D.

Dream may abolish the tragic relationship to the world by Jacques Lacan

Indeed, this is the end that the dream reaches : the symbolic-system’s starting in its most radical use, absolute, goes to so completely abolish the action of each individual, that it eliminates on the same trick his world’s tragic relationship.

C’est en effet à cela qu’aboutit le rêve. L’entrée en fonction du système symbolique dans son usage le plus radical, absolu, vient à abolir si complètement l’action de l’individu, qu’il élimine du même coup son rapport tragique au monde.

LACAN J., Le moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse (1954 – 1955), Seuil, Paris, 1978, p. 232

D.

Dream teaches where is the unconscious by Jacques Lacan

So, [the] dream teaches us that – what is at stake in the dream’s function is beyond the ego, what in the subject is from the subject and is not subject’s, this is the unconscious .

[Le] rêve nous enseigne donc ceci – ce qui est en jeu dans la fonction du rêve est au-delà de l’ego, ce qui dans le sujet est du sujet et n’est pas du sujet, c’est l’inconscient.

LACAN J., Le moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse (1954 – 1955), Seuil, Paris, 1978, p. 219

E.

Enduring life needs sedative remedies by Sigmund Freud

Life, as it is imposed to us, is too hard for us, and brings us too many pains, disappointments, insoluble tasks. To endure life, we can not do without sedative remedies. […] These remedies may be of three kinds: powerful diversions that allow us to make our misery lighter, substitutive satisfactions that decrease this misery, and narcotics that make us insensitive.

La vie telle qu’elle nous est imposée est trop dure pour nous, elle nous apporte trop de douleurs, de déceptions, de tâches insolubles. Pour la supporter, nous ne pouvons pas nous passer de remèdes sédatifs. […] Ces remèdes, il en est peut-être de trois sortes : de puissantes diversions qui nous permettent de faire peu de cas de notre misère, des satisfactions substitutives qui la diminuent, des stupéfiants qui nous y rendent insensibles.

FREUD S., Malaise dans la culture (1929), Points Essais, Paris, 2010, p. 17

T.

The So Little Echo of The Interpretation Of Dreams By Marcel Scheidhauer

Eighteen months after the publication of the book, Freud complained that no scientific journal and only a few other newspapers had talked about it: “The Science Of Dreams [The Interpretation Of Dreams] was hardly mentioned in psychiatric journals. “Jones noted for his part:”A such important book has rarely generated so little echo. “

Dix-huit mois après la parution du livre, Freud se plaignit de ce qu’aucune revue scientifique et peu d’autres journaux n’en eussent parlé : « La Science des rêves fut à peine mentionné dans les revues de psychiatrie. » Jones note de son côté : « Il est rare qu’un livre aussi important ait suscité si peu d’écho.»

SCHEIDHAUER M., Le rêve freudien en France 1900 – 1926, Navarin, Paris, 1985, p. 27

C.

Cultural development against self-annihilation by Sigmund Freud

The decisive question for the fate of the human specie seems to me to be whether and to what extent her cultural development will succeed in making itself master of the disruption brought to common life by the human drive of aggression and self-annihilation.

La question décisive pour le destin de l’espèce humaine me semble être de savoir si et dans quelle mesure son développement culturel réussira à se rendre maître de la perturbation apportée à la vie en commun par l’humaine pulsion d’agression et d’auto-anéantissement.

FREUD S., Malaise dans la culture (1929), Points Essais, Paris, 2010, p. 89

W.

Worries Breaker and Refuge from Reality by Sigmund Freud

Don’t we know that with the help of the “worries breaker” we can withdraw ourselves from the reality’s pressure at any time, and find refuge in each one’s world offering better sensation’s conditions ?

Ne sait-on pas qu’avec l’aide du « briseur de soucis » on peut se soustraire à chaque instant à la pression de la réalité et trouver refuge dans un monde à soi offrant des conditions de sensation meilleures ?

FREUD S., Malaise dans la culture (1929), Points Essais, Paris, 2010, p. 21

S.

Symptomatic acts born from repressed desires by Sigmund Freud

Patients’s associations, daily living’s symptomatic acts, dreams and symptoms-substitutes are expressing unconscious drives and intentions; they are born from repressed desires and complexes.

Les associations des patients, les actes symptomatiques de la vie quotidienne, les rêves et les symptômes-substituts expriment des pulsions et des intentions inconscientes ; ils naissent de désirs et de complexes refoulés.

