O.

Otherness threats populism and jihadism by Hélène L’Heuillet

Democracy’s pathologie, in populism ,and the religion’s pathology in jihadism have in common the aim of a total social satisfaction, for which all otherness constitutes a threat of breaking and entering.

Pathologie de la démocratie, dans le populisme, et pathologie de la religion, dans le jihadisme, ont en commun de viser une satisfaction sociale totale, pour laquelle toute altérité constitue une menace d’effraction.

H. L’HEUILLET, Tu haïras ton prochain comme toi même, Albin Michel, Paris, 2017, p. 51

A.

A person is either with this court or he must be counted against by Arthur Miller

Danforth: No, old man, you have not hurt these people if they are of good
conscience. But you must understand, sir, that a person is either with this court or he must be counted against it, there be no road between. This is a sharp time, now, a pre-cise time – we live no longer in the dusky afternoon when evil mixed itself with good and befuddled the world. Now, by God’s grace, the shining sun is up, and them that fear not light will surely praise it. I hope you will be one of those.

DANFORTH : Non, vieillard, vous n’avez rien fait contre eux s’ils ont une bonne conscience. Mais vous devez comprendre que, si l’on n’est pas pour la Cour, on est forcément contre elle. Nous ne vivons plus à l’époque trouble où le bien se mêlait au mal pour abuser le monde. À présent, par la grâce de Dieu, le soleil luit, et ceux qui n’ont pas peur de la lumière sont heureux.

Arthur MILLER, Les sorcières de Salem (1952)Trad. Marcel AYME, Robert Laffont, Paris, 2015, p. 148

The Crucible

T.

The voice of Heaven is speaking through the children by Arthur Miller

Do you know, Mr. Proctor, that the entire, contention of the state in these trials is that the voice of Heaven is speaking through the children?

DANFORTH Savez-vous, monsieur Proctor, que, dans ce procès, la conviction profonde de l’État est que la voix de Dieu parle par la bouche de ces enfants

Arthur MILLER, Les sorcières de Salem (1952)Trad. Marcel AYME, Robert Laffont, Paris, 2015, p. 138

The Crucible

S.

Some secret blasphemy stinks to Heaven by Arthur Miller

Hale: Proctor, I cannot think God be provoked so grandly by such a petty cause. The jails are packed – our greatest judges sit in Salem now – and hangin’s promised. Man, we must look to cause proportionate. Were there murder done, perhaps, and never brought to light? Abomination? Some secret blasphemy that stinks to Heaven? Think on cause, man, and let you help me to discover it. For there’s your way, believe it, there is your only way, when such confusion strikes upon the world.

HALE, ébranlé : Je ne crois pas que Dieu aurait permis de si terribles effets pour une si petite cause. Les prisons sont pleines, les juges les plus éminents siègent à Salem et l’ombre de la potence est là. Il me paraît juste de penser à une cause proportionnée à cet appareil. Peut être qu’à Salem, un meurtre a été commis et jamais dévoilé. Une abomination, quelque secret blasphème dont l’odeur empoisonne le ciel, que sais-je ? Pensez-y, Proctor, aidez-moi à découvrir le péché criminel dont le secret pèse sur les destins de Salem. C’est la seule façon d’agir dans un monde frappé d’aberration.

Arthur MILLER, Les sorcières de Salem (1952), Trad. Marcel AYME, Robert Laffont, Paris, 2015, p. 125

The Crucible

S.

Shame may arise from a debt to the human figure by Claude Barazer

It is that the man in each of his exhibitions in the socialscape, would have to answer for the human figure which he contributes to make exist. A painting that can contravene to ethical requirements. Even when the impropriety in which he finds himself involved by his presence cannot be attributed to him. I do believe we’re unable to understand the shame that can haunt someone who has been treated “like a dog”, as Kafka says about the hero of “Der Process” being slaughtered by his executioners. They have been treated like dogs, they was commited in this attack againt the human figure, attack whic was acted on the social scene, and, as such, they are ashamed. Shame could therefore arise from a debt incumbent on every human with regard to the human figure exposed to the other’s gaze.

C’est que l’homme dans chacune de ses expositions dans le paysage social, devrait répondre de la figure humaine qu’il contribue à faire exister. Une peinture qui peut contrevenir aux exigences éthiques. Même lorsque l’irrégularité dans laquelle il se trouve impliqué par sa présence ne peut lui être imputée. Je crois que nous ne pouvons pas comprendre la honte qui peut hanter quelqu’un qui a été traité “comme un chien”, comme le dit Kafka au sujet du héros de “Der Process” massacré par ses bourreaux. Ils ont été traités comme des chiens, ils ont été commis dans cette attaque contre la figure humaine, attaque qui a été commise sur la scène sociale et, à ce titre, ils ont honte. La honte pourrait donc résulter d’une dette de chaque être humain à l’égard de la figure humaine exposée au regard de l’autre.

Claude BARAZER, « Quand le « propre » fait tache », Le Coq-héron, 2006/1 (no 184), p. 57-67
DOI : 10.3917/cohe.184.67.
URL : https://www.cairn.info/revue-le-coq-heron-2006-1-page-57.htm

W.

When exclusion is a salvation by Michel Foucault

The sinner who leaves the leper at his door is offering to him salvation. “That’s why you should have patience in your illness; to Our Lord to your illness, don’t despair you, don’t separate you from its partnership; but if you have patience you will be saved, as the leper who died in front of the Austel of the New Rich and was carried straight to paradise.” Abandonment is a salute to him; exclusion offers him another form of communion.

Le pécheur qui abandonne le lépreux à sa porte, lui ouvre le salut. « Pourquoy ayes patience en ta maladie; car Notre Seigneur pour ta
maladie ne te desprise point, ne te sépare point de sa compagnie; mais si tu as patience tu seras saulvé, comme fut le ladre qui mourut devant l’ostel du Nouveau riche et fut porté tout droit en paradis. » L’abandon lui est un salut; son exclusion lui offre une autre forme de communion.

Michel FOUCAULT, Histoire de la folie à l’âge classique, 2 ème édition, 1972, Gallimard, Paris, p. 16
cite :
Rituel du diocèse de Vienne, imprimé sous l’archevêque Gui de Polssieu, vers 1478. Cité par CHARRET, Histoire de l’Eglise de Vienne, p. 732.

W.

What appears in the shame by Emmanuel Levinas

What appears in the shame is precisely the fact of being riveted to oneself, the radical impossibility of fleeing to hide from oneself, the irremissible presence of the ego to oneself.

Ce qui apparaît dans la honte c’est donc précisément le fait d’être rivé à soi-même, l’impossibilité radicale de se fuir pour se cacher à soi même, la présence irrémissible du moi à soi-même.

Lévinas Emmanuel (1935), De l’évasion, Paris, Biblio Essais, 1998, p. 112 – 113

T.

The shame imposed in childhood may be woke up by Serge Tisseron

In addition, at any time, the shame imposed in childhood may be woke up. The look the seducers puts on the child, the brutal gestures that he possibly has towards him, his words which aim to make him bear responsibility for his own acts, all of this meets in the child a field of all the more conducive to shame as it was imposed on him during childhood. Of course, the words and gestures of the seducer can also at any time impose on the victim a shame unknown to him. But the shame and the silence that accompanies it, sometimes to death, are all the more likely to lock the experience of seduction that it was felt early and intensely.

En outre, à tout moment, la honte imposée dans l’enfance peut en effet
être réveillée. Le regard que le séducteur fait peser sur l’enfant, les gestes brutaux qu’il a éventuellement à son égard, ses mots qui visent à lui faire porter la responsabilité de ses propres actes, tout cela rencontre chez l’enfant un terrain d’autant plus propice à la honte que celle-ci lui a été imposée dans l’enfance. Bien entendu, les mots et les gestes du séducteur peuvent aussi à tout moment imposer à la victime une honte inconnue d’elle. Mais la honte et le silence qui l’accompagne, parfois jusqu’à la mort, ont d’autant plus de chances de verrouiller l’expérience de séduction qu’elle a été éprouvée précocement et intensément.

Tisseron Serge, « De la honte qui tue à la honte qui sauve », Le Coq-héron, 2006/1 (no 184), p. 18-31. DOI : 10.3917/cohe.184.31.
URL : https://www.cairn.info/revue-le-coq-heron-2006-1-page-18.htm

D.

Decency / Modesty is a fear of being victim by Serge Tisseron

So, decency / modesty is caracterized by the fear of being victim of an assault. It is inseparable from the self-protection desire, while the feeling of shame testifies the fact that our defenses have been “smashed”, and that the disgrace look of the other has penetrated deep inside us.

Ce qui caractérise la pudeur, c’est donc la crainte d’être victime d’une agression. Elle est inséparable du désir de nous protéger, alors que le sentiment de honte témoigne du fait que nos défenses ont été « enfoncées », et que le regard honnisseur de l’autre a pénétré jusqu’au fond de nous.

