T.

The repressed idea takes its revenge by Freud & Breuer

Now I already knew from the analysis of similar cases that before hysteria can be acquired for the first time one essential condition must be fulfilled: an idea must be intentionally repressed from consciousness and excluded from associative modification. In my view this intentional repression is also the basis for the conversion, whether total or partial, of the sum of excitation. The sum of excitation, being cut off from psychical association, finds its way all the more easily along the wrong path to a somatic innervation. The basis for repression itself can only be a feeling of unpleasure, the incompatibility between the single idea that is to be repressed and the dominant mass of ideas constituting the ego. The repressed idea takes its revenge, however, by becoming pathogenic.

Sigmund Freud, Joseph BreuerSTUDIES ON HYSTERIA (1893-1895), p. 87

Or, l’analyse de cas analogues m’avait appris que l’on découvre immanquablement dans tous les cas d’hystérie nouvellement acquise, une cause psychique et qu’il faut qu’une certaine représentation ait été intentionnellement refoulée du conscient et exclue de l’élaboration associative. C’est dans ce refoulement intentionnel que gît, à mon avis, le motif de la conversion totale ou partielle de la somme d’excitation. Cette somme qui n’est pas destinée à entrer dans une association psychique trouve d’autant plus facilement un mauvais débouché vers l’innervation corporelle. Ce refoulement ne peut être dû qu’à un sentiment de déplaisir, celui de l’incompatibilité de l’idée à refouler avec l’ensemble des représentations dominantes du moi. L’idée refoulée se venge alors en devenant parthogène.

Sigmund Freud, Joseph BreuerEtudes sur l’hystérie (1893-1895), Puf, Paris, 2007, p. 91

C.

Conversion : transformation of psychical excitation by Freud & Breuer

We must regard the process as though a sum of excitation impinging on the nervous system is transformed into chronic symptoms in so far as it has not been employed for external action in proportion to its amount. Now we are accustomed to find in hysteria that a considerable part of this ‘sum of excitation’ of the trauma is transformed into purely somatic symptoms. It is this characteristic of hysteria which has so long stood in the way of its being recognized as a psychical disorder. If, for the sake of brevity, we adopt the term ‘conversion’ to signify the transformation of psychical excitation into chronic somatic symptoms, which is so characteristic of hysteria, then we may say that the case of Frau Emmy von N. exhibited only a small amount of conversion. The excitation, which was originally psychical, remained for the most part in the psychical sphere, and it is easy to see that this gives it a resemblance to the other, non-hysterical neuroses. There are cases of hysteria in which the whole surplus of stimulation undergoes conversion, so that the somatic symptoms of hysteria intrude into what appears to be an entirely normal consciousness. An incomplete transformation is however more usual, so that some part at least of the affect that accompanies the trauma persists in consciousness as a component of the subject’s state of feeling.

Sigmund Freud, Joseph Breuer, STUDIES ON HYSTERIA (1893-1895)

Il faut comprendre que tout se passe comme si une certaine somme d’excitation abordant le système nerveux se trouvait transformée en symptôme durable dans la mesure où elle n’est pas, suivant son importance, utilisée sous forme d’action extérieure. Nous avions accoutumé de penser que, dans l’hystérie, une partie considérable de la somme d’excitation du traumatisme se transformait en symptôme somatique. C’est ce dernier caractère de l’hystérie qui, pendant si longtemps, a empêché qu’on considérât cette maladie comme une affection psychique. Si nous désignons brièvement par le mot conversion la transformation d’une excitation psychique en symptôme somatique durable, tel que celui qui caractérise l’hystérie, nous pouvons dire qu’il y a chez Mme Emmy v. N… de faibles indices de conversion, l’émoi originellement psychique, demeurant le plus souvent dans le domaine psychique. Nous pouvons ainsi facilement constater que le cas en question ressemble à d’autres névroses non hystériques. Dans certaines hystéries, la conversion concerne l’ensemble du renforcement de l’excitation, de telle sorte que les symptômes soma- tiques de l’hystérie font irruption dans un conscient en apparence tout à fait normal. Toutefois, c’est le plus souvent une conversion incomplète qui se produit, de telle sorte qu’au moins une partie des affects accompagnant le traumatisme persiste dans le conscient en tant qu’élément de l’état d’âme.

Sigmund Freud, Joseph Breuer, Etudes sur l’hystérie (1893-1895), Puf, Paris, 2007, p. 67

S.

Subject switches to the active register by Benjamin Lévy and Alain Vanier

The Other of the “interpretingsubject is supposed to resent him, just as he resents the obsessional. This position is the cause of an anguish of retaliation; the stake is, according to Karl Abraham*, the anal Object. If this Object falls into the hands of the Other, the subject switches to the active register. Wishing to reappropriate it, he is likely, on the psychotic side, to become a “claimant“; or, in the neurosis, to hysterize himself.

L’Autre du sujet « interprétateur » est supposé lui en vouloir, tout comme il en veut à l’obsessionnel. Cette position est cause d’une angoisse de rétorsion ; l’enjeu en est, selon Karl Abraham*, l’Objet anal. Si cet Objet tombe entre les mains de l’Autre, le sujet bascule dans le registre actif . Souhaitant se le réapproprier, il est susceptible, sur le versant psychotique, de devenir « revendicateur » ; ou, dans la névrose, de s’hystériser.

Benjamin LévyAlain Vanier, « Pour introduire une clinique de la revendication », Cliniques méditerranéennes, 2016/1 (n° 93), p. 161-174.
DOI : 10.3917/cm.093.0161.
URL : https://www.cairn.info/revue-cliniques-mediterraneennes-2016-1-page-161.htm

* Karl Abraham, 1924, « Esquisse d’une histoire du développement de la libido fondée sur la psychanalyse des troubles mentaux », dans Œuvres complètes, t. II, 1915-1929, Paris, Payot, 1989, 170-226.