T.

The bar (helm) embarrasses the subject by Jacques Lacan

The wind seems blowing on me, d’on’t you notice ? That embarrassment is very exactly the subject $ wearing the bar (helm); That the etymology imbaricare strictly speaking is the most direct allusion to the bar (helm) as such; And that as well it is the image of what is called the most direct experience of “embarrassment”. When you don’t know what to do with yourself, when you don’t know what to stand behind, it is clearly the experience of the bar (helm) that is at stake. And this bar (helm) can take more than one shape: curious references that can be found, if I am well informed, in many patois where the embarrassment, the embarazada – there are no Spaniards here? – Too bad, because I am told that the embarazada – without using the patois – means pregnant woman in Spanish. Which is another very significant form of the bar (helm) at its place.

Manifestement le vent souffle sur moi, si vous vous apercevez : Qu’embarras c’est très exactement le sujet $ revêtu de la barre ; Que l’étymologie imbaricare fait à proprement parler l’allusion la plus directe à la barre comme telle ; Et qu’aussi bien c’est là l’image de ce que l’on appelle le vécu le plus direct de l’« embarras ». Quand vous ne savez plus que faire de vous, que vous ne trouvez pas derrière quoi vous remparder, c’est bien de l’expérience de la barre qu’il s’agit. Et aussi bien cette barre peut prendre plus d’une forme : de curieuses références qu’on trouve, si je suis bien informé, dans de nombreux patois où l’embarrassé, l’embarazada – il n’y a pas d’Espagnols ici ? – tant pis car on m’affirme que l’embarazada – sans recourir au patois – veut dire la femme enceinte en espagnol. Ce qui est une autre forme bien significative de la barre à sa place.

Jacques LACAN, Le séminaire – Livre X : L’angoisse : 1962 – 1963, Paris, Éd. du Seuil, 2004. – Leçon du 14 novembre 1962

Jacques Lacan, Le séminaire – Livre X : 1962 – 1963, PDF

S.

Subject is what the signifier represents for another signifier by Jacques Lacan

The effect of the language, it’s the cause introduced into the subject. By this effect, he is not a cause of himself, he carries within him the worm of the cause that splits him. That’s why its cause, it’s the signifier without which there would be no subject in the real. But this subject, it’s what the signifier represents, and it can represent nothing but for another signifier: to which, from then, the listening subject is reduced. The subject, then, we’re not talking to him. It/Id* talks for him, and that’s where he apprehends himself, all the more so because before, simply because it is addressed to him, he disappears as a subject under the signifier he is becoming, he was absolutely nothing.

L’effet de langage, c’est la cause introduite dans le sujet. Par cet effet il n’est pas cause de lui-même, il porte en lui le ver de la cause qui le refend. Car sa cause, c’est le signifiant sans lequel il n’y aurait aucun sujet dans le réel. Mais ce sujet, c’est ce que le signifiant représente, et il ne saurait rien représenter que pour un autre signifiant : à quoi dès lors se réduit le sujet qui écoute. Le sujet donc, on ne lui parle pas. Ça parle de lui, et c’est là qu’il s’appréhende, et ce d’autant plus forcément qu’avant que du seul fait que ça s’adresse à lui, il disparaisse comme sujet sous le signifiant qu’il devient, il n’était absolument rien. 

*The equivoqual “ça” in french has no direct correspondance in english. Here it refers to the Id concept in the Freudian second topic.

Jacques Lacan, Écrits. 2 : “Position de l’inconscient – Congrès de Bonneval – reprise de 1960 en 1964”, Nouvelle éd., Paris, Ed. du Seuil, 1999, p. 315

M.

Multiplication of subject-positions would entail the multiplication of exclusions by Judith Butler

The multiplication of subject-positions along a pluralist axis would entail the multiplication of exclusionary and degrading moves that could only produce a greater factionalization, a proliferation of differences without any means of negotiating among them. The contemporary political demand on thinking is to map out the interrelationships that connect, without simplistically uniting, a variety of dynamic and relational positionalities within the political field. Further, it will be crucial to find a way both to occupy such sites and to subject them to a democratizing contestation in which the exclusionary conditions of their production are perpetually reworked (even though they can never be fully overcome) in the direction of a more complex coalitional frame.

Judith ButlerBodies That Matter – On the Discursive Limits of SexRoutledge, 1993, p. 114-115

La multiplication des positions subjectives selon une orientation pluraliste entrainerait la multiplication des gestes d’exclusion et de dégradation, ce qui ne pourrait que produire de plus nombreuses divisions, la prolifération de différences sans aucun moyen de négocier entre elles. L’exigence politique qui s’impose aujourd’hui à la pensée est celle de cartographier les relations qui connectent, sans unifier de façon simpliste, toute une diversité de positions dynamiques et relationnelles au sein du champ politique. Il est par ailleurs crucial de trouver le moyen à la fois d’occuper ces sites et de les soumettre à une contestation démocratisante qui retravaillerait sans cesse les exclusions conditionnant leur production (bien qu’il ne soit pas possible de les dépasser entièrement) avec pour visée la constitution d’un cadre de coalition plus complexe.

Judith ButlerCes corps qui comptent – De la matérialité et des limites discursives du «sexe» (1993) Editions Amsterdam, Paris, 2018, p. 175
S.