TISSERON Serge, « De la honte qui tue à la honte qui sauve », Le Coq-héron, 2006/1 (no 184), p. 18-31. DOI : 10.3917/cohe.184.31. URL : https://www.cairn.info/revue-le-coq-heron-2006-1-page-18.htm

T.

Time and Causality by Carlo Rovelli

In other words, the existence of common causes in the past is only a manifestation of the past low entropy. In a state of thermal equilibrium, or in a pure mechanical system, a direction of time indicated by the causation does not exist.

Dit autrement, l’existence de causes communes dans le passé n’est qu’une manifestation de la basse entropie passée. Dans un état d’équilibre thermique, ou dans un système purement mécanique, une direction du temps indiquée par la causation n’existe pas.

Carlo ROVELLI, L’ordre du temps, Flammarion Champs Science, Paris, 2019, p. 194

W.

Where the shame lies by Claude Barazer

[Shame lies] at the crossroads of this triple process of exposure, dispossession and forfeiture of self facing the other.

[La honte se situe] au carrefour de ce triple processus d’exposition, de dépossession et de déchéance de soi face à l’autre.

BARAZER C., « Hontes sans issue ». In Documents & Débats, Bulletin Intérieur de l’Association Psychanalytique de France, numéro 52, 2000, p. 9

O.

Opportunity costs of reporting GBV by Felson, Messner, Hoskin and Deane

Finally, victims may avoid going to the police because of the opportunity costs.

Au total, les victimes peuvent préférer éviter d’appeler la Police à cause de coûts d’opportunité.

FELSON R., MESSNER S., HOSKIN A., DEANE G., “Reasons for reporting and not reporting domestic violence to the police” in Criminology Volume 40 Number 3, 2002, p. 621

The reason of “self-protection,” which we create by combining the categories for “protection from future attack” and “to stop the incident,” is the most common one for calling the police (19.9% + 16.7% = 36.6%). Perceptions that the incidents are private or trivial matters are the most frequent reasons for not calling the police (disregarding the residual “other” category).

Les motivations d’ “auto-protection”, que nous avons créé en combinant les catégories “protection d’une nouvelle attaque dans l’avenir” et “pour arrêter l’incident”, sont les plus communément évoquées pour justifier l’appel de la police (19,9% + 16,7% = 36,6%). La perception qu’il s’agit là d’un incident privé, ou d’un incident sans importance sont les motivations les plus souvent évoquées pour justifier de ne pas appeler la police (sans tenir compte de la catégorie résiduelle “autre”).

FELSON R., MESSNER S., HOSKIN A., DEANE G., “Reasons for reporting and not reporting domestic violence to the police” in Criminology Volume 40 Number 3, 2002, p. 630

Our results suggest that three factors inhibit victims from calling the police on partners and family members (versus strangers): the desire for privacy, the desire to protect the offender, and, for partners, the fear of reprisal. Privacy is by far the most important factor inhibiting reporting an incident. Three factors encourage victims to call the police on partners and family members: the desire for self-protection, the perception of these events as more serious, and the perception that the police will view these events as more serious.

Nos résultats suggèrent que trois facteurs empêchent les victimes de faire appel à la police pour intervenir contre des partenaires et des membres de la famille (par rapport aux cas où le bourreau est étranger): le désir de préserver la confidentialité, le désir de protéger le délinquant et, pour lorsqu’il s’agit d’un partenaire, la peur des représailles. La confidentialité est de loin le facteur le plus important dans l’empêchement du signalement d’un incident. Trois facteurs encouragent les victimes à appeler la police pour intervenir contre leurs partenaires et des membres de leur famille : le désir de se protéger, la perception de ces événements comme étant d’une gravité plus élevée et la conviction que la police considérera ces événements comme plus graves.

FELSON R., MESSNER S., HOSKIN A., DEANE G., “Reasons for reporting and not reporting domestic violence to the police” in Criminology Volume 40 Number 3, 2002, p. 640

https://www.scopus.com/record/display.uri?eid=2-s2.0-0036689571&origin=inward&txGid=049ec0ab22938fcfa2fd16edfcb8ee30

W.

What the victim is shuting up by Marie-José Grihom

[…] the one who immediately appears as an executioner, like a radical stranger, is perhaps already well known [by the victim]. Does he not embody that part of abjection and strangeness that it she always shuted up and which founds its link with itself at the imaginary and unconscious level?

[…] celui qui apparaît d’emblée comme un bourreau, comme un radical étranger, est peut-être déjà bien connu [de la victime]. N’incarne-t-il pas cette part d’abjection et d’étrangeté qu’elle tait depuis toujours et qui fonde son lien avec elle-même au plan imaginaire et inconscient ?

Grihom Marie-José, « Pourquoi le silence des femmes ? Violence sexuelle et lien de couple », Dialogue, 2015/2 (n° 208), p. 71-84.
DOI : 10.3917/dia.208.0071.
URL : https://www.cairn.info/revue-dialogue-2015-2-page-71.htm

C.

Correlation between marriage and reporting Sexe Based Violence by Palermo, Bleck and Peterman

The robust positive correlation between being formerly married and reporting may be because women experiencing more severe cases of IPV are more likely to seek help and leave the abusive relationship, or because those able to seek help (regardless of severity of abuse) are more likely to leave relationships.

La robuste corrélation positive que nous constatons entre être précédemment mariée et le signalement [ndlr: d’une violence subie] peut s’expliquer par la plus grande gravité des cas de IPV [ndlr: Intimate Partner Violence – Violence du Partenaire Intime] vécues par les femmes qui sont par conséquent plus susceptibles de rechercher de l’aide et de sortir de la relation abusive ; ou bien, celles qui sont plus aptes à rechercher de l’aide (quelque soit la gravité de la violence) sont également celles qui ont le plus susceptibles de quitter des relations.

Tia Palermo, Jennifer Bleck, and Amber Peterman
“Tip of the Iceberg: Reporting and Gender-Based Violence in Developing Countries”
American Journal of Epidemiology, Vol. 179, No. 5
Published by Oxford University Press on behalf of the Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health.
DOI: 10.1093/aje/kwt295
December 12, 2013

R.

Reasons of underreporting sexual assault by Felson and Paré

The analyses of reasons help explain why victims are less likely to report sexual assaults than physical assaults. Victims of sexual assault are less likely to report the incident for four reasons: (a) they were more likely to be embarrassed, (b) they were more likely to fear reprisal, (c) they were more likely to think the police would not believe them, and (d) they were more likely to believe the police would be ineffective.

L’analyse des raisons évoquées permet d’expliquer pourquoi les victimes ont moins tendance à faire état d’une agression sexuelle que d’une agression physique. Les victimes d’agression sexuelle ont moins tendance à faire état de l’incident pour quatre raisons : (a) elles ont tendance à être plus embarrassées, (b) elles ont plus tendance à craindre des représailles, (c) elles ont plus tendance à penser que la Police ne les croira pas, (d) elles ont plus tendance à penser que la Police sera inefficace.

“The Reporting of Domestic Violence and Sexual Assault by Nonstrangers to the Police”
Author(s): Richard B. Felson and Paul-Philippe Paré
Source: Journal of Marriage and Family, Vol. 67, No. 3 (Aug., 2005), pp. 597-610
Published by: National Council on Family Relations
Stable URL: https://www.jstor.org/stable/3600191

I.

Identities’s axis by Malek Chebel

The identitys’s permanence, perceived as an infinity of culminating points whose spatialization would give a sort of linear continuum, is in itself an easy to destroy decoy. In reality, it is the succession, very difficult sometimes, of identity nodes that come to cover cyclically the axis of identities [plural, so], thus marking it of stronger “ligatures” and giving [an] evolutionary and ascencional meaning by which we can represent it.

La permanence de l’identité perçue comme une infinité de points culminants dont la spatialisation donnerait une sorte de continuum linéaire est en soi un leurre facile à détruire. En réalité, c’est la succession, parfois très difficile des nœuds identitaires qui viennent recouvrir cycliquement l’axe des identités [ndlr : au pluriel donc], le marquant ainsi de « ligatures » plus fortes et lui donnant [un] sens évolutif et ascensionnel par lequel nous le représentons.

Malek Chebel, La formation de l’identité politique (1997), Petite Bibliothèque Payot, Paris, 1998, p. 27

G.

Gender violence and fantasy by Marie-José Grihom

Gender violences inside the couple (practicing the gender) seem to be in line with the common psychic experiences of the partners, to this original fantasy “one kills a woman”, which is all the more active as the rejection of the feminine is strong, for both the author as for the victim.

Les violences de genre au sein du couple (dans la pratique du genre) semblent être à la mesure des expériences psychiques communes des partenaires dans ce fantasme originaire « On tue une femme » qui est d’autant plus actif que le refus du féminin est présent tant pour l’homme auteur que pour la femme victime.

