E.

Embarassment, guilt, remorse and shame by Ruwen Ogien

In embarrassment, guilt, remorse, we remain focused on the action itself, its consequences, the possibilities to repair. In shame, we make inferences about our whole person (“I suck”, “I don’t measure up”, “What kind of monster am I to have done this?”, etc.). In short,
– regret is related to actions, people, events and states of affairs;
– embarrassment, guilt, remorse are relative to actions;
– shame is relative to the person.

Dans l’embarras, la culpabilité, le remords, nous restons focalisé sur l’action elle-même, ses conséquences, les possibilités de réparer. Dans la honte, nous faisons des inférences propos de toute notre personne (« Je suis à nul», « Je ne suis pas à la hauteur », « Quel genre de monstre suis-je pour avoir fait ça?», etc.). Bref,
– le regret est relatif aux actions, per sonnes, événements et état de choses ;
– l’embarras, la culpabilité, le remords sont relatifs aux actions ;
– la honte est relative à la personne.

Ruwen OgienLa honte est-elle immorale ?, Bayard, Paris, 2002, p. 73

T.

The bar (helm) embarrasses the subject by Jacques Lacan

The wind seems blowing on me, d’on’t you notice ? That embarrassment is very exactly the subject $ wearing the bar (helm); That the etymology imbaricare strictly speaking is the most direct allusion to the bar (helm) as such; And that as well it is the image of what is called the most direct experience of “embarrassment”. When you don’t know what to do with yourself, when you don’t know what to stand behind, it is clearly the experience of the bar (helm) that is at stake. And this bar (helm) can take more than one shape: curious references that can be found, if I am well informed, in many patois where the embarrassment, the embarazada – there are no Spaniards here? – Too bad, because I am told that the embarazada – without using the patois – means pregnant woman in Spanish. Which is another very significant form of the bar (helm) at its place.

Manifestement le vent souffle sur moi, si vous vous apercevez : Qu’embarras c’est très exactement le sujet $ revêtu de la barre ; Que l’étymologie imbaricare fait à proprement parler l’allusion la plus directe à la barre comme telle ; Et qu’aussi bien c’est là l’image de ce que l’on appelle le vécu le plus direct de l’« embarras ». Quand vous ne savez plus que faire de vous, que vous ne trouvez pas derrière quoi vous remparder, c’est bien de l’expérience de la barre qu’il s’agit. Et aussi bien cette barre peut prendre plus d’une forme : de curieuses références qu’on trouve, si je suis bien informé, dans de nombreux patois où l’embarrassé, l’embarazada – il n’y a pas d’Espagnols ici ? – tant pis car on m’affirme que l’embarazada – sans recourir au patois – veut dire la femme enceinte en espagnol. Ce qui est une autre forme bien significative de la barre à sa place.

Jacques LACAN, Le séminaire – Livre X : L’angoisse : 1962 – 1963, Paris, Éd. du Seuil, 2004. – Leçon du 14 novembre 1962

Jacques Lacan, Le séminaire – Livre X : 1962 – 1963, PDF

L.

Lacan’s shame at Fiat’s chain by Jacques Lacan

Take the chain at Fiat, or elsewhere. I’m talking about the Fiat one because I’ve already mentioned it, here or elsewhere, and I’ve been there. I’ve had this strong feeling, indeed, of seeing people busy at work without me knowing absolutely what they were doing. It made me feel ashamed. To you, it doesn’t, good for you. But in the end, I was very embarrassed. I was just with the boss, Johnny, as they call him, as I call him. Johnny, too, was obviously… well, he too was ashamed. This later appeared into questions he asked me, all of which had the apparent purpose, intended to hide his embarrassment, of making me say that, in all likelihood, they were happier there, at his place, than at Renault.

Prenez la chaîne chez Fiat, ou ailleurs. Je parle de celle de Fiat parce que je l’ai déjà évoquée, ici ou ailleurs, et j’y ai été. J’ai eu vivement ce sentiment, en effet, de voir des gens occupés à un travail sans que je sache absolument ce qu’ils faisaient. Moi, ça m’a fait honte. A vous, ça ne vous le fait pas, tant mieux. Mais enfin, j’ai été très gêné. J’étais justement avec le patron, Johnny, comme on l’appelle, comme je l’appelle. Johnny, lui aussi, était manifestement… enfin, lui aussi avait honte. Ça se traduit après par des questions qu’il m’a posées, qui avaient toutes la visée apparente, destinée à dissimuler son embarras, de me faire dire que, selon toute vraisemblance, ils étaient plus heureux là, chez lui, que chez Renault.

Jacques LacanLe séminaire ivre XVI, D’un Autre à l’autre (1968-1969), Seuil, Paris, 2006, p. 238