E.

Ego can only be an ideal-ego by Susann Heenen-Wolff

The specular ego is an illusion in the shape of an ideal-ego, a grandiose narcissistic ego, indispensable for the constitution of the ego, and which allows a narcissistic triumph – a jubilation – following a (presumed) concordance of the ego and the ideal-ego. Since such a recognition rests on a misrecognition, Lacan speaks about the “imaginary ego” (Lacan, 1948): to recognize oneself is at the same time to misrecognize oneself: the child does not see himself in the mirror but only his image reflected – and glorified – by the gaze of the adult. For this reason, according to Lacan, the ego can only be an ideal-ego: the mirror gives to the child the image of an integrated body and of its control, which camouflages its Hilflosigkeit (distress/dependence, “desaide”).

Le moi spéculaire est une illusion en forme d’un moi-idéal, un soi narcissique grandiose, indispensable pour la constitution du moi, et qui permet un triomphe narcissique – une jubilation – à la suite d’une concordance (présumée) du moi et du Moi-Idéal. Puisqu’une telle reconnaissance repose sur une connaissance, Lacan parle du « moi imaginaire » (Lacan, 1948) : se reconnaître est en même temps se méconnaître : l’enfant ne se voit pas soi dans le miroir mais seulement son image reflété – et glorifiée – par le regard de l’adulte. Pour cette raison, selon Lacan, le moi ne peut être qu’un moi-idéal : le miroir donne à l’enfant l’image d’un corps intégré et de sa maîtrise, ce qui camoufle sa Hilflosigkeit (détresse/dépendance, « desaide »).

Susann HEENEN-WOLFF, « L’identité de genre – une approche métapsychologique », Cahiers de psychologie clinique, 2022/2 (n° 59), p. 31-51
DOI : 10.3917/cpc.059.0031.
URL : https://www.cairn.info/revue-cahiers-de-psychologie-clinique-2022-2-page-31.htm

W.

Worthy to suffer dishonor by Luke

40 After recalling the apostles, they had them flogged, ordered them to stop speaking in the name of Jesus, and dismissed them.
41 So they left the presence of the Sanhedrin, rejoicing that they had been found worthy to suffer dishonor for the sake of the name.
42 And all day long, both at the temple and in their homes, they did not stop teaching and proclaiming the Messiah, Jesus.

Luke, Acts of the Apostles, Chapter 5

40 

40 Et ayant fait venir les apôtres, ils leur défendirent, après les avoir fait fouetter, de parler à l’avenir au nom de Jésus, et ils les laissèrent aller
41 Alors les apôtres sortirent du conseil tout remplis de joie de ce qu’ils avaient été jugés dignes de souffrir cet outrage pour le nom de Jésus.
42 Et ils ne cessaient point tous les jours d’enseigner, et d’annoncer Jésus-Christ dans le temple et dans les maisons.

Luc, Actes des Evangiles, Chapitre 5
Les quatre évangiles et les actes des saints apôtres, Trad. Le Maistre de Sacy (1759), J. Smith, 1825, Paris, p. 187 – 188

Luke, Acts of the Apostles, Chapter 5

C.

Consent to admission’s humiliation is an heroism by Michel Zink

We can also formulate it in another way : consent to admission’s / confession’s humiliation is such an heroism that its glory prevails over the fault‘s shame, whatever it is.

On peut aussi le formuler autrement : l’humiliation de l’aveu est telle qu’y consentir est un héroïsme dont la gloire l’emporte sur la honte de la faute, quelle qu’elle soit.

Michel ZinkL’Humiliation, le Moyen Âge et nous, Albin Michel, Paris, 2017, p. 66

H.

Humiliation of the cross proclaimed his glory by Michel Zink

Just as God’s abasement in the incarnation led to a celebration of his humility, not to a questioning of his omnipotence, so the humiliation of the cross proclaimed his glory. The paradox of the glorious cross became so obvious that it ceased to be paradoxical. We speak of “Christ triumphant” to designate certain representations of Christ on the cross : the crucified one wears a royal crown and not the crown of thorns.

De même que l’abaissement de Dieu dans l’incarnation conduisait à célébrer son humilité, non à mettre en doute sa toute-puissance, de même l’humiliation de la croix proclamait sa gloire. Le paradoxe de la croix glorieuse devenait si évident qu’il cessait d’être paradoxal. On parle de « Christ triomphant» pour désigner certaines représentations du Christ en croix : le crucifié y porte une couronne royale et non la couronne d’épines.

Michel ZinkL’Humiliation, le Moyen Âge et nous, Albin Michel, Paris, 2017, p. 46 – 47

R.