Grihom M.-J., « Crime de genre et fantasme féminicide. À propos du fantasme « On tue une femme » » in On tue une femme, Hermann, Paris, 2019, p.427

F.

Femicide showed as a singular event by Adelina Miranda

In Italy, the media have a fundamental role showing femicide news. Unlike France, killings of women have a very large press coverage, and TV news daily update the number of women killed by men. The media produce and distribute numbers of images and narratives, and develop a collective representation of femicide which is articulated on two criteria. On the one hand, they always evoke crime as an exceptional event; on the other hand, they are very astonished by the fact that the violence takes place within the family environment. Indeed, the speeches produced by the press and the television evacuate all political and social implication, they put forward a face and an individual history while using an interpretative semantics which is based on a reductive vision of the phenomenon. The stories are told in the singular using a recurring statement: a man, more or less in love (even if sometimes he has a relationship with another woman) kills his wife or his companion because it considered leaving him or had already quits. The produced picture is the one of a man who is struck in his love, and sometimes, may be presented as a fragile human being. Because of its exceptional nature, the killing act does not appear to be in contrast with the myth of the family, as a place of love, mutual aid, support, personal fulfillment.

En Italie, les médias ont un rôle fondamental dans la mise en scène des informations sur les féminicides. Différemment de la France, les assassinats perpétrés contre les femmes ont une très grande visibilité dans la presse et les journaux télévisés mettent à jour quotidiennement la liste du nombre de femmes tuées par les hommes. Les médias produisent et distribuent des répertoires d’images et de narrations, et ils élaborent une représentation collective du féminicide articulée autour de deux critères. D’un côté, ils évoquent toujours le crime comme un événement exceptionnel ; d’un autre côté, ils font part d’un grand étonnement dérivé du fait que la violence ait lieu au sein du milieu familial. En effet, les discours produits par la presse et la télévision évacuent toute implication politique et sociale, ils mettent en avant un visage et une histoire individuelle tout en utilisant une sémantique interprétative qui se base sur une vision réductrice du phénomène. Les histoires sont racontées au singulier utilisant un énoncé récurant : un homme, plus ou moins amoureux (même si parfois il entretient une relation avec une autre femme) tue son épouse ou sa compagne car celle-ci envisageait de le quitter ou l’avait déjà quitté. L’image restituée est celle d’un homme qui est frappé dans son amour et parfois présenté comme un être fragile. De par son caractère exceptionnel, l’acte meurtrier n’apparaît donc pas comme étant en contraste avec le mythe de la famille comme lieu de l’amour, d’entraide, de soutien, d’épanouissement personnel.

Miranda A., « Le féminicide : un « mot écran » ? » in On tue une femme, Paris, Hermann, 2019, p.101

F.

Femicide and patriarchal order by Juan Manuel Iranzo

Feminicide: the killing of a woman because some man or men, although occasionally also some women who accept men’s values, has or have sentenced her to death adducing whatever reasons, motives or causes, but nonetheless actually and ultimately because he or they believe she has defied (the words they often use are ‘offended’ or ‘insulted’) patriarchal order (in their words ‘honourable’ societies) beyond what her judge (often but not always the same person who kills her) is prepared to tolerate without retaliating in that way.

Féminicide : meurtre d’une femme par un ou plusieurs hommes, ou par certaines femmes qui souscrivent aux valeurs des hommes, qui la condamne/ent à mort quelles qu’en soient les raisons, les motifs ou les causes invoquées, mais fondamentalement parce qu’il (ou ils ou elle ou elles) croi(ent) qu’elle a défié (ou bien «offensé» ou «injurié») l’ordre patriarcal (ou encore l’«honneur» d’une société) au-delà de ce que son juge (et tueur souvent, mais il ne s’agit pas toujours du tueur) est prêt à tolérer sans représailles d’aucune sorte.

Iranzo, J. M. (2015) ‘Reflections on femicide and violence against women’ in Working paper on femicide (unpublished), GESES. Universidad de Zaragoza

A.

Analysis is an impossible profession by Sigmund Freud

It almost looks as if analysis were the third of those “impossible” professions in which one can be sure beforehand of achieving unsatisfying results. The other two, which have been known much longer, are education and government.

FREUD S., Analysis Terminable and Interminable,(1937)

Il semble presque, cependant, qu’analyser soit le troisième de ces métiers « impossibles », dans lesquels on peut d’emblée être sûr d’un succès insuffisant. Les deux autres, connus depuis beaucoup plus longtemps, sont éduquer et gouverner.

FREUD S., « Analyse terminée et analyse interminable » In Revue française de psychanalyse, tome XI, n° 1, 1939, p. 33

M.

Mental health is a part of public health by Sigmund Freud

[…] one day or another, the moral conscience of society will awaken and will remind all that the poor is just as entitled to the psychic care as he is to the one that we have today, the surgical care that saves life, and that neuroses are no less threatening people’s health than tuberculosis.

[…] un jour ou l’autre, la conscience morale de la société s’éveillera et elle lui rappellera que le pauvre a tout aussi bien droit à l’aide animique qu’à celle que de nos jours il a déjà, l’aide chirurgicale qui lui sauve la vie, et que les névroses ne menacent pas moins la santé du peuple que la tuberculose

FREUD S, « Les voies de la thérapie psychanalytique » (1918) in La  technique psychanalytique, PUF, Paris, 2007, p. 154

L.

Love is a switching speech sign by Jacques Lacan

[…] there is the emergence of analytical speech at each crossing of a speech to another. I do not say anything else by saying that love is the sign that we’re switching of speech

[…] il y a de l’émergence du discours analytique à chaque franchissement d’un discours à un autre. Je ne dis pas autre chose en disant que l’amour, c’est le signe qu’on change de discours.

LACAN J., Encore – Le Séminaire Livre XX (1972-1973), Seuil, 1975, p. 25

F.

Freedom needs Faith by Alexis de Tocqueville

From my point of view, I doubt that man can ever stand both complete religious independence and complete political freedom; and I am inclined to think that if he does not have faith, he must serve, and if he is free, he must believe.

Pour ma part, je doute que l’homme puisse jamais supporter à la fois une complète indépendance religieuse et une complète liberté politique; et je suis enclin à penser que s’il n’a pas la foi, il doit servir, et s’il est libre, il doit croire.

TOCQUEVILLE A., De la démocratie en Amérique vol. 2 (1862), GF-Flammarion, Paris, 1981, p. 32

E.

Election process demonstrates dangers by Alexis de Tocqueville

Applied to the head of the executive power, the election process among a great people demonstrates dangers which experience and historians have sufficiently pointed out.

​Le systéme de l’élection,  appliqué au chef du pouvoir exécutif chez un grand peuple,  presente des dangers que l’expérience et lez historiens ont suffisamment signalés. 

TOCQUEVILLE A., De la démocratie en Amérique vol. 1 (1835), GF-Flammarion, Paris, 1981, p. 200

P.

Politic and primitive thought by Raffaele Simone

A century ago, Freud reminded us how primitive thought survives in several dimensions of human behavior, including the “political” dimension (in the broad sense): “The destinies [of the primal horde] leted traces indestructible in the hereditary history of the genus “(Freud S., Totem and Tabou (1912-1913), 1988, Paris, PUF, p.188).

 

Il y a déjà un siècle, c’est Freud qui rappela que la pensée primitive survit dans plusieurs dimensions du comportement humain, y compris la dimension “politique” (au sens large) : “Les destins [de la horde primitive] ont laissé des traces indestructibles dans l’histoire héréditaire du genre” (Freud S., Totem et Tabou (1912-1913), 1988, Paris, PUF, p.188).

SIMONE R., Si la démocratie fait faillite, 2016, Gallimard, Paris, p.52

F.

Freedom of the ancient Greeks still illuminates the Old Continent by André Glucksmann

The challenge of freedom is not opposing Athens to Jerusalem, but the Athenian republic to Imperium romanum. The Greek virus, rodent empire, remains active. The passion for freedom has ejected outside Europe the largest Persian invaders, toward Thermopylae, Marathon and Salamis. Some two millennia and later in Gdansk, Budapest, Prague, Berlin, the same subversive flame disintegrated, piece after piece, the last for now, European totalitarian empire. Kiev and Tbilisi are following. The Socratic “horsefly” or the Soljenitsynic “grain of sand”, freedom jammes the sheep-majorities and grips oppressive gears. By fair weather, the freedom of the ancient Greeks still illuminates the Old Continent.

Le défi de la liberté n’oppose pas Athènes à Jérusalem, mais la république athénienne à l‘Imperium romanum. Le virus grec, rongeur d‘empire, demeure actif. La passion de la liberté éjecta hors d‘Europe l’envahisseur grand-perse aux Thermopyles, à Marathon et à Salamine. Deux millénaires et quelques plus tard, à Gdansk, à Budapest, à Prague, à Berlin, la même flamme subversive délita, pièce à pièce, le dernier, pour l’heure, empire totalitaire européen. Kiev et Tbilissi suivent. La liberté du « taon » socratique ou du « grain de sable» soljenitsynien grippe les majorités moutonnières et agrippe les engrenages oppressifs. Par beau temps, la liberté des anciens Grecs éclaire encore le Vieux Continent.

