V.

Villas are all like funeral homes by Jean Baudrillard

On the aromatic hillsides of Santa Barbara, the villas are all like funeral homes. Between the gardenias and the eucalyptus trees, among the profusion of plant genuses and the monotony of the human species, lies the tragedy of a Utopian dream* made reality.

Jean Baudrillard, America, Trans. Chris Turner, Verso, 1988

Sur les collines parfumées de Santa Barbara, toutes les villas sont comme des funeral homes. Entre les gardénias et les eucalyptus, dans la profusion des espèces végétales et la monotonie de l’espèce humaine, c’est le destin funeste de l’utopie réalisée.

Jean Baudrillard, Amérique , Grasset, 1986, p. 33

* Chris Turner translated the french “utopie” into “Utopian dream”, adding the dream to the text where it wasn’t even implied. We do wonder reasons and consequences of such an addition, remembering this text started the facherie between Baudrillard and USA’s intelligentsia.

F.

Freud finally gives us the theory of shame by Octave Mannoni

If we use the indexes for one of these words, we are sure to find it, in the text, accompanied by the two others and in the passage from Massenpsychologie where Freud finally gives us the theory of shame, the word shame is not pronounced. Of course, it appears in the Traumdeutung, in the analysis of Uncle Josef’s dream, because it deals with ambition. Through the analysis of this dream, we understand why Freud does not stop at this question: for him the problem of shame was settled from early childhood: he opposed it to a reactionary formation, the kind which brings a definitive change in the unconscious in the superego, that is to say, exactly in character, and one can suspect that this indelible stigma implies a traumatic element that is overcome (as in fetishism, and with the same force).
We know the anecdote: when his parents wanted to shame him for having dirtied their bed, he responded by promising to buy them a brand new and more beautiful bed later. Faced with such an early and ambitious reaction, we feel like, in taking up one of his words addressed to little Hans, exclaiming: “Bravo, little Freud! » He settled the question of shame in a really precocious way, and at the same time taught us that ambition is the remedy. He later made a short-cut when he wrote, to everyone’s astonishment, that ambition was of urethral origin.
So, what made him simplify the question in this way is quite understandable.


Si l’on se sert des index pour un de ces mots, on est certain de le trouver, dans le texte, accompagné des deux autres et dans le passage de la Massenpsychologie Freud nous donne enfin la théorie de la honte, le mot honte n’est pas prononcé Bien entendu, il figure dans la Traumdeutung, dans l’analyse du rêve de l’oncle Josef, parce qu’il y est question d’ambition. Par l’analyse de ce rêve, nous comprenons pourquoi Freud ne s’arrête pas à cette question : pour lui le problème de la honte s’est trouvé réglé dès la petite enfance : il lui a opposé une formation réactionnelle du genre de celles qui apportent une modification définitive dans l’inconscient dans le sur-moi, c’est-à-dire exactement dans le caractère, et l’on peut soupçonner que ce stigma indélébile implique un élément traumatique surmonté (comme dans le cas du fétichisme, et avec la même force).
On connaît l’anecdote : quand ses parents voulaient lui faire honte d’avoir sali leur lit, il a répondu par la promesse de leur acheter plus tard un lit tout neuf et plus beau. Devant une réaction si précocement ambitieuse, on a envie, en reprenant une de ses paroles adressée au petit Hans, de s’écrier : « Bravo, petit Freud ! » Il a réglé la question de la honte d’une façon vraiment précoce, et nous a appris du même coup que l’ambition en est le remède. Il a fait plus tard un court-circuit quand il a écrit, en étonnant tout le monde, que l’ambition était d’origine urétrale.
Mais on comprend très bien ce qui lui a fait simplifier ainsi la question.

Octave MannoniÇa n’empêche pas d’exister, Paris, Seuil, 1982, p. 79

F.

Freud’s ambiguity in German and French by Jacques Lacan

Freud is actually convinced to have proposed the right solution to Irma – Lösung. This word has the same ambiguity in German and French – and means a solution which is injected as well as a problem’s solution.

Freud a, en effet, le sentiment d’avoir bien proposé à Irma la bonne solution – Lösung. Ce mot a la même ambiguïté en allemand qu’en français – c’est aussi bien la solution qu’on injecte que la solution d’un conflit.