Subaltern : in the aporia between Subject and Object by Gayatri Chakravorty Spivak

Between patriarchy and imperialism, subject-constitution and object-formation, the figure of the woman disappears, not into a pristine nothingness, but into a violent shuttling which is the displaced figuration of the ‘third-world woman’ caught between tradition and modernization. These considerations would revise every detail of judgments that seem valid for a history of sexuality in the West: Such would be the property of repression, that which distinguishes it from the prohibitions maintained by simple penal law: repression functions well as a sentence to disappear, but also as an injunction to silence, affirmation of non-existence; and consequently states that of all this there is nothing to say, to see, to know. The case of suttee as exemplum of the woman-in-imperialism would challenge and reconstruct this opposition between subject (law) and object-of knowledge (repression) and mark the place of ‘disappearance’ with something other than silence and nonexistence, a violent aporia between subject and object status.

Gayatri Chakravorty SpivakCan the Subaltern Speak ?, p.102

Entre le patriarcat et l’impérialisme, la constitu tion du sujet et la formation de l’objet, la figure de la femme disparaît, non dans un néant virginal, mais dans un violent va-et-vient qui correspond à la figura tion déplacée de la « femme du Tiers-Monde », prise entre tradition et modernisation. Ces considérations conduiraient à réviser intégralement les jugements qui semblent valides pour une histoire de la sexualité en Occident: Tel serait le propre de la répression, et ce qui la distingue des interdits que maintient la simple loi pénale : elle fonctionne bien comme condamna tion à disparaître, mais aussi comme une injonction de silence, affirmation d’inexistence; et constat, par consé quent, que de tout cela, il n’y a rien à dire, ni à voir, ni à savoir, » Le cas de la suttee comme modèle [exemplum de la femme-dans-l’impérialisme met en doute et déconstruit cette opposition entre le sujet (la loi) et l’objet de connaissance (la répression) : il marque le point de « disparition par autre chose que du silence et de la non-existence, constituant une aporie violente entre le statut de sujet et celui d’objet.

Gayatri Chakravorty SpivakLes Subalternes peuvent-elles parler ?Editions Amsterdam, Paris, 2020, p.120 – 121
T.

The subject is a text by Gayatri Chakravorty Spivak

Further, I am attempting to borrow the general methodological aura of Freud’s strategy toward the sentence* he construed as a sentence out of the many similar substantive accounts his patients gave him. This does not mean I will offer a case of transference-in-analysis as an isomorphic model for the transaction between reader and text (my sentence**). The analogy between transference and literary criticism or historiography is no more than a productive catachresis. To say that the subject is a text does not authorize the converse pronouncement: the verbal text is a subject.

De plus, je tente d’emprunter l’aura méthodologique générale de la stratégie de Freud à l’égard de la phrase* qu’il a construite en tant que phrase, tirée des nombreux récits substantiels similaires que ses patients lui ont faits. Ceci ne veut pas dire que je proposerai un cas de transfert en analyse comme modèle isomorphique de la transaction entre le lecteur et le texte (ma phrase**). L’analogie entre transfert et critique littéraire ou historiographie n’est rien d’autre qu’une catachrèse productive. Dire que le sujet est un texte n’autorise pas l’affirmation contraire: le texte verbal est un sujet.

* Spivak refers here to the well known sentence “A child is being beaten”, which Freud used as title for one of his major artile in 1919

** Spivak’s sentence is : “White men are saving brown women from brown men”

Gayatri Chakravorty SpivakLes Subalternes peuvent-elles parler ?Editions Amsterdam, Paris, 2020, p.92

S.

Suposition of a subject and epistemic violence by Gayatri Chakravorty Spivak

We should also welcome the search for information carried out in anthropology, political science, history and sociology in these silenced spaces. But, for so much, the supposition and construction of a consciousness, or of a subject, underlie such work and will, in the long run, converge with the imperialist constitution of the subject, mixing epistemic violence with the advancement of knowledge and civilization. And the subalterne woman will always be as mute as ever.

Nous devons également nous réjouir de la recherche d’informations effectuée en anthropologie, en science politique, en histoire et en sociologie dans ces espaces réduits au silence. Et pour tant, la supposition et la construction d’une conscience, ou d’un sujet, sous-tendent un tel travail et vont, à la longue, converger avec la constitution impérialiste du sujet, mêlant la violence épistémique à l’avancement du savoir et de la civilisation. Et la femme subalterne sera toujours aussi muette.

Gayatri Chakravorty Spivak, Les Subalternes peuvent-elles parler ?, Editions Amsterdam, Paris, 2020, p.85

S.

Spoken word [parole] is produced at the Other’s Locus by Jacques Lacan

Let us start once again from the point where the subject’s own spoken word [parole] is a message firstly to him, because it [parole] is produced at the Other’s locus.

Repartons une fois de plus de ceci que c’est d’abord pour le sujet que sa parole est un message, parce qu’elle se produit au lieu de l’Autre.

LACAN J., « La direction de la cure » (1957) In Ecrits, Seuil, Paris, 1971, p. 111

D.

Dream teaches where is the unconscious by Jacques Lacan

So, [the] dream teaches us that – what is at stake in the dream’s function is beyond the ego, what in the subject is from the subject and is not subject’s, this is the unconscious .

[Le] rêve nous enseigne donc ceci – ce qui est en jeu dans la fonction du rêve est au-delà de l’ego, ce qui dans le sujet est du sujet et n’est pas du sujet, c’est l’inconscient.

LACAN J., Le moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse (1954 – 1955), Seuil, Paris, 1978, p. 219