C.

Contempt and rejection fall on the subject by Jean Guillaumin

But we must note there is a considerable difference between “being disgusted” by something, and “becoming” oneself a disgust’s object to others: indeed disgust protects against narcissistic devaluation rather than participates to that. In the first case, the rejection concerns the loathsome object that the subject cannot ingest, and it comes from the subject. In the second case, contempt and rejection fall on the subject, himself marked in some ways by a stigma vile and repugnant to the others (and his own) eyes.

Mais il faut bien voir qu’il y a une considérable différence entre « être dégoûté » par quelque chose, et « devenir » soi-même un objet de dégoût pour les autres : car le dégoût protège de la dévalorisation narcissique plutôt qu’il n’y participe. Dans le premier cas, le rejet concerne l’objet répugnant que le sujet ne peut ingérer, et il provient du sujet. Dans le second cas, le mépris et le rejet tombent sur le sujet, lui-même marqué à quelque égard d’un stigmate vil et répugnant aux yeux des autres (et des siens).

Jean Guillaumin, « Honte, culpabilité et dépression », in Revue française de psychanalyse n° 5-6, Paris, puf, 1973, P. 989

O.

Opposed logics of Shame and Psychoanalysis by Claude Barazer

without any suprise, psychoanalysis has always been “wary” of shame because their logics are diametrically opposed: when psychoanalysis “believes” in speech, in the therapeutic effects of bringing to light a truth unheard until now, the absolute priority of the ashamed one regarding the speech is “to face” not to be lost nor to be saved, maintaining the posture at all costs, concealing the secret.

il ne faut pas s’étonner que la psychanalyse se soit toujours « méfiée » de la honte car leurs logiques sont diamétralement opposées : si la psychanalyse « croit » en la parole, aux effets thérapeutiques de la mise au jour d’une vérité jusque-là inouïe, la priorité absolue du honteux quant à la parole est la « face » à ne pas perdre ou à sauver, la posture à conserver coûte que coûte, le secret à dissimuler.

Barazer Claude, « “ Ulysse nu et couvert de boue ” », Revue française de psychanalyse, 2003/5 (Vol. 67), p. 1789-1794.
DOI : 10.3917/rfp.675.1789.
URL : https://www.cairn-int.info/revue-francaise-de-psychanalyse-2003-5-page-1789.htm

M.

Moral narcissist gives up satisfaction by André Green

“As soon as there is a blow to be received, says Freud, the masochist stretches his cheek”. This is not the case with the moral narcissist. Paraphrasing Freud, we will say: “As soon as one has to give up some satisfaction, the moral narcissist volunteers. “

« Dès qu’il y a un coup à recevoir, dit Freud, le masochiste tend sa
joue. » Ce n’est pas le cas du narcissique moral. Paraphrasant Freud, nous dirons : « Dès qu’il faut renoncer à quelque satisfaction, le narcissique
moral se porte volontaire. »

GREEN André, “Le narcissisme moral” in Revue Française de Psychanalyse Tome XXXIII, Paris, 1969, p. 346

S.

Shame or Guilt : Œdipus or Ajax by André Green

We understand that we have here two opposed problems which respond to two types of object choice and object investment: with Œdipus the object investment, which generates the guilt through transgression , with Ajax the narcissistic investment of the object, which generates the shame through disappointment.

On comprend que nous avons opposé deux problématiques qui répondent à deux types de choix d’objet et d’investissement de l’objet : avec Œdipe l’investissement objectai de l’objet, générateur par la transgression de la culpabilité, avec Ajax l’investissement narcissique de l’objet, générateur par la déception de la honte.

GREEN André, “Le narcissisme moral” in Revue Française de Psychanalyse Tome XXXIII, Paris, 1969, p. 344

S.

Shame responds to a Talionic Ethic by André Green

In summary [in the reading of “The Greeks and the irrational” of E.R. Dodds], the shame is a fact in which human responsibility hardly plays a role, which is a present of the Gods, striking the man sinning by pride (hubris), while the guilt is the consequence of a fault in which the human’s will was engaged toward a transgression. The first responds to an ethic of Talion (retaliation) ethic, the second to a more comprehensive ethic of justice.