Jacques Lacan, Le moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse, Le séminaire Livre II (1954 – 1955), Seuil, Paris, 1978, p. 208

FN : “Irma’s injection” is a famous dream in The interpretation of Dreams

D.

Dream is discourse by Jacques Lacan

The dream‘s desire is not assumed by the subject who says : “I” in his own spoken words [parole]. However articulated to the Other‘s locus, dream is discourse, discourse whose Freud began to enunciate the grammar.

Le désir du rêve n’est pas assumé par le sujet qui dit : « Je » dans sa parole. Articulé pourtant au lieu de l’Autre, il est discours, discours dont Freud a commencé à énoncer la grammaire.

Jacques Lacan, « La direction de la cure » (1957) In Ecrits, Seuil, Paris, 1966, p. 629

F.

Freud’s dream is already addressed to us by Jacques Lacan

Freud, when he teaches us the secret of this Luciferian mystery, is not alone facing this dream. As the dream is addressed to psychoanalyst during a psychoanalysis, Freud’s dream is already addressed to us.

Freud, lorsqu’il nous communique le secret de ce mystère luciférien, n’est pas seul confronté à ce rêve. De même que dans une analyse le rêve s’adresse à l’analyste, Freud dans ce rêve s’adresse déjà à nous.

Jacques LACAN, Le moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse, Séminaire livre II (1954 – 1955), Seuil, Paris, 1978, p. 235

D.

Dream is the fulfilment of a wish by Sigmund Freud

When the work of interpretation has been completed, we perceive that a dream is the fulfilment of a wish.

Sigmund Freud, The Interpretation Of Dreams (1900), Trad. STRACHEY J. (1955), Basic Books, New York, 2010, p. 145

Une fois achevé le travail d’interprétation, le rêve s’avère être un accomplissement de souhait.

Sigmund Freud, L’interprétation du rêve (1900), Trad. Coll., PUF, Paris, 2010, p. 156

T.

The end that the dream reaches by Jacques Lacan

Indeed, this is the end that the dream reaches : the symbolic-system’s starting in its most radical use, absolute, goes to so completely abolish the action of each individual, that it eliminates on the same trick his world’s tragic relationship.

C’est en effet à cela qu’aboutit le rêve. L’entrée en fonction du système symbolique dans son usage le plus radical, absolu, vient à abolir si complètement l’action de l’individu, qu’il élimine du même coup son rapport tragique au monde.

Jacques Lacan, Le moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyseSéminaire livre II (1954 – 1955), Seuil, Paris, 1978, p. 232

D.

Dream teaches us by Jacques Lacan

So, [the] dream teaches us that – what is at stake in the dream’s function is beyond the ego, what in the subject is from the subject and is not subject’s, this is the unconscious .

[Le] rêve nous enseigne donc ceci – ce qui est en jeu dans la fonction du rêve est au-delà de l’ego, ce qui dans le sujet est du sujet et n’est pas du sujet, c’est l’inconscient.

Jacques Lacan, Le moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse, Séminaire livre II (1954 – 1955), Seuil, Paris, 1978, p. 219

S.

So little echo of The book By Marcel Scheidhauer

Eighteen months after the publication of the book, Freud complained that no scientific journal and only a few other newspapers had talked about it: “The Science Of Dreams [The Interpretation Of Dreams] was hardly mentioned in psychiatric journals. “Jones noted for his part:”A such important book has rarely generated so little echo. “

Dix-huit mois après la parution du livre, Freud se plaignit de ce qu’aucune revue scientifique et peu d’autres journaux n’en eussent parlé : « La Science des rêves fut à peine mentionné dans les revues de psychiatrie. » Jones note de son côté : « Il est rare qu’un livre aussi important ait suscité si peu d’écho.»

Marcel Scheidhauer, Le rêve freudien en France 1900 – 1926, Navarin, Paris, 1985, p. 27

E.

Expressing unconscious drives and intentions by Sigmund Freud

Patients’s associations, daily living’s symptomatic acts, dreams and symptoms-substitutes are expressing unconscious drives and intentions; they are born from repressed desires and complexes.

Les associations des patients, les actes symptomatiques de la vie quotidienne, les rêves et les symptômes-substituts expriment des pulsions et des intentions inconscientes ; ils naissent de désirs et de complexes refoulés.

