S.

Shame : the shadow of the abject has fallen on the ego by Patrick Merot

To be ashamed is, in a paradigmatic way, to be ashamed to discover oneself very small even though one has believed oneself to be great, to be reduced to being a miserable earthworm, a scum, an excretion while thought one was a man. We have sufficiently indicated the anal dimension of identity to which the subject is then reduced: the shame, it is the shadow of the abject which has fallen on the ego. A formulation in which this beyond shame we encounter in melancholy, and the melancholic dimension the experience of shame can include, is hearable.

Avoir honte c’est, de façon paradigmatique, avoir honte de se découvrir tout petit alors même que l’on s’est cru grand, d’être réduit à être un misérable vers de terre, un rebut, une déjection alors qu’on se croyait un homme. On a suffisamment indiqué la dimension anale de l’identité à quoi se trouve réduit alors le sujet : la honte, c’est l’ombre de l’abject tombée sur le Moi. Formulation dans laquelle s’entend cet au-delà de la honte que l’on rencontre dans la mélancolie et la dimension mélancolique que peut comporter l’expérience de la honte.

Merot Patrick, « La honte : “ si un autre venait à l’apprendre ” Introduction à la discussion sur le rapport de Claude Janin », Revue française de psychanalyse, 2003/5 (Vol. 67), p. 1743-1756
DOI : 10.3917/rfp.675.1743
URL : https://www.cairn.info/revue-francaise-de-psychanalyse-2003-5-page-1743.htm

F.

Foundation of the oscillations of mood is unknown by Sigmund Freud

Thus the foundation of these spontaneous oscillations of mood is unknown; we are without insight into the mechanism of the displacement of a melancholia by a mania.

La pénétration dans le mécanisme du relais d’une mélancolie par une manie nous fait défaut.

English :
FREUD S., Group Psychology and the Analysis of Ego (1921), Trad. STRACHEY J., Hogarth Pres, London, 1949, p. 106

Français :
FREUD S., Psychologie des masses et analyse du moi (1921), PUF, Paris, 2010, p. 71

W.

Walter Benjamin by Guershom Scholem

In his younger years, a deep sadness permeated his being. I remember just a postcard Kurt Hiller addressed him, where he reproached him his dark “way of mind”. I would be inclined to assume that his deeply rooted to grief nature and the literary effects of this one, which so many of his writings reveals the dominant nature, is linked to this part of his personality. In the meantime himself had, still in his early years, a bit of self radicalism, even brutality, which contrasted strangely with the generally typical chineese politeness of his way to deal with others.

Dans ses jeunes années,  une profonde tristesse imprégnait son être. Je me souviens d’une carte postale que lui avait adressée Kurt Hiller, ou ce dernier lui reprochait son mode d’esprit  sombre. Je serais enclin à supposer que sa profonde pénétration dans la nature du deuil ainsi que dans les retombées littéraires de celui ci, vue qui dans un si grand nombre de ses écrits se révèle dominante, est liée à cet aspect de sa personne. En même temps il avait en propre, toujours dans ses jeunes années, un élément de radicalisme personnel, voire de brutalité,  qui contrastait étrangement avec la politesse toute chinoise généralement typique de son rapport à autrui.

SCHOLEM G., Benjamin et son ange, Paris, Rivage Poche, 1995, p. 25

W.

Walter Benjamin by Guershom Scholem

In his younger years, a deep sadness permeated his being. I remember just a postcard Kurt Hiller addressed him, where he reproached him his dark “way of mind”. I would be inclined to assume that his deeply rooted to grief nature and the literary effects of this one, which so many of his writings reveals the dominant nature, is linked to this part of his personnality. In the meantime himself had, still in his early years, a bit of self radicalism, even brutality, which contrasted strangely with the generally typical chineese politeness of his way to deal with others.

Dans ses jeunes années,  une profonde tristesse imprégnait son être. Je me souviens d’une carte postale que lui avait adressée Kurt Hiller, ou ce dernier lui reprochait son mode d’esprit  sombre. Je serais enclin à supposer que sa profonde pénétration dans la nature du deuil ainsi que dans les retombées littéraires de celui ci, vue qui dans un si grand nombre de ses écrits se révèle dominante, est liée à cet aspect de sa personne. En même temps il avait en propre, toujours dans ses jeunes années, un élément de radicalisme personnel, voire de brutalité,  qui contrastait étrangement avec la politesse toute chinoise généralement typique de son rapport à autrui.

SCHOLEM G., Benjamin et son ange, Paris, Rivage Poche, 1995, p. 25