FREUD S., « Sur la psychanalyse » in Cinq leçons sur la psychanalyse (1910), trad. C. Heim, Gallimard, Paris, 1991, p. 81-82

L.

Loosing valuable things as a sacrifice by Sigmund Freud

The act of loosing valuable things is used as an expression (…) to make sacrifice (an offering) to dark powers of fate, whose worship, even among us, is not yet extinguished.

 

L’acte de perdre des choses de valeur sert d’expression (…) à faire un sacrifice (une offrande) aux obscures puissances du destin, dont le culte, même parmi nous, n’est pas encore éteint.

 
FREUD S., Psychopathologie de la vie quotidienne (1901), trad. D. Messier, Gallimard,
Paris, 1997, p. 339

T.

The act is preferable inside the transfer by Sigmund Freud

 

Patient’s act instead of his remembering, outside the transfer, is undesirable. In our view, the ideal is he shows abnormal reactions only inside the transfer.

 

Il n’est nullement souhaitable que le patient, en dehors du transfert, agisse au lieu de se souvenir. L’idéal, à notre point de vue, est qu’il ne manifeste de réactions anormales que dans le transfert.

 
FREUD S., Abrégé de psychanalyse (1938), trad. A. Berman, PUF, Paris, 1985, p.45

D.

Doubt over dream’s power by Sigmund Freud

We are thus left in doubt as to the source which has been drawn upon by the dream and are tempted to believe that dreams have a power of independent production.

FREUD S, The Interpretation of Dreams (1899), trans. STRACHEY J. (London, 1953), New York, Basic Books, 2010, p. 45

On reste alors dans le vague, sans savoir à quelle source du rêve on l’a puisé, et l’on est sans doute tenté de croire à une activité productrice autonome du rêve

FREUD S., L’interprétation du rêve (1899), Trad. Coll, Paris, PUF, 2010, p. 37

S.

Science and Psychoanalysis by Octave Mannoni

The primary concern of a psychoanalyst is not his relation to an unconscious’s theory, but, above all, his relation to the unconscious – and his own one first.

La préoccupation essentielle d’un psychanalyste n’est pas son rapport à une théorie de l’inconscient , mais, avant tout, son rapport à l’inconscient – et au sien d’abord.

MANNONI O., Ça n’empêche pas d’exister, Paris, Seuil, 1982, p. 8

Octave Manonni, Ça n’empêche pas d’exister – First lines

“Dalton, Rutherford, and others, who developed the atoms’s theory, knew very well that they had Democritus and Lucretia as predecessors, but also that they owed them very little. Copernicus refuted Ptolemy, but he owed him a relatively valid knowledge of the appearances of the sky. But a sense of gratitude would have hindered his work. Today’s researchers treat their predecessors with little regard insofar as their ambition is to correct them, because science does not advance otherwise: any legitimate refutation is decisive, any universally accepted law retains the status of a hypothesis that has not yet been refuted. In a sense, psychoanalysis too is subject to this kind of evolution.

But there is a difference. It is not subject to the same logical rules, and epistemologists deny it the title of science because it does not succeed in exposing itself methodically to the possibilities of rigorous refutation. One can imagine that analytical “theory” will be formalized enough so that it can one day be exposed to the denial of observation.

It has already happened to Freud that a singular observation (for example, as we shall see, that of the “little” Hans who became great) forced him to overturn his theoretical conceptions. But these changes are not of the same nature as in other forms of knowledge, because the essential preoccupation of a psychoanalyst is not his relation to a theory of the unconscious, but, above all, his relation to the unconscious – and to his own one first. This is naturally much more difficult to state in epistemological terms. It is probably the same in the sciences – except that the unconscious, apart by a hidden way, is what leads the search, but is not, of this search, the object.”

Octave Manonni, Ça n’empêche pas d’exister – Premières lignes

“Dalton, Rutherford, et d’autres, qui ont élaboré la théorie de l’atome, savaient très bien qu’ils avaient Démocrite et Lucrèce comme prédécesseurs, mais aussi qu’ils leur devaient bien peu de chose. Copernic réfutait Ptolémée, il lui devait cependant une connaissance relativement valable des apparences du ciel. Mais un sentiment de reconnaissance aurait gêné son travail. Les chercheurs d’aujourd’hui traitent leurs prédécesseurs avec peu d’égards dans la mesure où leur ambition est de les corriger, car la science n’avance pas autrement : toute réfutation légitime est décisive, toute loi universellement admise garde un statut d’hypothèse non encore réfutée. En un sens, la psychanalyse aussi est soumise à ce genre d’évolution.