En résumé [dans la lecture de « Les Grecs et l’irrationnel » de E. R. Dodds], la honte est un fait où la responsabilité humaine joue à peine, c’est un lot des Dieux, frappant l’homme passible d’orgueil (l’hubris) tandis que la culpabilité est la conséquence d’une faute où la volonté de l’homme fut engagée dans le sens d’une transgression. La première répond à une éthique en talion, la seconde à une éthique de justice plus compréhensive.

GREEN André, “Le narcissisme moral” in Revue Française de Psychanalyse Tome XXXIII, Paris, 1969, p. 342

T.

The Silent presence of the analyst may defeat the shame by Claude Janin

According to me, I conceive the analysis as necessarily “incomplete”, leaving its part to the unknown, or better, to the relation to the unknown, and to the unrepresented: something in the analysis is happening, in the better case, in this transitional area within which two psyches meet, without participation of the language: silently. There is then a transition from a negative pact to an authentic psychic sharing: in other words if the analyst carries – and supports – for him and his analysing-one, the non-ideal idea of the incompleteness of the analysis, natural consequence of human incompleteness, then shame, as affect and as questioning, can arise authentically in the analysis and begin to be thus defeated. This silent defeat of the shame is not one of its least riddles because if, in the cure, the fundamental rule is prescription of truth, of exposure, and thus necessarily summons shame, silent psychic sharing, allows him a profound mutation that is not supported by the art of interpretation, but first of all by the presence and listening of the analyst: when the saying of the shame supported by this silent presence can occur, this defeat is, so to speak, consumed.

Pour ma part, je conçois l’analyse comme nécessairement « incomplète », laissant sa part à l’inconnu, ou mieux encore, à la relation d’inconnu, et à l’irreprésenté : quelque chose dans l’analyse se passe, dans le meilleur des cas, dans cette aire transitionnelle au sein de laquelle deux psychés se rencontrent, sans participation du langage : silencieusement. Il y a alors passage d’un pacte dénégatif à un authentique partage psychique : en d’autres termes si l’analyste porte – et supporte –, pour lui et son analysant, l’idée non idéale de l’incomplétude de l’analyse, simple conséquence de l’incomplétude humaine, alors la honte, comme affect et comme questionnement, peut advenir authentiquement dans l’analyse et commencer à être ainsi défaite. Cette défaite silencieuse de la honte n’est pas une de ses moindres énigmes car si, dans la cure, la règle fondamentale est prescription de vérité, de mise à nu, et convoque ainsi nécessairement la honte, le partage psychique silencieux, lui, permet une mutation profonde qui n’est pas soutenue par l’art de l’interprétation, mais bien d’abord par la présence et l’écoute de l’analyste : lorsque le dire de la honte étayé par cette présence silencieuse peut advenir, cette défaite est, pour ainsi dire, consommée.

Claude Janin, « Pour une théorie psychanalytique de la honte (honte originaire, honte des origines, origines de la honte) », Revue française de psychanalyse, 2003/5 (Vol. 67), p. 1657-1742
DOI : 10.3917/rfp.675.1657
URL : https://www.cairn.info/revue-francaise-de-psychanalyse-2003-5-page-1657.htm

S.

Shame can be a defense against guilt by Claude Janin

The P. Blos’s conceptions are particularly important: in certain cases, indeed, Superego’s personalization is results from an Ego Ideal stuck to a severe Superego; in other words, there can be a real “collapse between shame and guilt”; in other words, shame can be a defense against guilt, a way to re-sexualize the bonds with the Superego.

Les conceptions de P. Blos sont particulièrement importantes : dans certains cas, en effet, la personnalisation du Sur-moi est le résultat d’un Idéal du Moi collé à un Sur-moi sévère ; en d’autres termes, il peut se produire un véritable « collapsus entre honte et culpabilité » ; en d’autres termes encore, la honte peut être une défense contre la culpabilité, une façon de re-sexualiser les liens avec le Sur-moi.

