T.

The shame’s mathem by David Bernard

This is why, as Alain Abelhauser suggested, I will make shame a name of the fantasy, and the equation of the fantasy, ($ ◇ a) the shame’s mathem. Shame separating and revealing the components of this equation, when its opposite, “sufficiency”, is supported on the contrary by their fusion, this “welding” that makes the apparent unity of the subject. Shame pins down this moment when the subject disappears, and vanishes $, in front of the object of his desire, a, redoubling and awakening the bar that divides him. But also, shame defines that moment when the subject will experience his ontology, and will lower his eyes in front of his condition of speaking being: being nothing, $, if not that, a. Two occurrences of shame, that the clinic allows to verify.

Raison pour laquelle, ainsi que me le suggérait Alain Abelhauser, je ferai de la honte un nom du fantasme, et de l’équation du fantasme, ($ ◇ a) le mathème de la honte. La honte séparant et dévoilant les composants de cette équation, quand son envers, “la suffisance”*, se supporte au contraire de leur fusion, cette “soudure”* qui fait l’unité apparente du sujet. La honte épingle ce moment où le sujet disparaît, et s’évanouit. $, devant l’objet de son désir, a, redoublant et réveillant la barre qui le divise. Mais aussi, la honte définit ce moment où le sujet fera l’expérience de son ontologie, et baissera les yeux devant sa condition d’être parlant: n’être rien, $, sinon ça, a. Deux occurrences de la honte, que la clinique permet de vérifier.

David BernardLacan et la honte – de la honte à l’ontologieEditions nouvelles du Champ lacanien, Paris, 2019, p. 55

Quoting : Jacques Lacan, Le Séminaire livre XVI, D’un Autre à l’autre, Paris, Seul, 2006, p. 22

S.

Shame of a fantasy by David Bernard

The shameful lining of the subject will thus be another name for his fantasy. Shame is first of all the shame of a fantasy. Freud will have noticed this in his practice. The neurotic is ashamed of his fantasies, to the point that in the treatment, he resists confessing them. He mentions this in his article A Child is Being Beaten: “The confession of this fantasy is only made hesitantly, the memory of its first appearance is uncertain, an unequivocal resistance opposes the analytical treatment of this object, shame and feelings of guilt are perhaps more strongly felt on this occasion than during similar communications concerning the first memories of sexual life”*. Freud, in an earlier text, was even more precise: “The adult is ashamed of his fantasies and hides them from others, he cultivates them as his most personal intimate life; as a general rule, he would prefer to confess his failings rather than communicate his fantasies. It may happen that for this reason he believes himself to be the only one to create such fantasies, and that he does not sense the universal diffusion of quite similar creations in others”**.

La doublure honteuse du sujet sera donc un autre nom de son fantasme. La honte est d’abord, honte d’un fantasme. Freud l’aura constaté dans sa pratique. Le névrosé a honte de ses fantasmes, au point que dans la cure, il résiste à les avouer. Il le mentionne dans son article Un enfant est battu: «L’aveu de ce fantasme n’est consenti qu’avec hésitation, le souvenir de sa première apparition est incertain, une résistance sans équivoque s’oppose au traitement analytique de cet objet, honte et senti ment de culpabilité s’émeuvent à cette occasion peut-être avec plus de force que lors de communications semblables portant sur les premiers souvenirs de la vie sexuelle”*. Freud toujours, dans un texte antérieur, était plus précis encore: “L’adulte a honte de ses fantaisies et les dissimule aux autres, il les cultive comme sa vie intime la plus personnelle; en règle générale, il préfèrerait confesser ses manquements plutôt que de communiquer ses fantaisies. Il peut arriver que pour cette raison, il se croie le seul à forger de telles fantaisies, et qu’il ne pressente rien de la diffusion universelle de créations tout à fait analogues chez d’autres”**.

David BernardLacan et la honte – de la honte à l’ontologie, Editions nouvelles du Champ lacanien, Paris, 2019, p. 55

Quoting :

* Sigmund Freud, “Un enfant est battu” in Névrose, psychose et perversion, Paris, Puf, 1973, p. 219

** Sigmund Freud, “l’inquiétante étrangeté” in L’inquiétante étrangeté et autres essais, Paris, Folio/ Gallimard, 1985, p. 36.

I.

I no longer believe in my neurotica by Sigmund Freud

Let me tell you straight away the great secret which has been slowly dawning on me in recent months. I no longer believe in my neurotica. That is hardly intelligible without an explanation; you yourself found what I told you credible. So I shall start at the beginning and tell you the whole story of how the reasons for rejecting it arose. The first group of factors were the continual disappointment of my attempts to bring my analyses to a real conclusion, the running away of people who for a time had seemed my most favourably inclined patients, the lack of the complete success on which I had counted, and the possibility of explaining my partial successes in other, familiar, ways. Then there was the astonishing thing that in every case . . . blame was laid on perverse acts by the father, and realization of the unexpected frequency of hysteria, in every case of which the same thing applied, though it was hardly credible that perverted acts against children were so general*.