Mais il y a une différence. Elle n’est pas astreinte aux mêmes règles logiques, et les épistémologues lui refusent le titre de science parce qu’elle ne réussit pas à s’exposer méthodiquement aux possibilités de réfutation rigoureuse. On peut imaginer qu’on formalisera assez la « théorie » analytique pour qu’elle puisse un jour être exposée au démenti de l’observation.

C’est déjà arrivé à Freud qu’une observation singulière (par exemple, comme on verra, celle du « petit » Hans devenu grand) l’ait obligé à bouleverser ses conceptions théoriques. Mais ces changements ne sont pas de la même nature que dans les autres savoirs, parce que la préoccupation essentielle d’un psychanalyste n’est pas son rapport à une théorie de l’inconscient, mais, avant tout, son rapport à l’inconscient – et au sien d’abord. Cela est naturellement beaucoup plus difficile à énoncer en termes épistémologiques. Il en va sans doute de même dans les sciences – sauf que l’inconscient, s’il est de façon cachée ce qui mène la recherche, n’est pas, de cette recherche, l’objet.”

Octave Mannoni, Ça n’empêche pas d’exister, Editions du Seuil, Paris, 1982, p. 7-8

W.

Walter Benjamin by Guershom Scholem

In his younger years, a deep sadness permeated his being. I remember just a postcard Kurt Hiller addressed him, where he reproached him his dark “way of mind”. I would be inclined to assume that his deeply rooted to grief nature and the literary effects of this one, which so many of his writings reveals the dominant nature, is linked to this part of his personality. In the meantime himself had, still in his early years, a bit of self radicalism, even brutality, which contrasted strangely with the generally typical chineese politeness of his way to deal with others.

Dans ses jeunes années,  une profonde tristesse imprégnait son être. Je me souviens d’une carte postale que lui avait adressée Kurt Hiller, ou ce dernier lui reprochait son mode d’esprit  sombre. Je serais enclin à supposer que sa profonde pénétration dans la nature du deuil ainsi que dans les retombées littéraires de celui ci, vue qui dans un si grand nombre de ses écrits se révèle dominante, est liée à cet aspect de sa personne. En même temps il avait en propre, toujours dans ses jeunes années, un élément de radicalisme personnel, voire de brutalité,  qui contrastait étrangement avec la politesse toute chinoise généralement typique de son rapport à autrui.

SCHOLEM G., Benjamin et son ange, Paris, Rivage Poche, 1995, p. 25

W.

Walter Benjamin by Guershom Scholem

In his younger years, a deep sadness permeated his being. I remember just a postcard Kurt Hiller addressed him, where he reproached him his dark “way of mind”. I would be inclined to assume that his deeply rooted to grief nature and the literary effects of this one, which so many of his writings reveals the dominant nature, is linked to this part of his personnality. In the meantime himself had, still in his early years, a bit of self radicalism, even brutality, which contrasted strangely with the generally typical chineese politeness of his way to deal with others.

Dans ses jeunes années,  une profonde tristesse imprégnait son être. Je me souviens d’une carte postale que lui avait adressée Kurt Hiller, ou ce dernier lui reprochait son mode d’esprit  sombre. Je serais enclin à supposer que sa profonde pénétration dans la nature du deuil ainsi que dans les retombées littéraires de celui ci, vue qui dans un si grand nombre de ses écrits se révèle dominante, est liée à cet aspect de sa personne. En même temps il avait en propre, toujours dans ses jeunes années, un élément de radicalisme personnel, voire de brutalité,  qui contrastait étrangement avec la politesse toute chinoise généralement typique de son rapport à autrui.

SCHOLEM G., Benjamin et son ange, Paris, Rivage Poche, 1995, p. 25

T.

The analyste is an analysing convinced of the unconscious’s existence by Moustapha Safouan

An analysis was considered as a didactic one when the analyste was convinced that the analysing had enough work to be himself convinced of the unconscious’s .

Une analyse était considérée comme didactique à partir du moment où l’analyste était persuadé que l’analysant avait fait suffisamment de travail pour être lui-même persuadé de l’existence de l’inconscient.

SAFOUAN M., La psychanalyse, Science, Thérapie – et Cause, Paris, Thierry Marchaisse, 2013, p. 305

Read more there : http://toutelaculture.com/livres/essais/psychanalyse-de-moustapha-safouan-plongez-dans-une-histoire-de-la-psychanalyse/

T.