Sigmund Freud, « Sur la psychanalyse » in Cinq leçons sur la psychanalyse (1910), trad. C. Heim, Gallimard, Paris, 1991, p. 81-82

D.

Doubt over dream’s source by Sigmund Freud

We are thus left in doubt as to the source which has been drawn upon by the dream and are tempted to believe that dreams have a power of independent production.

Sigmund FreudThe Interpretation Of Dreams (1900), Trad. STRACHEY J. (1955), Basic Books, New York, p. 45

On reste alors dans le vague, sans savoir à quelle source du rêve on l’a puisé, et l’on est sans doute tenté de croire à une activité productrice autonome du rêve

FREUD S., L’interprétation du rêve (1899), Trad. Coll, Paris, PUF, 2010, p. 37

Sigmund FreudL’interprétation du rêve (1900), Trad. Coll., PUF, Paris, 2010, p. 37

A.

A medically certified artist by Moustapha Safouan

Otto Rank read The Interpretation of Dreams before meeting Freud, at twenty-two years old. This reading inspired him a formula he wrote down his youth diary and expresses feelings gave him the author of this magnum opus “A medically certified artist.”

Otto Rank a lu L’interprétation des rêves bien avant de rencontrer Freud, à vingt-deux ans. Cette lecture lui inspira une formule qu’il a confié à son journal de jeunesse, et qui exprime l’impression que lui donnait l’auteur de ce mganum opus : ” Un artiste médicalement certifié”.

Moustapha Safouan, La psychanalyse, Paris, Thierry Marchaisse, 2013, p. 67

A.

A man is a “parlêtre” from lalangue by Jean Oury

I like cats, I am still waiting them in vain to talk to me! As they do not talk to me, I can not consider that they have the “desire“, etc.. Anxiety neither! That is quite another thing. That specifies what a man is, as Lacan says, a man is a “parlêtre“. The Zoon Politikon, Ekonomikon, Koinonikon Aristotle implies that “zoon” is woven from language. He was condemned to that. That’s what Freud underlined before Traumdeutung. Dream, it’s something like that, even on a scene, a Darstellung, acting, a scenario scripting; that is something from the order … of language. It’s too much said; it would be more accurate to articulate he’s in the “lalangue” (term proposed by Lacan by 1970-1971).

J’aime bien les chats : j’attends toujours, en vain, qu’ils me parlent ! Tant qu’ils ne me parleront pas, je ne pourrai pas considérer qu’ils ont du « désir », etc. De l’angoisse non plus ! C’est tout à fait autre chose. Ce qui spécifie l’homme c’est, comme le dit Lacan, qu’il est un « parlêtre ». Le zoon politikon, ekonomikon, koïnonikon d’Aristote, implique que ce « zoon » soit tissé de langage. Il est condamné à ça. C’est ce que Freud souligne avant la Traumdeutung. Le rêve, c’est quelque chose comme ça, même avec une mise en scène, de Darstellung, de mise en action, de mise en scénario ; c’est quelque chose de l’ordre… du langage. C’est beaucoup dire ; il serait plus précis d’articuler qu’il est dans « lalangue » (terme proposé par Lacan vers 1970-1971).

Jean Oury, « Suite de la conversation avec Henri Maldiney, Salomon Resnik et Pierre Delion » in Revue de psychothérapie psychanalytique de groupe 1/2001 (no 36), Paris, Eres, p. 52

Tribute to Jean Oury, recently gone.

D.

Dream : full of significance by Sigmund Freud

[…] every dream will reveal itself as a psychological structure*, full of significance, and one which may be assigned to a specific place in the psychic activities of the waking state.

Sigmund Freud, The Interpretation of Dreams (1900), Trad. James Strachey (1953), Basic Books, New York, 2010, p. 35

[…] chaque rêve se revèle être une formation psychique pleine de sens, qui doit être insérée à une place assignable dans le mouvement animic de l’état de veille.

Sigmund Freud, L’interprétation du rêve (1899), Trad. Altounian et Al., PUF, Paris, 2010, p. 25

* The french translation, without “Structure”, seems to be more loyal to the german original : “jeder Traum sich als ein sinnvolles psychisches Gebilde herausstellt,”