W.

What explains everything to me also debilitates me by Albert Camus

I understand then why the doctrines that explain everything to me also debilitate me at the same time. They relieve me of the weight of my own life, and yet I must carry it alone.

Albert CamusThe Myth Of Sisyphus And Other Essays, Trans. J. O’Brien, 1955, p. 37

Je comprends alors pourquoi les doctrines qui m’expliquent tout m’affaiblissent en même temps. Elles me déchargent du poids de ma propre vie et il faut bien pourtant que je le porte seul. 

Albert Camus, Le mythe de Sisyphe (1942), Gallimard Folio, Paris, 2021, p. 80

Albert CamusLe mythe de Sisyphe (1942), Gallimard Folio, Paris, 2021, p. 80

O.

One must imagine Sisyphus happy by Albert Camus

This universe henceforth without a master seems to him neither sterile nor futile. Each atom of that stone, each mineral flake of that night filled mountain, in itself forms a world. The struggle itself toward the heights is enough to fill a man’s heart. One must imagine Sisyphus happy.

Albert CamusThe Myth Of Sisyphus And Other Essays, Trans. J. O’Brien, 1955, p. 78

Cet univers désormais sans maître ne lui paraît ni stérile ni futile. Chacun des grains de cette pierre, chaque éclat minéral de cette montagne pleine de nuit, à lui seul forme un monde. La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d’homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux. 

Albert Camus, Le mythe de Sisyphe (1942), Gallimard Folio, Paris, 2021, p. 168

Albert CamusLe mythe de Sisyphe (1942), Gallimard Folio, Paris, 2021, p. 168

Œ.

Œdipus : “All is well” by Albert Camus

But crushing truths perish from being acknowledged. Thus, Œdipus at the outset obeys fate without knowing it. But from the moment he knows, his tragedy begins. Yet at the same moment, blind and desperate, he realizes that the only bond linking him to the world is the cool hand of a girl. Then a tremendous remark rings out: “Despite so many ordeals, my advanced age and the nobility of my soul make me conclude that all is well.” Sophocles’ Œdipus, like Dostoevsky’s Kirilov, thus gives the recipe for the absurd victory. Ancient wisdom confirms modern heroism.

Albert Camus, The Myth Of Sisyphus And Other Essays, Trans. J. O’Brien, 1955, p. 77

Mais les vérités écrasantes périssent d’être reconnues. Ainsi, Œdipe obéit d’abord au destin sans le savoir. A partir du moment où il sait, sa tragédie commence. Mais dans le même instant, aveugle et désespéré, il reconnaît que le seul lien qui le rattache au monde, c’est la main fraîche d’une jeune fille. Une parole démesurée retentit alors: « Malgré tant d’épreuves, mon âge avancé et la grandeur de mon âme me font juger que tout est bien. » L’Œdipe de Sophocle, comme le Kirilov de Dostoïevski, donne ainsi la formule de la victoire absurde. La sagesse antique rejoint l’héroïsme moderne. 

Albert Camus, Le mythe de Sisyphe (1942), Gallimard Folio, Paris, 2021, pp. 166 – 167

Albert Camus, Le mythe de Sisyphe (1942), Gallimard Folio, Paris, 2021, pp. 166 – 167

A.

Absurd : confrontation of irrationality and desire for clarity by Albert Camus

In itself, thiw world is not reasonable, that is all that we can say about it. But what is absurd is the confrontation of this irrationality and this desperate desire for clarity whose call resounds in the man’s depths. The absurd depends as much on man as on the world. By now, it is their only link. It seals one to the other as only the hatred can tie the beings.

Ce monde en lui-même n’est pas raisonnable, c’est tout ce qu’on peut en dire. Mais ce qui est absurde, c’est la confrontation de cet irrationnel et de ce désir éperdu de clarté dont l’appel résonne au plus profond de l’homme. L’absurde dépend autant de l’homme que du monde. Il est pour le moment leur seul lien. Il les scelle l’un à l’autre comme la haine seule peut river les êtres.

Albert CamusLe mythe de Sisyphe (1942), Folio Essais, Paris, 2021, p. 39