GLUCKSMANN A., “L’invention de la liberté” in La plus belle histoire de la liberté (Coll.), Seuil (Points), Paris, 2009, p. 57

T.

The other in the soul’s life by Sigmund Freud

In the individual’s soul’s life, the Other is invariably involved, as a model, as an object, as a helper and as an oppponent.

My own translation, wich is already a lacanian interpretation.

In the individual’s mental life someone else is invariably involved, as a model, as an object, as a helper, as an opponent.

Translated from german byJames Strachey

Dans la vie d’âme de l’individu, l’autre entre en ligne de compte très régulièrement comme modèle, comme objet, comme aide et comme adversaire.

FREUD S., Psychologie des masses et analyse du moi (1921), PUF, Paris, 2010, p. 5

P.

Phallus signifier marks the Other by Jacques Lacan

The main of what I’ve brought you by describing the phallus’s function, is that it is this signifier that marks what the Other desires as himself is, as real Other, as human Other, is marked in his economy by the signifier.

L’essentiel de ce que je vous ai apporté en vous décrivant la fonction du phallus, c’est qu’il est ce signifiant qui marque ce que l’Autre désire en tant que lui-même, comme Autre réel, Autre humain, il est dans son économie d’être marqué par le signifiant.

LACAN J., Le séminaire livre V, Les formations de l’inconscient (1957-1958), Seuil, Paris, 1998, p. 366

F.

Foundation of the oscillations of mood is unknown by Sigmund Freud

Thus the foundation of these spontaneous oscillations of mood is unknown; we are without insight into the mechanism of the displacement of a melancholia by a mania.

La pénétration dans le mécanisme du relais d’une mélancolie par une manie nous fait défaut.

English :
FREUD S., Group Psychology and the Analysis of Ego (1921), Trad. STRACHEY J., Hogarth Pres, London, 1949, p. 106

Français :
FREUD S., Psychologie des masses et analyse du moi (1921), PUF, Paris, 2010, p. 71

T.

The phallus marks the Other by Jacques Lacan

Most of what I’ve brought you by describing the function of the phallus, is that the phallus is this signifer which marks what the Other desires, as himself, as a real Other, a human Other, he is, in his self-being economy, marked by the signifier. […] Precisely; this is to the extent that the Other is marked by the signifier that the subject can – and can only by, through this Other – recognize that he is marked too by the signifier, that is to say : there is always something that remains beyond what can be satisfied through the signifier, which means through the demand.

L’essentiel de ce que je vous ai apporté en vous décrivant la fonction du phallus, c’est qu’il est ce signifiant qui marque ce que l’Autre désire en tant que lui-même, comme Autre réel, Autre humain, il est dans son économie d’être marqué par le signifiant. […] C’est précisément dans la mesure où l’Autre est marqué par le signifiant que le sujet peut – et ne peut que par là, par l’intermédiaire de cet Autre – reconnaître que lui aussi est marqué par le signifiant, c’est-à-dire qu’il y a toujours quelque chose qui reste au-delà de ce qui peut se satisfaire par l’intermédiaire du signifiant, c’est-à-dire par la demande.

LACAN J., Le séminaire livre V, Les formations de l’inconscient (1957-1958), Seuil, Paris, 1998, p. 366

T.

The addiction deals with frustration’s intolerance by Paul-Laurent Assoun

The addiction organizes a sort of the inner sensitivity revolution, starting from this inflection of resistance to displeasure – which, as we feel, deals with the frustration’s intolerance.

L’intoxication organise une sorte de révolution intérieure de la sensibilité, à partir de cette inflexion de la résistance au déplaisir – dont on sent qu’elle a à voir avec l’intolérance à la frustration.

ASSOUN P.-L., « Le briseur de souci ou l’indépendance toxique » In CONDAMIN C., NICOLLE O., ZAFIROPOULOS M., L’inconscient toxique, Economica, Paris, 2001, p. 95

D.

Drugs action in the fight for happiness by Sigmund Freud

The drug’s action in the fight for happiness and to keep the distance away from misery is a so popular benefit that individuals, and peoples, have given them a strong position in their libidinal economy. We are grateful to them not only for the immediate pleasure’s gain, but also for giving us an element of independence longed from the outside world.

L’action des stupéfiants dans le combat pour le bonheur et le maintien à distance de la misère est à ce point appréciée comme un bienfait que les individus, comme les peuples, leur ont accordé une solide position dans leur économie libidinale. On ne leur sait pas gré seulement du gain de plaisir immédiat, mais aussi d’un élément d’indépendance ardemment désiré par rapport au monde extérieur.

FREUD S., Malaise dans la culture (1929), Points Essais, Paris, 2010, p. 21

T.

The unconscious judges the melancholic subject guilty by Sigmund Freud

No matter the “innocence” of his actions in the loss of the object, the court of the unconscious always judges the melancholic subject guilty.


Quoi qu’il en soit en effet de « l’innocence » de ses actes au regard de la perte de l’objet, le tribunal de l’inconscient juge toujours le sujet mélancolique coupable.

FREUD S., Deuil et mélancolie (1917), PBP, Paris, 2011, p. 61

T.

Trends of sadism and hate in melancholia by Sigmund Freud

The self-tormenting in melancholia, which is without doubt enjoyable, signifies, just like the corresponding phenomenon in obsessional neurosis, a satisfaction of trends of sadism and hate which relate to an object, and which have been turned round upon the subject’s own self in the ways we have been discussing

L’auto-martyrisation, sans aucun doute exquise, de la mélancolie exprime, tout comme le phénomène correspondant dans la névrose obsessionnelle, la satisfaction de tendances haineuses et sadiques vouées à un objet, qui se sont retournées ainsi contre le sujet lui-même.

FREUD S., Deuil et mélancolie (1917), PBP, Paris, 2011, p. 61

T.

The object’s investment withdrew in the ego by Sigmund Freud

The object’s investment, which reveals being resistanceless, has been removed, and the liberated libido has not been transferred on another object, but it withdrew in the ego.

L’investissement d’objet, se révélant peu résistant, a été supprimé, et pourtant la libido libérée n’a pas été reportée sur un autre objet, mais elle s’est retirée dans le moi.

FREUD S., Deuil et mélancolie (1917), PBP, Paris, 2011, p. 56

A.

An object’s loss hidden to consciousness by Sigmund Freud

Melancholy focuses, in a way, on an object’s loss hidden to consciousness, unlike the mourning, in which the loss is clearly not unconscious.

La mélancolie porte, en quelque sorte, sur une perte d’objet dérobée à la conscience, à la différence du deuil, dans lequel la perte n’a rien d’inconscient.

FREUD S., Deuil et mélancolie (1917), PBP, Paris, 2011, p. 49

S.

Self-reproaches blame the beloved object by Sigmund Freud

We may get the key of the clinical picture by perceiving that reproaches which patient is addressed are actually blaming a beloved object, that he has turned against his ego.

On obtient ainsi la clef du tableau clinique en percevant que les reproches que s’adresse le malade sont en fait des reproches à un objet d’amour qu’il a retournés contre son moi.

FREUD S., Deuil et mélancolie (1917), PBP, Paris, 2011, p. 54

T.

The Equivocal of Solution in Freud’s Dream by Jacques Lacan

Freud is actually convinced to have proposed the right solution to Irma – Lösung. This word has the same ambiguity in German and French – and means a solution which is injected as well as a problem’s solution.

Freud a, en effet, le sentiment d’avoir bien proposé à Irma la bonne solution – Lösung. Ce mot a la même ambiguïté en allemand qu’en français – c’est aussi bien la solution qu’on injecte que la solution d’un conflit.

LACAN J., Le moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse, Le séminaire Livre II (1954 – 1955), Seuil, Paris, 1978, p. 208

S.

Spoken word [parole] is produced at the Other’s Locus by Jacques Lacan

Let us start once again from the point where the subject’s own spoken word [parole] is a message firstly to him, because it [parole] is produced at the Other’s locus.

Repartons une fois de plus de ceci que c’est d’abord pour le sujet que sa parole est un message, parce qu’elle se produit au lieu de l’Autre.

LACAN J., « La direction de la cure » (1957) In Ecrits, Seuil, Paris, 1971, p. 111

T.

The dream is a discourse by Jacques Lacan

The dream’s desire is not assumed by the subject who says : “I” in his own spoken words [parole]. However articulated to the Other’s locus, dream is discourse, discourse whose Freud began to enunciate the grammar.

Le désir du rêve n’est pas assumé par le sujet qui dit : « Je » dans sa parole. Articulé pourtant au lieu de l’Autre, il est discours, discours dont Freud a commencé à énoncer la grammaire.