The melancholy incorporates the object by Sigmund Freud

The ego wants to incorporate this object into itself, and, in accordance with the oral or cannibalistic phase of libidinal development in which it is, it wants to do so by devouring it.

 

Le moi voudrait s’incorporer cet objet en le dévorant, conformément à la phase orale ou cannibalistique du développement libidinal.

 

FREUD S., Deuil et mélancolie (1917), Paris, PBP, 2011, p. 57-58
or there : http://www.arch.mcgill.ca/prof/bressani/arch653/winter2010/Freud_Mourningandmelancholia.pdf

F.

Freud was a medically certified artist by Moustapha Safouan

Otto Rank read The Interpretation of Dreams before meeting Freud, at twenty-two years old. This reading inspired him a formula he wrote down his youth diary and expresses feelings gave him the author of this magnum opus “A medically certified artist.”

Otto Rank a lu L’interprétation des rêves bien avant de rencontrer Freud, à vingt-deux ans. Cette lecture lui inspira une formule qu’il a confié à son journal de jeunesse, et qui exprime l’impression que lui donnait l’auteur de ce mganum opus : ” Un artiste médicalement certifié”.

SAFOUAN M., La psychanalyse, Paris, Thierry Marchaisse, 2013, p. 67

D.

Dream and man are woven from lalangue by Jean Oury

I like cats, I am still waiting them in vain to talk to me! As they do not talk to me, I can not consider that they have the “desire”, etc.. Anxiety neither! That is quite another thing. That specifies what a man is, as Lacan says, a man is a “parlêtre”. The Zoon Politikon, Ekonomikon, Koinonikon Aristotle implies that “zoon” is woven from language. He was condemned to that. That’s what Freud underlined before Traumdeutung. Dream, it’s something like that, even on a scene, a Darstellung, acting, a scenario scripting; that is something from the order … of language. It’s too much said; it would be more accurate to articulate he’s in the “lalangue” (term proposed by Lacan by 1970-1971).

 

J’aime bien les chats : j’attends toujours, en vain, qu’ils me parlent ! Tant qu’ils ne me parleront pas, je ne pourrai pas considérer qu’ils ont du « désir », etc. De l’angoisse non plus ! C’est tout à fait autre chose. Ce qui spécifie l’homme c’est, comme le dit Lacan, qu’il est un « parlêtre ». Le zoon politikon, ekonomikon, koïnonikon d’Aristote, implique que ce « zoon » soit tissé de langage. Il est condamné à ça. C’est ce que Freud souligne avant la Traumdeutung. Le rêve, c’est quelque chose comme ça, même avec une mise en scène, de Darstellung, de mise en action, de mise en scénario ; c’est quelque chose de l’ordre… du langage. C’est beaucoup dire ; il serait plus précis d’articuler qu’il est dans « lalangue » (terme proposé par Lacan vers 1970-1971).

OURY J., « Suite de la conversation avec Henri Maldiney, Salomon Resnik et Pierre Delion » in Revue de psychothérapie psychanalytique de groupe 1/2001 (no 36), Paris, Eres, p. 52

Tribute to Jean Oury, recently gone.

D.

Dream full of meanings and signifiances by Sigmund Freud

[…] every dream will reveal itself as a psychological structure, full of significance, and one which may be assigned to a specific place in the psychic activities of the waking state.

 

[…] chaque rêve se revèle être une formation psychique pleine de sens, qui doit être insérée à une place assignable dans le mouvement animic de l’état de veille.

 

FREUD S., L’interprétation du rêve (1899), Paris, PUF, p. 25

P.

Psychoanalysis, poetry, it acts something by Jacques Lacan

Psychoanalysis, at least in principle, as it is clear here, as your presence to hear me is a witness of this, psychoanalysis, it acts something. It acts, it’s not enough, it’s essential, it is in its heart, a properly named poetic view : the poetry too acts something.

La psychanalyse, il est entendu, au moins en principe, il est supposé, au moins par le fait que vous êtes là pour m’entendre, que la psychanalyse, ça fait quelque chose. Ça fait, ça ne suffit pas, c’est essentiel, c’est au point central, c’est la vue poétique à proprement parler de la chose, la poésie aussi, ça fait quelque chose.

LACAN J., “Leçon du 15 novembre 1967” in Le séminaire livre XVL’acte analytique, Inédit

F.

Facts and reality by Jacques Lacan

The facts don’t contain in themselves the value these clever people gave them. The evidence is that these so-called “facts” are available to men’s observation from Adam’s times, but appeared to them as such “facts”, with many different aspects from those early days: even today, the wild Melanesian man claims too, be sure of that, stick to the facts.

