T.

Transfer, love and castration by Jacques Lacan

This love is present in various ways, but at least they [psychoanalysts] remember it when it is there, visible. It is in function of this love, let us say, real, that the central question of transference is instituted, the one that the subject asks himself concerning the agalma, namely what he lacks, because it is with this lack that he loves.
It is not for nothing that I have always believed that love is to give what one does not have. It is even the principle of the castration complex. In order to have the phallus, in order to be able to use it, one must not be.

Cet amour est présent de diverses façons, mais au moins qu’ils [les psychanalystes] s’en souviennent quand il est là, visible. C’est en fonction de cet amour, disons, réel, que s’institue ce qui est la question centrale du transfert, celle que se pose le sujet concernant l’agalma, à savoir ce qui lui manque, car c’est avec ce manque qu’il aime.
Ce n’est pas pour rien que, depuis toujours, je vous serine que l’amour, c’est de donner ce qu’on n’a pas. C’est même le principe da complexe de castration. Pour avoir le phallus, pour pouvoir s’en servir. il faut justement ne pas l’être.

Jacques LacanLe Séminaire, Livre X, L’angoisse, Paris, éd. du Seuil, 2004, p. 128

T.

To be recognized as an object of desire by Jacques Lacan

This allows me to introduce a few formulas, the first of which is that to be recognized as an object of desire, in the meaning in which I articulate it, is always masochistic.

Cela me permet d’introduire quelques formules, dont la première est que se reconnaitre comme objet de désir, au sens où je l’articule, est toujours masochiste.

Jacques LacanLe Séminaire, Livre X, L’angoisse, Paris, éd. du Seuil, 2004, p. 125

A.

Anxiety as a libido’s support interruption by Jacques Lacan

And I would indicate here, by the way, this term, little used I believe in German and that the vague translations that we have in French, allow to escape completely ; it is, when anxiety is involved, the relationship that Freud indicates with Libidoaushalt. We are dealing here with a term which is between Aushaltung which would indicate something of the order of interruption, of breaking and Inhalt which is the content. It is neither one thing nor the other : it is the support of the libido. In a word, this relationship to the object that I am speaking about to you today, is here directed, indicated in a way which allows a synthesis to be made between the signal function of anxiety and its relationship, all the same, to something that we can call an interruption in the support of the libido.


J’indiquerai en passant ce terme que je crois peu usité en allemand et que les traductions vagues que nous avons en français laissent tout à fait échapper. C’est, quand il s’agit de l’angoisse, le rapport que Freud indique par le mot Libidohaushalt. Nous avons là affaire à un terme o est entre Einhaltung, qui indiquerait quelque chose de l’ordre de l’interruption ou de la levée, et Inhalt. qui serait le contenu. Ce n’est ni l’un ni l’autre. C’est le soutien de la libido. Pour tout dire, ce rapport à l’objet dont je vous entretiens aujourd’hui permet de faire la synthèse entre la fonction de signal de l’angoisse et sa relation, tout de même. avec quelque chose que nous pouvons appeler, dans le soutien de la libido, une interruption.

Jacques LacanLe Séminaire, Livre X, L’angoisse, Paris, éd. du Seuil, 2004, p. 122

A.

Anxiety : the only subjective translation of the a object by Jacques Lacan

This is why the object a comes this year into the centre of our remarks. And if effectively it is inscribed in the frame of this anxiety that I took as a title, it is precisely for the reason that it is essentially from this angle that it is possible to speak about it, which means again that anxiety is its only subjective expression. If the a which we are dealing with here was all the same introduced a long time ago and along the path which brings it to you, was therefore announced elsewhere, it was announced in the formula of the phantasy($ ◇ a), desire of a.

L’objet a vient cette année au centre de notre propos. S’il s’inscrit dans le cadre d’un Séminaire que j’ai intitulé de l’angoisse, c’est parce que c’est essentiellement par ce biais qu’il est possible d’en parler, ce qui veut dire encore que l’angoisse est sa seule traduction subjective. Le a qui vient ici a pourtant été introduit dès longtemps. Il s’est annoncé dans la formule du fantasme en tant que support du désir, ($ ◇ a), $ désir de a.

Jacques LacanLe Séminaire, Livre X, L’angoisse, Paris, éd. du Seuil, 2004, p. 119

A.

Anxiety, I and the a object by Jacques Lacan

Anxiety, I announced to you first in the Seminar of two years ago, anxiety manifests itself tangibly in a first approach as referring – and in a complex fashion – to the desire of the Other. From this first approach, I indicated that the anxietyprovoking function of the desire of the Other was linked to the fact that I do not know what object a I am for this desire.

Comme je vous l’ai annoncé dès le Séminaire d’il y a deux ans, l’angoisse se manifeste sensiblement comme se rapportant de façon complexe au désir de l’Autre. Dès ce premier abord, j’ai indiqué que la fonction angoissante du désir de l’Autre était liée à ceci, que je ne sais pas quel objet a je suis pour ce désir.

Jacques Lacan, Le Séminaire, Livre X, L’angoisse, Paris, éd. du Seuil, 2004, p. 376