LACAN J., « La direction de la cure » (1957) In Ecrits, Seuil, Paris, 1966, p. 629

F.

Freud’s dream is addressed to us by Jacques Lacan

Freud, when he teaches us the secret of this Luciferian mystery, is not alone facing this dream. As the dream is addressed to psychoanalyst during a psychoanalysis, Freud’s dream is already addressed to us.

Freud, lorsqu’il nous communique le secret de ce mystère luciférien, n’est pas seul confronté à ce rêve. De même que dans une analyse le rêve s’adresse à l’analyste, Freud dans ce rêve s’adresse déjà à nous.

LACAN J., Le moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse (1954 – 1955), Seuil, Paris, 1978, p. 235

T.

The Superego opposed the Ego by Sigmund Freud

We can admit as a common result of the sexual phase – dominated by the Oedipus complex – a sedimentation in the Ego which consists in the production of these two identifications linked in some ways to each other. This modification of the Ego retains its determined position, and opposed the rest of the Ego’s content, as Ego-ideal or Superego.

On peut donc admettre comme résultat le plus général de la phase sexuelle dominée par le complexe d’Œdipe, une sédimentation dans le moi qui consiste dans la production de ces deux identifications accordées de quelque façon l’une à l’autre. Cette modification du moi garde sa position particulière, elle s’oppose au reste du contenu du moi comme idéal du moi ou sur-moi.

FREUD S., Le moi et le ça (1923), PBP, Paris, 2010, p. 80

T.

The Work Of Mourning By Sigmund Freud

What is the substance of the work that mourning accomplishes ? I think it may be describe without any exaggeration as follows: the reality’s trial has shown that the loved object no longer exists, and requires the bereaved to withdraw all his libido’s attachements to this object.

En quoi consiste donc le travail que le deuil accomplit ? Je crois qu’il n’est pas excessif de le décrire comme suit : l’épreuve de la réalité a montré que l’objet aimé n’existe plus et elle somme alors l’endeuillé de soustraire toute sa libido de ses attachements à cet objet.

FREUD S., Deuil et mélancolie (1917), PBP, Paris, 2011, p. 47

D.

Dream is the fulfilment of a wish by Sigmund Freud

When the work of interpretation has been completed, we perceive that a dream is the fulfilment of a wish.

FREUD S., The Interpretation Of Dreams (1900), Trad. STRACHEY J. (1955), Basic Books, New York, 2010, p. 145

Une fois achevé le travail d’interprétation, le rêve s’avère être un accomplissement de souhait.

FREUD S., L’interprétation du rêve (1900), Trad. Coll., PUF, Paris, 2010, p. 156

D.

Dream may abolish the tragic relationship to the world by Jacques Lacan

Indeed, this is the end that the dream reaches : the symbolic-system’s starting in its most radical use, absolute, goes to so completely abolish the action of each individual, that it eliminates on the same trick his world’s tragic relationship.

C’est en effet à cela qu’aboutit le rêve. L’entrée en fonction du système symbolique dans son usage le plus radical, absolu, vient à abolir si complètement l’action de l’individu, qu’il élimine du même coup son rapport tragique au monde.

LACAN J., Le moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse (1954 – 1955), Seuil, Paris, 1978, p. 232

D.

Dream teaches where is the unconscious by Jacques Lacan

So, [the] dream teaches us that – what is at stake in the dream’s function is beyond the ego, what in the subject is from the subject and is not subject’s, this is the unconscious .

[Le] rêve nous enseigne donc ceci – ce qui est en jeu dans la fonction du rêve est au-delà de l’ego, ce qui dans le sujet est du sujet et n’est pas du sujet, c’est l’inconscient.

LACAN J., Le moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse (1954 – 1955), Seuil, Paris, 1978, p. 219

E.

Enduring life needs sedative remedies by Sigmund Freud

Life, as it is imposed to us, is too hard for us, and brings us too many pains, disappointments, insoluble tasks. To endure life, we can not do without sedative remedies. […] These remedies may be of three kinds: powerful diversions that allow us to make our misery lighter, substitutive satisfactions that decrease this misery, and narcotics that make us insensitive.

La vie telle qu’elle nous est imposée est trop dure pour nous, elle nous apporte trop de douleurs, de déceptions, de tâches insolubles. Pour la supporter, nous ne pouvons pas nous passer de remèdes sédatifs. […] Ces remèdes, il en est peut-être de trois sortes : de puissantes diversions qui nous permettent de faire peu de cas de notre misère, des satisfactions substitutives qui la diminuent, des stupéfiants qui nous y rendent insensibles.

FREUD S., Malaise dans la culture (1929), Points Essais, Paris, 2010, p. 17

T.

The So Little Echo of The Interpretation Of Dreams By Marcel Scheidhauer

Eighteen months after the publication of the book, Freud complained that no scientific journal and only a few other newspapers had talked about it: “The Science Of Dreams [The Interpretation Of Dreams] was hardly mentioned in psychiatric journals. “Jones noted for his part:”A such important book has rarely generated so little echo. “

Dix-huit mois après la parution du livre, Freud se plaignit de ce qu’aucune revue scientifique et peu d’autres journaux n’en eussent parlé : « La Science des rêves fut à peine mentionné dans les revues de psychiatrie. » Jones note de son côté : « Il est rare qu’un livre aussi important ait suscité si peu d’écho.»

SCHEIDHAUER M., Le rêve freudien en France 1900 – 1926, Navarin, Paris, 1985, p. 27

C.

Cultural development against self-annihilation by Sigmund Freud

The decisive question for the fate of the human specie seems to me to be whether and to what extent her cultural development will succeed in making itself master of the disruption brought to common life by the human drive of aggression and self-annihilation.

La question décisive pour le destin de l’espèce humaine me semble être de savoir si et dans quelle mesure son développement culturel réussira à se rendre maître de la perturbation apportée à la vie en commun par l’humaine pulsion d’agression et d’auto-anéantissement.

FREUD S., Malaise dans la culture (1929), Points Essais, Paris, 2010, p. 89

W.

Worries Breaker and Refuge from Reality by Sigmund Freud

Don’t we know that with the help of the “worries breaker” we can withdraw ourselves from the reality’s pressure at any time, and find refuge in each one’s world offering better sensation’s conditions ?

Ne sait-on pas qu’avec l’aide du « briseur de soucis » on peut se soustraire à chaque instant à la pression de la réalité et trouver refuge dans un monde à soi offrant des conditions de sensation meilleures ?

FREUD S., Malaise dans la culture (1929), Points Essais, Paris, 2010, p. 21

S.

Symptomatic acts born from repressed desires by Sigmund Freud

Patients’s associations, daily living’s symptomatic acts, dreams and symptoms-substitutes are expressing unconscious drives and intentions; they are born from repressed desires and complexes.

Les associations des patients, les actes symptomatiques de la vie quotidienne, les rêves et les symptômes-substituts expriment des pulsions et des intentions inconscientes ; ils naissent de désirs et de complexes refoulés.

FREUD S., « Sur la psychanalyse » in Cinq leçons sur la psychanalyse (1910), trad. C. Heim, Gallimard, Paris, 1991, p. 81-82

L.

Loosing valuable things as a sacrifice by Sigmund Freud

The act of loosing valuable things is used as an expression (…) to make sacrifice (an offering) to dark powers of fate, whose worship, even among us, is not yet extinguished.

 

L’acte de perdre des choses de valeur sert d’expression (…) à faire un sacrifice (une offrande) aux obscures puissances du destin, dont le culte, même parmi nous, n’est pas encore éteint.

 
FREUD S., Psychopathologie de la vie quotidienne (1901), trad. D. Messier, Gallimard,
Paris, 1997, p. 339

T.

The act is preferable inside the transfer by Sigmund Freud

 

Patient’s act instead of his remembering, outside the transfer, is undesirable. In our view, the ideal is he shows abnormal reactions only inside the transfer.

 

Il n’est nullement souhaitable que le patient, en dehors du transfert, agisse au lieu de se souvenir. L’idéal, à notre point de vue, est qu’il ne manifeste de réactions anormales que dans le transfert.

 
FREUD S., Abrégé de psychanalyse (1938), trad. A. Berman, PUF, Paris, 1985, p.45

D.

Doubt over dream’s power by Sigmund Freud

We are thus left in doubt as to the source which has been drawn upon by the dream and are tempted to believe that dreams have a power of independent production.

FREUD S, The Interpretation of Dreams (1899), trans. STRACHEY J. (London, 1953), New York, Basic Books, 2010, p. 45

On reste alors dans le vague, sans savoir à quelle source du rêve on l’a puisé, et l’on est sans doute tenté de croire à une activité productrice autonome du rêve

FREUD S., L’interprétation du rêve (1899), Trad. Coll, Paris, PUF, 2010, p. 37

S.

Science and Psychoanalysis by Octave Mannoni

The primary concern of a psychoanalyst is not his relation to an unconscious’s theory, but, above all, his relation to the unconscious – and his own one first.