 

Les faits n’ont pas en eux-mêmes la valeur que leur accordent ces habiles. La preuve est que ces fameux « faits » s’offrent à l’observation des hommes depuis Adam, mais qu’ils leur sont apparus, en tant que faits, sous des aspects bien différents depuis cette époque lointaine : de nos jours même, le sauvage mélanésien prétend lui aussi, n’en doutons pas, s’en tenir aux faits.

 

LACAN J., De la psychose paranoïaque dans ses rapports avec la personnalité (1932), Paris, Editions Du Seuil, 1980, p. 308

T.

The insane takes things serioulsy by Jacques Lacan

Observe normal subjects, and therefore yourself, the number of things which really are  your basic occupation to don’t considere them seriously. It may be nothing more than the first difference between you and the insane. That’s why the insane embodies for many, and even without they did confess, where it would lead us if we start taking things seriously.

Observez bien chez les sujets normaux, et par conséquent chez vous même, le nombre de choses dont c’est vraiment votre occupation fondamentale que de ne pas les prendre au sérieux. Ce n’est peut-être rien d’autre que la première différence entre vous et l’aliéné. Et c’est pourquoi l’aliéné incarne pour beaucoup, et sans même qu’il se le dise, là où ça nous conduirait si nous commencions à prendre les choses au sérieux

.

LACAN J., Séminaire Livre III – Les Psychoses, Paris, Editions du Seuil, 1981, P. 140

D.

Difference Neurosis Psychosis by Sigmund Freud

In connection with a train of thought raised in other quarters, which was concerned with the origin and prevention of the psychoses, a simple formula has now occurred to me which deals with what is perhaps the most important genetic difference between a neurosis and a psychosis: neurosis is the result of a conflict between the ego and its id, whereas psychosis in the analogous outcome of a similar disturbance in the relations between the ego and the external world.

 

C’est dans le cadre d’un ensemble de réflexions suscitées par ailleurs, et qui avaient pour objet l’origine et la prévention des psychoses, qu’il m’est venu une formule simple concernant la différence génétique peut-être la plus importante qui soit entre la névrose et la psychose : la névrose serait le résultat d’un conflit entre le moi et son ça, la psychose, elle, l’issue analogue d’un trouble équivalent dans les relations entre le moi et le monde extérieur.

 
FREUD S., « Névrose et psychose » (1924) in Névrose, psychose et perversion, Paris, PUF, 2008, p.282

A.

Alienated insanity by Michel Foucault

The very concept of “mental illness” is an expression of this effort condemned from the outset.
What we call “mental illness” is nothing else than that alienated insanity, alienated in this psychology which she made herself possible.

 

La notion même de « maladie mentale » est l’expression de cet effort condamné d’entrée de jeu. Ce qu’on appelle « maladie mentale » n’est que la folie aliénée, aliénée dans cette psychologie qu’elle-même a rendue possible.

 
FOUCAULT M., Maladie mentale et psychologie (1954), Paris, PUF, 2011, p. 90

S.

Sinthome and Mallarmé by Laurie Laufer

“It” never talks but from its symptoms. That is the riddle: “There must be something hidden at the bottom of all, I think definitely to something obscure, meaning closed and hidden, who lives in the common,” wrote Mallarmé in The mystery in letters. However, the symptom that has integrated the subject’s answer, and thus gives a new construction, in other words a creation, isn’t that what Lacan rewrote by the Sinthome? A rewriting, by its own symptom, of the self ?

« On » ne parle jamais que depuis son symptôme. C’est cela l’énigme : « Il doit y avoir quelque chose d’occulte au fond de tous, je crois décidément à quelque chose d’abscons, signifiant fermé et caché, qui habite le commun », écrit Mallarmé dans Le mystère dans les lettres. Or le symptôme qui a intégré la réponse du sujet, et qui donne donc une construction nouvelle, autrement dit une création, n’est-ce pas ce que Lacan a réécrit par le sinthome ? Une réécriture de soi par son propre symptôme ?

LAUFER L., « La sépulture mallarméenne. Pour un tombeau d’Anatole », Cliniques méditerranéennes 2/ (n° 80), Paris, Erès, 2009, p. 97

L.

Libido definition by Sigmund Freud

We defined libido as a quantitatively variable force able to measure processes and transpositions in the field of sexual excitement.

Nous avons défini la libido comme une force quantitativement variable permettant de mesurer les processus et les transpositions dans le domaine de l’excitation sexuelle.