Claude Janin, « Pour une théorie psychanalytique de la honte (honte originaire, honte des origines, origines de la honte) », Revue française de psychanalyse, 2003/5 (Vol. 67), p. 1657-1742
DOI : 10.3917/rfp.675.1657
URL : https://www.cairn.info/revue-francaise-de-psychanalyse-2003-5-page-1657.htm

Who quotes :

P. Blos, Fonctions de l’Idéal du Moi (1993), in Adolescence, t. XI, no 1

S.

Shame borns in the reversal of sadism by Claude Janin

Thus, we can build the hypothesis according to which that it is in the regressive reversal of sadism into masochism that guilt (actived) gives way to shame (suffered).

On peut donc faire l’hypothèse que c’est dans le retournement régressif du sadisme en masochisme que la culpabilité (active) cède la place à la honte (subie).

Claude Janin, « Pour une théorie psychanalytique de la honte (honte originaire, honte des origines, origines de la honte) », Revue française de psychanalyse, 2003/5 (Vol. 67), p. 1657-1742
DOI : 10.3917/rfp.675.1657
URL : https://www.cairn.info/revue-francaise-de-psychanalyse-2003-5-page-1657.htm

S.

Shame is attached to Anteros by Claude Janin

The guilt would thus be attached to Eros, as the shame would be attached to Anteros.

La culpabilité serait ainsi attachée à Éros, comme la honte le serait à Antéros.

Claude Janin, « Pour une théorie psychanalytique de la honte (honte originaire, honte des origines, origines de la honte) », in Revue française de psychanalyse, 2003/5 (Vol. 67), p. 1657-1742.
DOI : 10.3917/rfp.675.1657
URL : https://www.cairn.info/revue-francaise-de-psychanalyse-2003-5-page-1657.htm
Who quotes
D. Braunschweig, M. Fain, Éros et Antéros. Réflexions psychanalytiques sur la sexualité (1971), Paris, Payot

T.

The mothers’s surprises the shamefull child by Claude Janin

[…] I think I can postulate here that guilt is made possible by the impersonalization of the Superego heir to the Oedipus complex, while the shame is linked to the collapseof the Early Superego and Ego-Ideal which primary object is projectively carryer. As Guillaumin says, it is the father who surprises the “guilty child”, while, for the “shameful child”, “the eye of the father who surprises is the one of the mother herself”

[…] je pense pouvoir ici postuler que la culpabilité est rendue possible par l’impersonnalisation du Sur-moi héritier du complexe d’OEdipe, tandis que la honte est liée au collapsus Sur-moi précoce – Idéal du Moi dont l’objet primaire est projectivement porteur. Comme le dit Guillaumin, c’est le père qui surprend l’ « enfant coupable », tandis que, pour l’ « enfant honteux », « l’œil du père qui surprend est celui de la mère elle-même »

Claude Janin, « Pour une théorie psychanalytique de la honte (honte originaire, honte des origines, origines de la honte) », in Revue française de psychanalyse, 2003/5 (Vol. 67), p. 1657-1742
DOI : 10.3917/rfp.675.1657
URL : https://www.cairn.info/revue-francaise-de-psychanalyse-2003-5-page-1657.htm
Who quotes
Jean Guillaumin, « Honte, culpabilité, dépression », in Revue Française de Psychanalyse (1973), t. XXXVII, no 5, p. 1003

T.

The object exposes the anal area of the glorious by Jean Guillaumin

It is the very object to which the Ego sought to exhibit its phallic power and which it wanted to constrain to the passive position, which passes to the other pole and exposes the anal area of the glorious one, thus denouncing and punishing directly, through the talion, the secret sadism that hid the idealization of his desires.

C’est l’objet même auquel le Moi a cherché à exhiber son pouvoir phallique et qu’il a voulu contraindre à la position passive, qui passe à l’autre pôle et met à nu la zone anale du glorieux, dénonçant et punissant ainsi directement, par le talion, le sadisme secret que cachait l’idéalisation de ses désirs.

Jean Guillaumin, “Honte, culpabilité, dépression”, in Revue Française de Psychanalyse, t. XXXVII, no. 5, (1973), p. 1667