La préoccupation essentielle d’un psychanalyste n’est pas son rapport à une théorie de l’inconscient , mais, avant tout, son rapport à l’inconscient – et au sien d’abord.

MANNONI O., Ça n’empêche pas d’exister, Paris, Seuil, 1982, p. 8

Octave Manonni, Ça n’empêche pas d’exister – First lines

“Dalton, Rutherford, and others, who developed the atoms’s theory, knew very well that they had Democritus and Lucretia as predecessors, but also that they owed them very little. Copernicus refuted Ptolemy, but he owed him a relatively valid knowledge of the appearances of the sky. But a sense of gratitude would have hindered his work. Today’s researchers treat their predecessors with little regard insofar as their ambition is to correct them, because science does not advance otherwise: any legitimate refutation is decisive, any universally accepted law retains the status of a hypothesis that has not yet been refuted. In a sense, psychoanalysis too is subject to this kind of evolution.

But there is a difference. It is not subject to the same logical rules, and epistemologists deny it the title of science because it does not succeed in exposing itself methodically to the possibilities of rigorous refutation. One can imagine that analytical “theory” will be formalized enough so that it can one day be exposed to the denial of observation.

It has already happened to Freud that a singular observation (for example, as we shall see, that of the “little” Hans who became great) forced him to overturn his theoretical conceptions. But these changes are not of the same nature as in other forms of knowledge, because the essential preoccupation of a psychoanalyst is not his relation to a theory of the unconscious, but, above all, his relation to the unconscious – and to his own one first. This is naturally much more difficult to state in epistemological terms. It is probably the same in the sciences – except that the unconscious, apart by a hidden way, is what leads the search, but is not, of this search, the object.”

Octave Manonni, Ça n’empêche pas d’exister – Premières lignes

“Dalton, Rutherford, et d’autres, qui ont élaboré la théorie de l’atome, savaient très bien qu’ils avaient Démocrite et Lucrèce comme prédécesseurs, mais aussi qu’ils leur devaient bien peu de chose. Copernic réfutait Ptolémée, il lui devait cependant une connaissance relativement valable des apparences du ciel. Mais un sentiment de reconnaissance aurait gêné son travail. Les chercheurs d’aujourd’hui traitent leurs prédécesseurs avec peu d’égards dans la mesure où leur ambition est de les corriger, car la science n’avance pas autrement : toute réfutation légitime est décisive, toute loi universellement admise garde un statut d’hypothèse non encore réfutée. En un sens, la psychanalyse aussi est soumise à ce genre d’évolution.

Mais il y a une différence. Elle n’est pas astreinte aux mêmes règles logiques, et les épistémologues lui refusent le titre de science parce qu’elle ne réussit pas à s’exposer méthodiquement aux possibilités de réfutation rigoureuse. On peut imaginer qu’on formalisera assez la « théorie » analytique pour qu’elle puisse un jour être exposée au démenti de l’observation.

C’est déjà arrivé à Freud qu’une observation singulière (par exemple, comme on verra, celle du « petit » Hans devenu grand) l’ait obligé à bouleverser ses conceptions théoriques. Mais ces changements ne sont pas de la même nature que dans les autres savoirs, parce que la préoccupation essentielle d’un psychanalyste n’est pas son rapport à une théorie de l’inconscient, mais, avant tout, son rapport à l’inconscient – et au sien d’abord. Cela est naturellement beaucoup plus difficile à énoncer en termes épistémologiques. Il en va sans doute de même dans les sciences – sauf que l’inconscient, s’il est de façon cachée ce qui mène la recherche, n’est pas, de cette recherche, l’objet.”

Octave Mannoni, Ça n’empêche pas d’exister, Editions du Seuil, Paris, 1982, p. 7-8

W.

Walter Benjamin by Guershom Scholem

In his younger years, a deep sadness permeated his being. I remember just a postcard Kurt Hiller addressed him, where he reproached him his dark “way of mind”. I would be inclined to assume that his deeply rooted to grief nature and the literary effects of this one, which so many of his writings reveals the dominant nature, is linked to this part of his personality. In the meantime himself had, still in his early years, a bit of self radicalism, even brutality, which contrasted strangely with the generally typical chineese politeness of his way to deal with others.

Dans ses jeunes années,  une profonde tristesse imprégnait son être. Je me souviens d’une carte postale que lui avait adressée Kurt Hiller, ou ce dernier lui reprochait son mode d’esprit  sombre. Je serais enclin à supposer que sa profonde pénétration dans la nature du deuil ainsi que dans les retombées littéraires de celui ci, vue qui dans un si grand nombre de ses écrits se révèle dominante, est liée à cet aspect de sa personne. En même temps il avait en propre, toujours dans ses jeunes années, un élément de radicalisme personnel, voire de brutalité,  qui contrastait étrangement avec la politesse toute chinoise généralement typique de son rapport à autrui.

SCHOLEM G., Benjamin et son ange, Paris, Rivage Poche, 1995, p. 25

W.

Walter Benjamin by Guershom Scholem

In his younger years, a deep sadness permeated his being. I remember just a postcard Kurt Hiller addressed him, where he reproached him his dark “way of mind”. I would be inclined to assume that his deeply rooted to grief nature and the literary effects of this one, which so many of his writings reveals the dominant nature, is linked to this part of his personnality. In the meantime himself had, still in his early years, a bit of self radicalism, even brutality, which contrasted strangely with the generally typical chineese politeness of his way to deal with others.

Dans ses jeunes années,  une profonde tristesse imprégnait son être. Je me souviens d’une carte postale que lui avait adressée Kurt Hiller, ou ce dernier lui reprochait son mode d’esprit  sombre. Je serais enclin à supposer que sa profonde pénétration dans la nature du deuil ainsi que dans les retombées littéraires de celui ci, vue qui dans un si grand nombre de ses écrits se révèle dominante, est liée à cet aspect de sa personne. En même temps il avait en propre, toujours dans ses jeunes années, un élément de radicalisme personnel, voire de brutalité,  qui contrastait étrangement avec la politesse toute chinoise généralement typique de son rapport à autrui.

SCHOLEM G., Benjamin et son ange, Paris, Rivage Poche, 1995, p. 25

T.

The analyste is an analysing convinced of the unconscious’s existence by Moustapha Safouan

An analysis was considered as a didactic one when the analyste was convinced that the analysing had enough work to be himself convinced of the unconscious’s .

Une analyse était considérée comme didactique à partir du moment où l’analyste était persuadé que l’analysant avait fait suffisamment de travail pour être lui-même persuadé de l’existence de l’inconscient.

SAFOUAN M., La psychanalyse, Science, Thérapie – et Cause, Paris, Thierry Marchaisse, 2013, p. 305

Read more there : http://toutelaculture.com/livres/essais/psychanalyse-de-moustapha-safouan-plongez-dans-une-histoire-de-la-psychanalyse/

T.

The melancholy incorporates the object by Sigmund Freud

The ego wants to incorporate this object into itself, and, in accordance with the oral or cannibalistic phase of libidinal development in which it is, it wants to do so by devouring it.

 

Le moi voudrait s’incorporer cet objet en le dévorant, conformément à la phase orale ou cannibalistique du développement libidinal.

 

FREUD S., Deuil et mélancolie (1917), Paris, PBP, 2011, p. 57-58
or there : http://www.arch.mcgill.ca/prof/bressani/arch653/winter2010/Freud_Mourningandmelancholia.pdf

F.

Freud was a medically certified artist by Moustapha Safouan

Otto Rank read The Interpretation of Dreams before meeting Freud, at twenty-two years old. This reading inspired him a formula he wrote down his youth diary and expresses feelings gave him the author of this magnum opus “A medically certified artist.”

Otto Rank a lu L’interprétation des rêves bien avant de rencontrer Freud, à vingt-deux ans. Cette lecture lui inspira une formule qu’il a confié à son journal de jeunesse, et qui exprime l’impression que lui donnait l’auteur de ce mganum opus : ” Un artiste médicalement certifié”.

SAFOUAN M., La psychanalyse, Paris, Thierry Marchaisse, 2013, p. 67

D.

Dream and man are woven from lalangue by Jean Oury

I like cats, I am still waiting them in vain to talk to me! As they do not talk to me, I can not consider that they have the “desire”, etc.. Anxiety neither! That is quite another thing. That specifies what a man is, as Lacan says, a man is a “parlêtre”. The Zoon Politikon, Ekonomikon, Koinonikon Aristotle implies that “zoon” is woven from language. He was condemned to that. That’s what Freud underlined before Traumdeutung. Dream, it’s something like that, even on a scene, a Darstellung, acting, a scenario scripting; that is something from the order … of language. It’s too much said; it would be more accurate to articulate he’s in the “lalangue” (term proposed by Lacan by 1970-1971).

