T.

The recite-murder machinery by Michel Foucault

But if he [Pierre Rivière] writes thus long after having killed, he underlines well that his memoire was already all written in advance in his head; he had examined the majority of the words which are put there; from there, although the murder was accomplished, the malicious and uselessly murderous words which are still there to the address of his victims. Memoire deposited in advance in the memory.

The successive positions of the text and the gesture are basically only the phases of activity and production of a machinery that is that of the recite-murder*.


Mais s’il [Pierre Rivière] écrit ainsi longtemps après avoir tué, il souligne bien que son mémoire était déjà tout rédigé par avance dans sa tête; il avait examiné la plupart des paroles qui s’y mettent ; de là, bien que le meurtre fut accompli, les paroles méchantes et inutilement meurtrières qui s’y trouvent encore à l’adresse de ses victimes. Mémoire déposé par avance dans la mémoire.

Les positions successives du texte et du geste ne sont au fond que les phases d’activité et de production d’une machinerie qui est celle du meurtre-récit.

Michel Foucault, “Notes” in Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère… – un cas de parricide au XIXème siècle, Folio Histoire, Paris, 2019, p. 324

*Translation Note : “Meurtre-récit” may be although translated in “narrative-murder”, or “murder-narrative”. But in french, “meurtre-récit” sounds as a not natural constrcution. We decided to keep the word récit in its english form, with the not natural feeling it gives to the reader.

R.

Riviere thought he would write before killing by Peter and Favet

He [Pierre Rivière] had first thought write a memorandum in which the act and its motives would be recorded, committe the triple murder, post his writing and then kill himself.

Il [Pierre Rivière] avait d’abord pensé rédiger un mémoire où seraient inscrits l’acte et ses motifs, commettre le triple meurtre, poster son écrit puis se tuer.

Jean-Pierre Peter, Jeanne Favet, présenté par Michel Foucault, “Notes” in Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère… – un cas de parricide au XIXème siècle, Folio Histoire, Paris, 2019, p. 316

T.

The return to reason is often the result of the execution of the project by Docteur Vastel

Moreover, this fact is far from being the first; all the authors who have dealt with madness report similar cases, and if I were not afraid of giving too much scope to this consultation, I could cite several examples. “It often happens, says M. Orfila, in his Treatise on Forensic Medicine, “that fits end suddenly, after a strong moral concussion, and one sees calm restored when the patients have succeeded in carrying out the projects to which they attach great importance.” Hoffbauer, one of the most famous forensic physicians of Germany, states that “the return to reason is often the result of the execution of the project.” I insist on this fact, because from this moment, Riviere, without being yet perfectly reasonable, is nevertheless a quite different man.

D’ailleurs, ce fait est loin d’être le premier; tous les auteurs qui ont traité de la folie en rapportent d’analogues, et si je ne craignais de donner trop d’étendue à cette consultation, j’en pourrais citer plusieurs exemples. « Il arrive souvent, dit M. Orfila, dans son Traité de Médecine légale, que des accès se terminent subitement, après une forte commotion morale, et l’on voit le calme renaître lorsque les malades sont parvenus à mettre à exécution les projets auxquels ils attachent une grande importance.» Hoffbauer, un des plus célèbres médecins légistes de l’Allemagne, affirme que « le retour à la raison est souvent la suite de l’exécution du projet. » J’insiste sur ce fait, parce qu’à partir de ce moment, Rivière, sans être encore parfaitement raisonnable, est néanmoins un homme tout différent.

Docteur Vastel, présenté par Michel Foucault, “Consultations Médico-Légales” in Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère… – un cas de parricide au XIXème siècle, Folio Histoire, Paris, 2019, p. 198

A.

An act is always a temporary failure of memory by Judith Butler

Not only does the construction take place over time, but it is itself a temporal process that operates through the reiteration of norms: sex is thus both produced and destabilized in the course of this reiteration.
Footnote :
It is not simply a matter of interpreting performativity as a repetition of acts, as if the “acts” remain intact and identical to themselves when repeated over time, as if this “time” were external to the “acts” themselves. On the contrary, an act is itself a repetition, a sedimentation, a solidification of the past that is precisely forclosed by the status that assimilates it to an act. In this sense, an act is always a temporary failure of memory. In the remainder of this text, I use the Lacanian idea that every act must be interpreted as a repetition, as the repetition of what cannot be recalled, of what cannot be found, and is thus the obsessive spectre of the deconstitution of the subject. The derivative concept of iterability, formulated in response to John Searle and John L.’s theorization of acts of discourse. Austin, also implies that every act is itself a re-citation, the citation of a chain of prior acts that are involved in the present act and that perpetually empty any “present” act of its presentness. See below note 11 for the difference between a repetition at the service of a fantasy of mastery (i.e. a repetition of acts that construct the subject, that are said to construct or constitute a subject) and the concept of the repetition drive (pulsion), taken from Freud, which breaks this fantasy of mastery and sets its limits.

Judith Butler, Bodies That Matter – On the Discursive Limits of Sex, Routledge, 1993


Non seulement la construction se déroule dans le temps, mais elle est elle-même un processus temporel qui opère par la réitération de normes: le sexe est ainsi à la fois produit et déstabilisé au cours de cette réitération”,
Note de bas de page :
Il ne s’agit pas simplement d’interpréter la performativité comme une répétition d’actes, comme si les « actes » restaient intacts et identiques à eux-mêmes lorsqu’ils sont répétés dans le temps, comme si ce « temps » était extérieur aux « actes » eux-mêmes. Au contraire, un acte est lui-même une répétition, une sédimentation, une solidification du passé qui précisément forclos par le statut qui l’assimile à un acte. En ce sens, un acte est toujours une défaillance provisoire de la mémoire. Dans la suite de ce texte, j’utilise l’idée lacanienne selon laquelle tout acte doit être interprété comme une répétition, comme la comme la répétition de ce qui ne peut être rappelé, de ce qui ne peut être retrouvé, et est ainsi le spectre obsédant de la déconstitution du sujet. Le concept déridiéen d’itérabilité, formulé en réponse à la théorisation des actes de discours par John Searle et John L. Austin, implique aussi que tout acte est lui-même une re-citation, la citation d’une chaine d’actes antérieurs qui sont impliqués dans l’acte présent et qui vident perpétuellement tout acte « présent» de sa présentéité. Voir ci-dessous la note 11 pour la différence entre une répétition au service d’un fantasme de maitrise (c’est-à-d à dire une répétition d’actes qui construisent le sujet, qui sont dits construire ou constituer un sujet) et le concept de pulsion de répétition, pris chez Freud, qui brise ce fantasme de maitrise et en fixe les limites.

Judith Butler, Ces corps qui comptent – De la matérialité et des limites discursives du « sexe », Editions Amsterdam, Paris, 2018, p. 27

P.

Psychoanalysis, poetry, it acts something by Jacques Lacan

Psychoanalysis, at least in principle, as it is clear here, as your presence to hear me is a witness of this, psychoanalysis, it acts something. It acts, it’s not enough, it’s essential, it is in its heart, a properly named poetic view : the poetry too acts something.

La psychanalyse, il est entendu, au moins en principe, il est supposé, au moins par le fait que vous êtes là pour m’entendre, que la psychanalyse, ça fait quelque chose. Ça fait, ça ne suffit pas, c’est essentiel, c’est au point central, c’est la vue poétique à proprement parler de la chose, la poésie aussi, ça fait quelque chose.

LACAN J., “Leçon du 15 novembre 1967” in Le séminaire livre XVL’acte analytique, Inédit