murmured mechanically, and I decided not to breathe anymore in order to die and punish them. To this end, I pinched my nose between the thumb and the index finger, I tightened my lips and I began to count mutely to encourage me to die. At thirty, suffocating, I reopened my mouth, I freed my nostrils and I started to live again shamefully.

Allons, enfants de la patrie, murmurai-je machinalement, et je décidai de ne plus respirer afin de mourir et les punir. A cette fin, je me pinçai le nez entre le pouce et l’index, je serrai fort mes lèvres et je commençai à compter muettement pour m’encourager à mourir. A trente, étouffant, je rouvris la bouche, je libérai mes narines et je me remis honteusement à vivre.

*Lyrics of the french national anthem, so called La Marseillaise

Albert CohenO vous, frères humains (1972), Gallimard, Collection Folio, Paris, 1989, p. 152

S.

Shame strikes the incarnation by Sylvie Sesé-Léger

Wasn’t shame, previously, sufficient in itself as a sanction for real or imaginary crime? Shame strikes the incarnation, the body of the subject who “blushes with shame”, exhibiting without possible escape the mark of infamy inscribed with a red-hot iron. Like the scarlet letter worn on the woman’s dress…. To the point of having wished to die, to disappear from the dishonorable scene by entering under ground.


La honte, antérieurement, ne se suffisait-elle pas à elle-même comme sanction du crime réel ou imaginaire ? La honte frappe l’incarnation, le corps du sujet qui « rougit de honte », exhibant sans échappatoire possible la marque d’infamie inscrite au fer rouge. Comme la lettre écarlate portée sur sa robe par la femme…. Au point d’avoir désiré mourir, disparaître de la scène déshonorante en entrant sous terre.

Sylvie Sesé-Léger, « « J’ai honte d’avoir honte » », Essaim, 2018/2 (n° 41), p. 43-50
DOI : 10.3917/ess.041.0043
URL : https://www.cairn.info/revue-essaim-2018-2-page-43.htm

S.

Suicide : to kill an object with whom one has identified himself by Sigmund Freud

For analysis has explained the enigma of suicide in the following way: probably no one finds the mental energy required to kill himself unless, in the first place, in doing so he is at the same time killing an object with whom he has identified himself, and, in the second place, is turning against himself a death-wish which had been directed against someone else.  Nor need the regular discovery of these unconscious death-wishes in those who have attempted suicide surprise us (any more than it ought to make us think that it confirms our deductions), since the unconscious of all human beings is full enough of such death-wishes, even against those they love. 

En effet l’analyse nous a fourni pour l’énigme du suicide cette explication, que peut-être personne ne trouve l’énergie psychique pour se tuer si premièrement il ne tue pas du même coup un objet avec lequel il s’est identifié, et deuxièmement ne retourne par là contre lui-même un désir de mort qui était dirigé contre une autre personne. La découverte régulière de ces désirs de mort inconscients chez le suicidaire n’est d’ailleurs pas pour nous étonner, ni non plus pour nous en imposer à titre de confirmation de nos déductions, car l’inconscient de tous les vivants est rempli de ces désirs de mort, même contre des personnes au demeurant aimées.

Sigmund Freud, “Psychogénèse d’un cas d’homosexualité féminine” in Névrose, psychose et perversion (1973), PUF, 2004, p. 261