 

J’aime bien les chats : j’attends toujours, en vain, qu’ils me parlent ! Tant qu’ils ne me parleront pas, je ne pourrai pas considérer qu’ils ont du « désir », etc. De l’angoisse non plus ! C’est tout à fait autre chose. Ce qui spécifie l’homme c’est, comme le dit Lacan, qu’il est un « parlêtre ». Le zoon politikon, ekonomikon, koïnonikon d’Aristote, implique que ce « zoon » soit tissé de langage. Il est condamné à ça. C’est ce que Freud souligne avant la Traumdeutung. Le rêve, c’est quelque chose comme ça, même avec une mise en scène, de Darstellung, de mise en action, de mise en scénario ; c’est quelque chose de l’ordre… du langage. C’est beaucoup dire ; il serait plus précis d’articuler qu’il est dans « lalangue » (terme proposé par Lacan vers 1970-1971).

OURY J., « Suite de la conversation avec Henri Maldiney, Salomon Resnik et Pierre Delion » in Revue de psychothérapie psychanalytique de groupe 1/2001 (no 36), Paris, Eres, p. 52

Tribute to Jean Oury, recently gone.

D.

Dream full of meanings and signifiances by Sigmund Freud

[…] every dream will reveal itself as a psychological structure, full of significance, and one which may be assigned to a specific place in the psychic activities of the waking state.

 

[…] chaque rêve se revèle être une formation psychique pleine de sens, qui doit être insérée à une place assignable dans le mouvement animic de l’état de veille.

 

FREUD S., L’interprétation du rêve (1899), Paris, PUF, p. 25

P.

Psychoanalysis, poetry, it acts something by Jacques Lacan

Psychoanalysis, at least in principle, as it is clear here, as your presence to hear me is a witness of this, psychoanalysis, it acts something. It acts, it’s not enough, it’s essential, it is in its heart, a properly named poetic view : the poetry too acts something.

La psychanalyse, il est entendu, au moins en principe, il est supposé, au moins par le fait que vous êtes là pour m’entendre, que la psychanalyse, ça fait quelque chose. Ça fait, ça ne suffit pas, c’est essentiel, c’est au point central, c’est la vue poétique à proprement parler de la chose, la poésie aussi, ça fait quelque chose.

LACAN J., “Leçon du 15 novembre 1967” in Le séminaire livre XVL’acte analytique, Inédit

F.

Facts and reality by Jacques Lacan

The facts don’t contain in themselves the value these clever people gave them. The evidence is that these so-called “facts” are available to men’s observation from Adam’s times, but appeared to them as such “facts”, with many different aspects from those early days: even today, the wild Melanesian man claims too, be sure of that, stick to the facts.

 

Les faits n’ont pas en eux-mêmes la valeur que leur accordent ces habiles. La preuve est que ces fameux « faits » s’offrent à l’observation des hommes depuis Adam, mais qu’ils leur sont apparus, en tant que faits, sous des aspects bien différents depuis cette époque lointaine : de nos jours même, le sauvage mélanésien prétend lui aussi, n’en doutons pas, s’en tenir aux faits.

 

LACAN J., De la psychose paranoïaque dans ses rapports avec la personnalité (1932), Paris, Editions Du Seuil, 1980, p. 308

T.

The insane takes things serioulsy by Jacques Lacan

Observe normal subjects, and therefore yourself, the number of things which really are  your basic occupation to don’t considere them seriously. It may be nothing more than the first difference between you and the insane. That’s why the insane embodies for many, and even without they did confess, where it would lead us if we start taking things seriously.

Observez bien chez les sujets normaux, et par conséquent chez vous même, le nombre de choses dont c’est vraiment votre occupation fondamentale que de ne pas les prendre au sérieux. Ce n’est peut-être rien d’autre que la première différence entre vous et l’aliéné. Et c’est pourquoi l’aliéné incarne pour beaucoup, et sans même qu’il se le dise, là où ça nous conduirait si nous commencions à prendre les choses au sérieux

.

LACAN J., Séminaire Livre III – Les Psychoses, Paris, Editions du Seuil, 1981, P. 140

D.

Difference Neurosis Psychosis by Sigmund Freud

In connection with a train of thought raised in other quarters, which was concerned with the origin and prevention of the psychoses, a simple formula has now occurred to me which deals with what is perhaps the most important genetic difference between a neurosis and a psychosis: neurosis is the result of a conflict between the ego and its id, whereas psychosis in the analogous outcome of a similar disturbance in the relations between the ego and the external world.

 

C’est dans le cadre d’un ensemble de réflexions suscitées par ailleurs, et qui avaient pour objet l’origine et la prévention des psychoses, qu’il m’est venu une formule simple concernant la différence génétique peut-être la plus importante qui soit entre la névrose et la psychose : la névrose serait le résultat d’un conflit entre le moi et son ça, la psychose, elle, l’issue analogue d’un trouble équivalent dans les relations entre le moi et le monde extérieur.

 
FREUD S., « Névrose et psychose » (1924) in Névrose, psychose et perversion, Paris, PUF, 2008, p.282

A.

Alienated insanity by Michel Foucault

The very concept of “mental illness” is an expression of this effort condemned from the outset.
What we call “mental illness” is nothing else than that alienated insanity, alienated in this psychology which she made herself possible.

 

La notion même de « maladie mentale » est l’expression de cet effort condamné d’entrée de jeu. Ce qu’on appelle « maladie mentale » n’est que la folie aliénée, aliénée dans cette psychologie qu’elle-même a rendue possible.

 
FOUCAULT M., Maladie mentale et psychologie (1954), Paris, PUF, 2011, p. 90

S.

Sinthome and Mallarmé by Laurie Laufer

“It” never talks but from its symptoms. That is the riddle: “There must be something hidden at the bottom of all, I think definitely to something obscure, meaning closed and hidden, who lives in the common,” wrote Mallarmé in The mystery in letters. However, the symptom that has integrated the subject’s answer, and thus gives a new construction, in other words a creation, isn’t that what Lacan rewrote by the Sinthome? A rewriting, by its own symptom, of the self ?

« On » ne parle jamais que depuis son symptôme. C’est cela l’énigme : « Il doit y avoir quelque chose d’occulte au fond de tous, je crois décidément à quelque chose d’abscons, signifiant fermé et caché, qui habite le commun », écrit Mallarmé dans Le mystère dans les lettres. Or le symptôme qui a intégré la réponse du sujet, et qui donne donc une construction nouvelle, autrement dit une création, n’est-ce pas ce que Lacan a réécrit par le sinthome ? Une réécriture de soi par son propre symptôme ?

LAUFER L., « La sépulture mallarméenne. Pour un tombeau d’Anatole », Cliniques méditerranéennes 2/ (n° 80), Paris, Erès, 2009, p. 97

L.

Libido definition by Sigmund Freud

We defined libido as a quantitatively variable force able to measure processes and transpositions in the field of sexual excitement.

Nous avons défini la libido comme une force quantitativement variable permettant de mesurer les processus et les transpositions dans le domaine de l’excitation sexuelle.

FREUD S., « Les aberrations sexuelles » in Trois essais sur la théorie sexuelle (1905-1920), Paris, Folio, 1987, p. 157-158

S.

Sight of Medusas and erection by Sigmund Freud

The sight of Medusa’s head makes rigid with fright, change the viewer to stone. Same origin derived from the castration complex and even change affect. Cause become rigid means erection, therefore, in the original situation, consolation brougth to the viewer. He still has a penis, he assures of it by becoming himself rigid.

La vue de la tête de Méduse rend rigide d’effroi, change le spectateur en pierre. Même origine tirée du complexe de castration et même changement d’affect. Car devenir rigide signifie érection, donc, dans la situation originelle, consolation apportée au spectateur. Il a encore un pénis, il s’en assure en devenant lui-même rigide.

 

FREUD S., La tête de méduse (1922) in Revue française de psychanalyse, Paris, PUF, 1977, p. 451

P.

Primitive symbol shaping process by Sandor Ferenczi

The symbolism of the teeth and the eyes would illustrate the fact that the body’s organs (especially genital parties) can be depicted not only by the outside world objects, but also by other organs of the body itself. It is probably even the most primitive shaping symbol mode.

 

Le symbolisme des dents et celui des yeux illustreraient le fait que des organes du corps (et surtout les partis génitales) peuvent être figurés non seulement par des objets du monde extérieur, mais également par d’autres organes du corps lui-même. C’est même probablement le mode le plus primitif de formation de symbole.

 
FERENCZI S., Le symbolismes des yeux (1913) in Œuvres Complètes II, Paris, Payot, 1970, p. 69

S.

Symbolic and psychic functioning by Sandor Ferenczi

Silberer name “functional symbolic phenomena” images arising in dreams, fantasies, myths, etc.. which, instead of illustrating the content of the thought or fantasy, represent, indirectly, the psychic functioning mode (easy or difficult, disabled, etc..)