FREUD S., « Les aberrations sexuelles » in Trois essais sur la théorie sexuelle (1905-1920), Paris, Folio, 1987, p. 157-158

S.

Sight of Medusas and erection by Sigmund Freud

The sight of Medusa’s head makes rigid with fright, change the viewer to stone. Same origin derived from the castration complex and even change affect. Cause become rigid means erection, therefore, in the original situation, consolation brougth to the viewer. He still has a penis, he assures of it by becoming himself rigid.

La vue de la tête de Méduse rend rigide d’effroi, change le spectateur en pierre. Même origine tirée du complexe de castration et même changement d’affect. Car devenir rigide signifie érection, donc, dans la situation originelle, consolation apportée au spectateur. Il a encore un pénis, il s’en assure en devenant lui-même rigide.

 

FREUD S., La tête de méduse (1922) in Revue française de psychanalyse, Paris, PUF, 1977, p. 451

P.

Primitive symbol shaping process by Sandor Ferenczi

The symbolism of the teeth and the eyes would illustrate the fact that the body’s organs (especially genital parties) can be depicted not only by the outside world objects, but also by other organs of the body itself. It is probably even the most primitive shaping symbol mode.

 

Le symbolisme des dents et celui des yeux illustreraient le fait que des organes du corps (et surtout les partis génitales) peuvent être figurés non seulement par des objets du monde extérieur, mais également par d’autres organes du corps lui-même. C’est même probablement le mode le plus primitif de formation de symbole.

 
FERENCZI S., Le symbolismes des yeux (1913) in Œuvres Complètes II, Paris, Payot, 1970, p. 69

S.

Symbolic and psychic functioning by Sandor Ferenczi

Silberer name “functional symbolic phenomena” images arising in dreams, fantasies, myths, etc.. which, instead of illustrating the content of the thought or fantasy, represent, indirectly, the psychic functioning mode (easy or difficult, disabled, etc..)

 

Silberer appelle « phénomènes symboliques fonctionnels » les images surgissant dans les rêves, fantasmes, mythes, etc. qui, au lieu d’illustrer le contenu de la pensée ou du fantasme, représentent le mode de fonctionnement psychique (aisé ou malaisé, inhibé, etc.)

 
FERENCZI S., La figuration symbolique des principes de plaisir et de réalité dans le mythe d’Œdipe (1908-1912) in Œuvres Complètes I, Paris, Payot, 1968, p. 219

M.

Mirror stage by Jacques Lacan

The little man at an age when he is for a short time, but still for a time, exceeded in instrumental intelligence by the chimpanzee, yet already recognizes his image in the mirror as such.

Le petit d’homme à un âge où il est pour un temps court, mais encore pour un temps, dépassé en intelligence instrumentale par le chimpanzé, reconnaît pourtant déjà son image dans le miroir comme telle.

 

LACAN J., Le stade du miroir comme formateur de la fonction du Je (1949) in Ecrits I, Paris, Points, 1999, p. 92

A.

Anatomy animal witness by Paul-Laurent Assoun

Anatomy (Körperbau) So here comes as irrefutable witness to the insertion of the human in the animal series – as well as the “psychic dispositions.”

 

L’anatomie (Körperbau) vient donc ici comme témoin irrécusable de l’insertion de l’humain dans la série animale – au même titre que les « dispositions psychiques »

 

ASSOUN P.-L., Corps et Symptôme – Tome 2 Corps et Inconscient, Paris, Anthropos, 1997, p.62

M.

Metonymy from voice to whole by Paul-Laurent Assoun

There has to think a metonymic effect that goes from the “part” to the whole and it is then what is indicated by the voice product capture: be “loved” that one is meant by that voice “who owns that voice? “.

Il y a à penser un effet métonymique qui va de la « partie » au tout et c’est alors ce qui s’indique par la voix qui produit la captation : sera « aimé » qui s’est ainsi signifié par cette voix : « à qui est cette voix ? » .

 

ASSOUN P.-L., Le Regard et la Voix – Leçon de psychanalyse (3ème éd.), Paris, Economica, 2014, p.156

E.

Eye, ocellus, and stain by Jacques Lacan

As Caillois reminds us a lot of relevance, in terms of such mimetic events, and especially that which we can discuss the function of the eyes, namely the ocelli, it is to understand if they impress – this is a fact they have this effect on the predator or the alleged victim who comes to look at – they impress by their resemblance to the eyes, or if, on the contrary, the eyes are fascinating as their relationship with the form ocelli. In other words, should not we,about that, distinguish the function of the eye of the look ?
This distinctive example, chosen as such – for his community, for his dummy, for its uniqueness – is for us a small demonstration of a function to isolate – that, say the word, of the stain. This example is valuable to us mark the pre-existence in seen of a given-to-see.

