S.

Stigma : an attribute that is deeply discrediting by Erving Goffman

The term stigma, then, will be used to refer to an attribute that is deeply discrediting, but it should be seen that a language of relationships, not attributes, is really needed. An attribute that stigmatizes one type of possessor can confirm the usualness of another, and therefore is neither creditable nor discreditable as a thing in itself.

Le mot de stigmate servira donc à désigner un attribut qui jette un discrédit profond, mais il faut bien voir qu’en réalité c’est en termes de relations et non d’attributs qu’il convient de parler. L’attribut qui stigmatise tel possesseur peut confirmer la banalité de tel autre et, par conséquent, ne porte par lui-même ni crédit ni dis crédit.

Erving GoffmanStigmate – les usages sociaux des handicaps (1963), Trad. Alain Kihm, Les éditions de minuit, 1975, Paris, p. 13

S.

Shame is an affect of the death by David Bernard

Shame is an affect of the death, which means the affect of a parlêtre. It is an effect of the fact that man is condemned to inhabit language, with his body. A body without reason of being, a body marked by its “scars “*.

La honte est un affect de la mort, c’est à dire l’affect d’un parlêtre. Elle est un effet de ce que l’homme soit condamné à habiter le langage, avec son corps. Un corps sans raison d’être, un corps marqué par ses “cicatrices”*.

David BernardLacan et la honte – de la honte à l’ontologieEditions nouvelles du Champ lacanien, Paris, 2019, p. 132

*Jacques Lacan, “La logique du fantasme, Compte rendu du Séminaire 1966-1967” in Autres Ecrits, Paris, Seuil, 2001, p. 327

L.

Language as a material phenomenon by Judith Butler

Therefore, the problem is not that one could not get out of language in order to grasp materiality in itself, but rather that any effort to refer to materiality is part of a process of signification which, in its phenomenality, is always already material. In this sense, therefore, language and materiality are not opposed, for language is material at the same time as it refers to what is material, and what is material never entirely escapes the process by which it is invested with meaning. But if language is not opposed to materiality, materiality cannot be summarily equated with language either.

Judith ButlerBodies That Matter – On the Discursive Limits of SexRoutledge, 1993

Par conséquent, le problème n’est pas que l’on ne pourrait pas sortir du langage pour saisir la matérialité en elle-même, mais bien plutôt que tout effort pour se référer à la matérialité s’inscrit dans un processus de signification qui, dans sa phénoménalité, est toujours déjà matériel. En ce sens, langage et matérialité ne sont donc pas opposés, car le langage est matériel en même temps qu’il se réfère à ce qui est matériel, et ce qui est matériel n’échappe jamais entièrement au processus par lequel il est investi de significations. Mais si le langage ne s’oppose pas à la matérialité, la matérialité ne peut pas non plus être sommairement assimilée au langage.

Judith ButlerCes corps qui comptent – De la matérialité et des limites discursives du «sexe» (1993) Editions Amsterdam, Paris, 2018, p. 110
E.

Ego is a grammarians invention by Otto Weininger

Lichtenberg, who, after Hume, also battled with the ego, was still bolder. As a philosopher of impersonality, he corrects our verbal “I think”, into an objective “it thinks”, thereby showing ego is a grammarians invention (Hume also ended his presentation explaining any dissension about identity as a quarrel of words).

Lichtenberg, qui, venu après Hume, est également parti en guerre contre le moi, a été plus hardi encore. Philosophe de l’impersonnalité, il corrige notre « je pense » verbal, en un objectif « cela pense » voulant montrer par là que le moi est une invention de grammairiens (Hume aussi finissait son exposé en expliquant toute dissension au sujet de l’identité de la personne comme une querelle de mots).

Otto Weininger, Sexe et Caractère (1903) (Editions l’age d’homme). Trad. D. Renaud. Editions l’age d’homme. Lausanne, 1975, p. 134-135

Disclaimer : The works of Weininger are to read knowing the terrible destcruction power they supported, after his own death, against Jewish People, and against Women in general. His texts are sources to understand the common roots between antismetism and antifeminism.

R.

Radicalism means “no” to the language by Hélène L’Heuillet

It has always been said, since Plato, that violence arises in the language’s refusal, but violence works also against language. Violence is a power which reduces the language to impotence. How is it possible on the part of speaking beings, “parlêtre”? It means these speaking beings testify of their hatred of language, their refusal to pay their debt to the language that makes them be, and this to death, their own or collective. There is a “no” in this radicalism, but a “no” to the language. This relation to language can be called nihilist insofar as it is, in the strict sense, a disavowal of language. And therein lies, so to speak, the root of radicalism.

On dit toujours, depuis Platon, que la violence surgit dans le refus du langage, mais la violence est aussi active contre le langage. Elle est une puissance de réduction du langage à l’impuissance. Comment cela est-il possible de la part d’êtres parlants, de « parlêtres » ? C’est qu’il s’agit de parlêtres qui témoignent de leur haine du langage, de leur refus de payer leur dette au langage qui les fait être, et ce jusqu’à la mort, personnelle et collective. Il y a un « non » dans cette radicalité, mais un « non » au langage. On peut appeler nihiliste ce rapport au langage dans la mesure où il est, au sens strict, un désaveu du langage. Et c’est là que réside, si l’on peut dire, la racine de la radicalité.

Hélène L’HEUILLET, Tu haïras ton prochain comme toi même, Albin Michel, Paris, 2017, p. 99

F.

Fiction and Fixion by Jacques Lacan

Use the “pastout” (notall), the “hommoinzun” (oneatleast) or the impasses of logic, is, to show the aim out of the fictions of Worldliness, do fixion from real: from the impossible that fix it from structure to language.

Recourir au pastout, à l’hommoinzun, soit aux impasses de la logique, c’est, à montrer l’issue hors des fictions de la Mondanité, faire fixion autre du réel: soit de l’impossible qui le fixe de la structure du langage.

Jacques Lacan, “L’étourdit” in Autres Ecrits, Paris, Seuil, 2001, p.479