 

Silberer appelle « phénomènes symboliques fonctionnels » les images surgissant dans les rêves, fantasmes, mythes, etc. qui, au lieu d’illustrer le contenu de la pensée ou du fantasme, représentent le mode de fonctionnement psychique (aisé ou malaisé, inhibé, etc.)

 
FERENCZI S., La figuration symbolique des principes de plaisir et de réalité dans le mythe d’Œdipe (1908-1912) in Œuvres Complètes I, Paris, Payot, 1968, p. 219

M.

Mirror stage by Jacques Lacan

The little man at an age when he is for a short time, but still for a time, exceeded in instrumental intelligence by the chimpanzee, yet already recognizes his image in the mirror as such.

Le petit d’homme à un âge où il est pour un temps court, mais encore pour un temps, dépassé en intelligence instrumentale par le chimpanzé, reconnaît pourtant déjà son image dans le miroir comme telle.

 

LACAN J., Le stade du miroir comme formateur de la fonction du Je (1949) in Ecrits I, Paris, Points, 1999, p. 92

A.

Anatomy animal witness by Paul-Laurent Assoun

Anatomy (Körperbau) So here comes as irrefutable witness to the insertion of the human in the animal series – as well as the “psychic dispositions.”

 

L’anatomie (Körperbau) vient donc ici comme témoin irrécusable de l’insertion de l’humain dans la série animale – au même titre que les « dispositions psychiques »

 

ASSOUN P.-L., Corps et Symptôme – Tome 2 Corps et Inconscient, Paris, Anthropos, 1997, p.62

M.

Metonymy from voice to whole by Paul-Laurent Assoun

There has to think a metonymic effect that goes from the “part” to the whole and it is then what is indicated by the voice product capture: be “loved” that one is meant by that voice “who owns that voice? “.

Il y a à penser un effet métonymique qui va de la « partie » au tout et c’est alors ce qui s’indique par la voix qui produit la captation : sera « aimé » qui s’est ainsi signifié par cette voix : « à qui est cette voix ? » .

 

ASSOUN P.-L., Le Regard et la Voix – Leçon de psychanalyse (3ème éd.), Paris, Economica, 2014, p.156

E.

Eye, ocellus, and stain by Jacques Lacan

As Caillois reminds us a lot of relevance, in terms of such mimetic events, and especially that which we can discuss the function of the eyes, namely the ocelli, it is to understand if they impress – this is a fact they have this effect on the predator or the alleged victim who comes to look at – they impress by their resemblance to the eyes, or if, on the contrary, the eyes are fascinating as their relationship with the form ocelli. In other words, should not we,about that, distinguish the function of the eye of the look ?
This distinctive example, chosen as such – for his community, for his dummy, for its uniqueness – is for us a small demonstration of a function to isolate – that, say the word, of the stain. This example is valuable to us mark the pre-existence in seen of a given-to-see.

Comme le rappelle Caillois avec beaucoup de pertinence, s’agissant de telles manifestations mimétiques, et spécialement de celle qui peut nous évoquer la fonction des yeux, à savoir les ocelles, il s’agit de comprendre s’ils impressionnent – c’est un fait qu’ils ont cet effet sur le prédateur ou la victime présumée qui vient à les regarder – s’ils impressionnent par leur ressemblance avec des yeux, ou si, au contraire, les yeux ne sont fascinants que de la leur relation avec la forme des ocelles. Autrement dit, ne devons nous pas à ce propos distinguer la fonction de l’œil de celle du regard ?
Cet exemple distinctif, choisi comme tel – pour sa localité, pour son factice, pour son caractère exceptionnel – n’est pour nous qu’une petite manifestation d’une fonction à isoler – celle, disons le mot, de la tache. Cet exemple est précieux pour nous marquer la préexistence au vu d’un donné-à-voir.

LACAN J., Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse – Séminaire XI (1964), Paris, Points, 1990, p.86

O.

One organ for two drives by Sigmund Freud

Sexual pleasure is not just attached to the function of the genitals; the mouth is the kiss as well as food and communicate through word, eyes not only see the outside world changes important for the preservation of life, but also the properties of objects in which they are raised rank as objects of choice in love, and which their “attractions”. It is confirmed then it is not easy for anyone to serve two masters at once. More intimate relationship is an organ endowed with this function bilateral contracts with one of the great drives, the more he refuses to another.

Le plaisir sexuel n’est pas simplement rattaché à la fonction des organes génitaux ; la bouche sert au baiser aussi bien qu’à manger et à communiquer par la parole, les yeux ne perçoivent pas seulement les modifications du monde extérieur importantes pour la conservation de la vie, mais aussi les propriétés des objets par lesquelles ceux-ci sont élevés au rang d’objets du choix amoureux, et qui sont leurs “attraits”. Il se confirme alors qu’il n’est facile pour personne de servir deux maîtres à la fois. Plus est intime la relation qu’un organe doué de cette fonction bilatérale contracte avec l’une des grandes pulsions, plus il se refuse à l’autre.

FREUD S., Trouble psychogène de la vision (1910) in Névrose, Psychose et Perversion, PUF, Paris, 2004, p.171

F.

Fiction and Fixion by Jacques Lacan

Use the “pastout” (notall), the “hommoinzun” (oneatleast) or the impasses of logic, is, to show the aim out of the fictions of Worldliness, do fixion from real: from the impossible that fix it from structure to language.

 

Recourir au pastout, à l’hommoinzun, soit aux impasses de la logique, c’est, à montrer l’issue hors des fictions de la Mondanité, faire fixion autre du réel: soit de l’impossible qui le fixe de la structure du langage.

 

LACAN J., L’étourdit in Autres Ecrits, Paris, Seuil, 2001, p.479

G.

Gender and Linguistic Trouble by Judith Butler

 The linguistic conventions that produce intelligible gendered selves find their limit in Herculine precisely because she/he occasions a convergence and disorganization of the rules that govern sex/gender/desire.

Les conventions linguistiques qui rendent intelligibles des soi qui ont un genre trouvent leurs limites en Herculine précisément  parce qu’elle/il fait converger et bouleverse les règles qui commandent au sexe/genre/désir.

BUTLER J., Trouble dans le genre (1990), Trad. KRAUS C., Paris, La Découverte, 2007, p.94

T.

The Look is an object a by Jacques Lacan

The look can contain in itself the object a of Lacanian algebra when the subject comes to fall, and which specifies the scopic field, and generates its own satisfaction, it is there, for structure reasons, the fall of the subject remains unnoticed because it is reduced to zero.

Le regard peut contenir en lui-même l’objet a de l’algèbre lacanienne où le sujet vient à choir, et ce qui spécifie le champ scopique, et engendre la satisfaction qui lui est propre, c’est que là, pour des raisons de structure, la chute du sujet reste toujours inaperçue, car elle se réduit à zéro.

LACAN J., Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse Séminaire XI (1964), Seuil, Paris, 1973, p.89

L.

Look pre-existence and eye by Jacques Lacan

Maurice Merleau-Ponty makes now the next step by forcing the boundaries of this same phenomenology. You will see that the ways in which it will lead are not only about the phenomenology of visual, but they will also find – this is the essential point – the dependence of the visible towards what puts us under the eye of the seer. Yet is it too much to say, since this eye is not more than the metaphor of something that I would call the thrust of the seer – something before his eye. What is identified by the routes the way he tells us, is the pre-existence of a look – I see only from one point, but in my existence I am looked from everywhere.

Maurice Merleau-Ponty fait maintenant le pas suivant en forçant les limites de cette phénoménologie même. Vous verrez que les voies par où il vous mènera ne sont pas seulement de l’ordre de la phénoménologie du visuel, puisqu’elles vont à retrouver – c’est là le point essentiel – la dépendance du visible à l’égard de ce qui nous met sous l’œil du voyant. Encore est-ce trop dire, puisque cet œil n’est que la métaphore de quelque chose que j’appellerais la pousse du voyant – quelque chose d’avant son œil. Ce qu’il s’agit de cerner, par les voies du chemin qu’il nous indique, c’est la préexistence d’un regard – je ne vois que d’un point, mais dans mon existence je suis regardé de partout.

LACAN J., Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse – séminaire XI (1964), Points, Paris, 1973, p.84

W.

Write the clinic by Sigmund Freud

I consider abuse distort the features of a patient’s history, when communicating, for any reason whatsoever, be it the best, because it is impossible to know what aspect of the case will retain a reader, who’s judging by itself, and which thus runs him the risk of causing error.

Je considère comme un abus de déformer les traits d’une histoire de malade, lors de sa communication, pour quelque motif que ce soit, fût-il le meilleur, parce qu’il est impossible de savoir quel aspect du cas retiendra un lecteur jugeant par lui-même, et qu’on court ainsi le danger d’induire ce dernier en erreur.

FREUD S., Communication d’un cas de paranoïa en contradiction avec la théorie psychanalytique (1915), in Névrose, Psychose et Perversion, PUF, paris,1973, p.209