Comme le rappelle Caillois avec beaucoup de pertinence, s’agissant de telles manifestations mimétiques, et spécialement de celle qui peut nous évoquer la fonction des yeux, à savoir les ocelles, il s’agit de comprendre s’ils impressionnent – c’est un fait qu’ils ont cet effet sur le prédateur ou la victime présumée qui vient à les regarder – s’ils impressionnent par leur ressemblance avec des yeux, ou si, au contraire, les yeux ne sont fascinants que de la leur relation avec la forme des ocelles. Autrement dit, ne devons nous pas à ce propos distinguer la fonction de l’œil de celle du regard ?
Cet exemple distinctif, choisi comme tel – pour sa localité, pour son factice, pour son caractère exceptionnel – n’est pour nous qu’une petite manifestation d’une fonction à isoler – celle, disons le mot, de la tache. Cet exemple est précieux pour nous marquer la préexistence au vu d’un donné-à-voir.

LACAN J., Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse – Séminaire XI (1964), Paris, Points, 1990, p.86

O.

One organ for two drives by Sigmund Freud

Sexual pleasure is not just attached to the function of the genitals; the mouth is the kiss as well as food and communicate through word, eyes not only see the outside world changes important for the preservation of life, but also the properties of objects in which they are raised rank as objects of choice in love, and which their “attractions”. It is confirmed then it is not easy for anyone to serve two masters at once. More intimate relationship is an organ endowed with this function bilateral contracts with one of the great drives, the more he refuses to another.

Le plaisir sexuel n’est pas simplement rattaché à la fonction des organes génitaux ; la bouche sert au baiser aussi bien qu’à manger et à communiquer par la parole, les yeux ne perçoivent pas seulement les modifications du monde extérieur importantes pour la conservation de la vie, mais aussi les propriétés des objets par lesquelles ceux-ci sont élevés au rang d’objets du choix amoureux, et qui sont leurs “attraits”. Il se confirme alors qu’il n’est facile pour personne de servir deux maîtres à la fois. Plus est intime la relation qu’un organe doué de cette fonction bilatérale contracte avec l’une des grandes pulsions, plus il se refuse à l’autre.

FREUD S., Trouble psychogène de la vision (1910) in Névrose, Psychose et Perversion, PUF, Paris, 2004, p.171

F.

Fiction and Fixion by Jacques Lacan

Use the “pastout” (notall), the “hommoinzun” (oneatleast) or the impasses of logic, is, to show the aim out of the fictions of Worldliness, do fixion from real: from the impossible that fix it from structure to language.

 

Recourir au pastout, à l’hommoinzun, soit aux impasses de la logique, c’est, à montrer l’issue hors des fictions de la Mondanité, faire fixion autre du réel: soit de l’impossible qui le fixe de la structure du langage.

 

LACAN J., L’étourdit in Autres Ecrits, Paris, Seuil, 2001, p.479

G.

Gender and Linguistic Trouble by Judith Butler

 The linguistic conventions that produce intelligible gendered selves find their limit in Herculine precisely because she/he occasions a convergence and disorganization of the rules that govern sex/gender/desire.

Les conventions linguistiques qui rendent intelligibles des soi qui ont un genre trouvent leurs limites en Herculine précisément  parce qu’elle/il fait converger et bouleverse les règles qui commandent au sexe/genre/désir.

BUTLER J., Trouble dans le genre (1990), Trad. KRAUS C., Paris, La Découverte, 2007, p.94

T.

The Look is an object a by Jacques Lacan

The look can contain in itself the object a of Lacanian algebra when the subject comes to fall, and which specifies the scopic field, and generates its own satisfaction, it is there, for structure reasons, the fall of the subject remains unnoticed because it is reduced to zero.

Le regard peut contenir en lui-même l’objet a de l’algèbre lacanienne où le sujet vient à choir, et ce qui spécifie le champ scopique, et engendre la satisfaction qui lui est propre, c’est que là, pour des raisons de structure, la chute du sujet reste toujours inaperçue, car elle se réduit à zéro.

LACAN J., Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse Séminaire XI (1964), Seuil, Paris, 1973, p.89

L.