Sigmund Freud, The Origins of Psycho-analysis. Letters to Wilhelm Fliess, Drafts and Notes: 1887–1902, Edited by Marie Bonaparte, Anna Freud, Ernst Kris. Authorised translation by Eric Mosbacher and James Strachey. Imago Publishing Co. Ltd., London, 1954, p.216

*Footnote : Freud’s attention had for months past been directed to the study of infantile
phantasy; he had studied the dynamic function of phantasy and gained lasting insights into this field. See pp. 204 and 207 and Letter 62 sqq. He had drawn near to the Oedipus complex, in which he recognized the aggressive impulses of children directed against their parents, but had still remained faithful to his belief in the reality of the seduction scenes. It seems reasonable to assume that it was only the self-analysis of this summer that made possible rejection of the seduction hypothesis.

Footnote by James Strachey

Il faut que je te confie tout de suite le grand secret qui, au cours de ces derniers mois, s’est lentement révélé. Je ne crois plus à ma neurotica (théorie des névroses), ce qui ne saurait être compris sans explication ; tu avais toi-même trouvé plausible ce que je t’avais dit. Je vais donc commencer par le commencement et t’exposer la façon dont se sont présentés les motifs de ne plus y croire. Il y eut d’abord les déceptions répétées que je subis lors de mes tentatives pour pousser mes analyses jusqu’à leur véritable achèvement, la fuite des gens dont le cas semblait le mieux se prêter à ce traitement (la psychanalyse), l’absence du succès total que j’escomptais et la possibilité de m’expliquer autrement, plus simplement, ces succès partiels, tout cela constituant un premier groupe de raisons. Puis, aussi la surprise de constater que, dans chacun des cas, il fallait accuser le père , et ceci sans exclure le mien, de perversion, la notion de la fréquence inattendue de l’hystérie où se retrouve chaque fois la même cause déterminante, alors qu’une telle généralisation des actes pervers commis envers des enfants semblait peu croyable.

Sigmund Freud, “Lettre du 21 septembre 1897” in Lettres à Wilhelm Fliess, 1887-1904, PUF, Paris, 2015
A.

Anxiety : the only subjective translation of the a object by Jacques Lacan

This is why the object a comes this year into the centre of our remarks. And if effectively it is inscribed in the frame of this anxiety that I took as a title, it is precisely for the reason that it is essentially from this angle that it is possible to speak about it, which means again that anxiety is its only subjective expression. If the a which we are dealing with here was all the same introduced a long time ago and along the path which brings it to you, was therefore announced elsewhere, it was announced in the formula of the phantasy($ ◇ a), desire of a.

L’objet a vient cette année au centre de notre propos. S’il s’inscrit dans le cadre d’un Séminaire que j’ai intitulé de l’angoisse, c’est parce que c’est essentiellement par ce biais qu’il est possible d’en parler, ce qui veut dire encore que l’angoisse est sa seule traduction subjective. Le a qui vient ici a pourtant été introduit dès longtemps. Il s’est annoncé dans la formule du fantasme en tant que support du désir, ($ ◇ a), $ désir de a.

Jacques LacanLe Séminaire, Livre X, L’angoisse, Paris, éd. du Seuil, 2004, p. 119

S.

Shame also includes the subject’s melancholization power by David Bernard

Indeed, shame, via its destitution power, also includes the subject’s melancholization power. On the shame moment, the subject may not only be reduced to blushing at his fantasy, where the object has retained its phallic brilliance and power of desire. But he also can be led to the wild crossing of this fantasy, to the forced and imposed experience of this object as waste, this time dispossessed of its phallic brilliance. The comic fact of shame already give us one clue: the shameful subject can feel himself like shit.

En effet, la honte, via son pouvoir de destitution, comporte aussi un pouvoir de mélancolisation du sujet. À l’instant de honte, le sujet pourra ne pas seulement être réduit à rougir de son fantasme, là où l’objet a conserve sa brillance phallique et sa puissance de désir. Mais il pourra être conduit à la traversée sauvage de ce fantasme, à l’expérience forcée et imposée de cet objet comme déchet, dépossédé cette fois de sa brillance phallique. Le fait comique de la honte nous en donnait déjà l’indice : le sujet honteux pourra s’éprouver comme une merde.

David Bernard, « De la honte à l’hontologie », Champ lacanien, 2006/2 (N° 4), p. 185-194.
DOI : 10.3917/chla.004.0185.
URL : https://www.cairn.info/revue-champ-lacanien-2006-2-page-185.htm

G.

Gender violence and fantasy by Marie-José Grihom

Gender violences inside the couple (practicing the gender) seem to be in line with the common psychic experiences of the partners, to this original fantasy “one kills a woman”, which is all the more active as the rejection of the feminine is strong, for both the author as for the victim.

Les violences de genre au sein du couple (dans la pratique du genre) semblent être à la mesure des expériences psychiques communes des partenaires dans ce fantasme originaire « On tue une femme » qui est d’autant plus actif que le refus du féminin est présent tant pour l’homme auteur que pour la femme victime.

Grihom M.-J., « Crime de genre et fantasme féminicide. À propos du fantasme « On tue une femme » » in On tue une femme, Hermann, Paris, 2019, p.427