Look pre-existence and eye by Jacques Lacan

Maurice Merleau-Ponty makes now the next step by forcing the boundaries of this same phenomenology. You will see that the ways in which it will lead are not only about the phenomenology of visual, but they will also find – this is the essential point – the dependence of the visible towards what puts us under the eye of the seer. Yet is it too much to say, since this eye is not more than the metaphor of something that I would call the thrust of the seer – something before his eye. What is identified by the routes the way he tells us, is the pre-existence of a look – I see only from one point, but in my existence I am looked from everywhere.

Maurice Merleau-Ponty fait maintenant le pas suivant en forçant les limites de cette phénoménologie même. Vous verrez que les voies par où il vous mènera ne sont pas seulement de l’ordre de la phénoménologie du visuel, puisqu’elles vont à retrouver – c’est là le point essentiel – la dépendance du visible à l’égard de ce qui nous met sous l’œil du voyant. Encore est-ce trop dire, puisque cet œil n’est que la métaphore de quelque chose que j’appellerais la pousse du voyant – quelque chose d’avant son œil. Ce qu’il s’agit de cerner, par les voies du chemin qu’il nous indique, c’est la préexistence d’un regard – je ne vois que d’un point, mais dans mon existence je suis regardé de partout.

LACAN J., Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse – séminaire XI (1964), Points, Paris, 1973, p.84

W.

Write the clinic by Sigmund Freud

I consider abuse distort the features of a patient’s history, when communicating, for any reason whatsoever, be it the best, because it is impossible to know what aspect of the case will retain a reader, who’s judging by itself, and which thus runs him the risk of causing error.

Je considère comme un abus de déformer les traits d’une histoire de malade, lors de sa communication, pour quelque motif que ce soit, fût-il le meilleur, parce qu’il est impossible de savoir quel aspect du cas retiendra un lecteur jugeant par lui-même, et qu’on court ainsi le danger d’induire ce dernier en erreur.

FREUD S., Communication d’un cas de paranoïa en contradiction avec la théorie psychanalytique (1915), in Névrose, Psychose et Perversion, PUF, paris,1973, p.209

L.

Look as an erotic activity by Sigmund Freud

Before the child fell under the domination of the castration complex, the time when the woman had to have its full value, began to manifest in him an intense pleasure/desire to look, as an erotic “driven” [Freud meant produced by his drives] activity.

Avant que l’enfant ne soit tombé sous la domination du complexe de castration, au temps où pour lui la femme avait encore sa pleine valeur, commença à se manifester chez lui un intense plaisir-désir de regarder, comme activité pulsionnelle érotique.

Freud S., Un souvenir d’enfance de Léonard de Vinci, PUF, Paris, 2012, p.43

W.

What does the woman want ? by Sigmund Freud

The big question remained unanswered and which myself have never been able to answer despite my thirty years of study of the feminine soul is: “What does the woman want? ”

La grande question restée sans réponse et à laquelle moi-même n’ai jamais pu répondre malgré mes trente années d’étude de l’âme féminine est la suivante : « que veut la femme ? »

E. Jones, La vie et l’œuvre de Sigmund Freud T.II., PUF, p.445

T.

The look and eyes by Jacques Lacan

I can feel myself looked by someone I do not even see his eyes, and even appearance. Just something to me means that others may be there. This window, if it is a bit obscure, and if I have reason to believe that there is someone behind is already one looking. From the moment that look there, I’m already something else, that I feel myself becoming an object for the look of others.

 

Je peux me sentir regardé par quelqu’un dont je ne vois même pas les yeux, et même pas l’apparence. Il suffit que quelque chose me signifie qu’autrui peut être là. Cette fenêtre, s’il fait un peu obscur, et si j’ai des raisons de penser qu’il y a quelqu’un derrière, est d’ores et déjà un regardant. A partir du moment où ce regard existe, je suis déjà quelque chose d’autre, en ce que je me sens moi-même devenir un objet pour le regard d’autrui.

LACAN J., Séminaire I Les écrits techniques de Freud, p. 240

D.

Dualism and duality for Freud by André Green

If so Freud insisted on maintaining a dualistic point of view with regard to the theory of drives is because he understood that the duality of departure was necessary for the generation of something else borned from the relationship of the two generic terms.

 

Si Freud a tellement tenu à maintenir un point de vue dualiste en ce qui concerne la théorie des pulsions c’est parce qu’il avait compris que la dualité de départ était la condition nécessaire à l’engendrement de quelque chose d’autre né de la relation des deux termes génériques.

 GREEN A., La folie privée, Gallimard, Paris, 1990, p.42