Reversal from humiliation to glorification by Michel Zink

This reversal from weakness to strength and from humiliation to glorification is characteristic of the Pauline dialectic. It occupies the whole of the beginning of the first epistle to the Corinthians and it recurs constantly in Paul’s epistles: “If I must boast, it is of my weaknesses that I will boast” (a); “It is when I am weak that I am strong”, “Boast in tribulation (b)”; “Boast in the cross”, “What is foolish in the world, this is what God has chosen to confound the wise ; What is weak in the world, that is what God has chosen to confound the strong; what is unborn and despised in the world, that is what God has chosen (c). It is necessary to become foolish in order to become wise, for what is foolish in the eyes of the world is wisdom in the eyes of God (d).

Ce retournement de la faiblesse à la force et de l’humiliation à la glorification est caractéristique de la dialectique paulinienne. Il occupe tout le début de la première épître aux Corinthiens et il revient constamment dans les épitres de Paul : « S’il faut se glorifier, c’est de mes faiblesses que je me glorifierai » (a); « C’est quand je suis faible que je suis fort», «Se glorifier dans les tribulations (b) » ; «Se glorifier dans la croix », « Ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre les sages ; ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre ce qui est fort; ce qui dans le monde est sans naissance et que l’on méprise, voilà ce que Dieu a choisi (c) ». Il faut se faire fou pour devenir sage, car ce qui est folie aux yeux du monde est sagesse aux yeux de Dieu (d).

(a) La description du fou pourchassé et outragé par la foule est si stable qu’on la retrouve presque identique en 1657 dans un passage du Tracas de Paris de François Colletet, que Michel Foucault avait soigneusement recopié sur une fiche conservée avec ses archives à la BnF.

(b) Amadas et Ydoine, Ed. Honoré Champion, 1926, v. 2719-2761. 39.

(c) V. 3135-3156.

(d) Gautier de Coinci, D’un escommenie, La Vie des Pères, t. 1, ed. Francis Lecoy, p. 141-174. De quodam excommunicato absoluto per quendam stultum familiarem sancte Marie (« Sur un excommunié absous par un fou familier de sainte Marie»), éd. A. Mussafia dans Über die von Gautier de Coincy benützten Quellen (Denkschriften der kaiserlichen Akademie der Wissenschaften in Wien, XLIV), Vienne, 1894, p. 26-28.

Michel ZinkL’Humiliation, le Moyen Âge et nous, Albin Michel, Paris, 2017, p. 40

P.

Pierre Rivière is the one who remembers mercilessly everything by Michel Foucault

Pierre Rivière was the subject of this memory in a double sense: he is the one who remembers, who remembers mercilessly everything; and he is the one whose memory calls up the crime, horrible and glorious, beside so many other crimes.

Pierre Rivière fut le sujet de cette mémoire en un double sens : il est celui qui se souvient, qui se souvient impitoyablement de tout; et il est celui dont la mémoire appelle le crime, horrible et glorieux, à côté de tant d’autres crimes.

Michel Foucault, “Notes” in Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère… – un cas de parricide au XIXème siècle, Folio Histoire, Paris, 2019, p. 331

H.

Human race bent under the yoke of women by Docteur Vastel

He* pictured the human race bent under the yoke of women, submitted to their shameful law, enslaved to their whims. He thought that it would be noble and glorious to free It from this tutelage, that it would only require a generous example; that in all times and on the occasion of great circumstances, there had been men who had devoted themselves and whose names had passed to posterity.

Il* se figura le genre humain courbé sous le joug des femmes, subissant leur loi honteuse, asservi à leurs caprices. Il pensa qu’il serait noble et glorieux de le délivrer de cette tutelle, qu’il ne faudrait qu’un exemple généreux; que dans tous les temps et à l’occasion des grandes circonstances, il s’était trouvé des hommes qui s’étaient dévoués et dont les noms étaient passés à la postérité.

*Pierre Rivière

Docteur Vastel**, présenté par Michel Foucault, “Consultations Médico-Légales” in Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère… – un cas de parricide au XIXème siècle, Folio Histoire, Paris, 2019, p. 195

**Dr. Vastel was one of the forensic doctors who examined Pierre Rivière during the legal proceedings.

G.

Glory and shame by René Descartes

66. Vainglory and shame
Further, a good or evil that is or has been in us produces vainglory or shame respectively, when we think of it in terms of the opinion that others may have of it.

René Descartes, Passions of the soul (1646)

Art. 66. La gloire et la honte.
De plus, le bien qui est ou qui a été en nous, étant rapporté à l’opinion que les autres en
peuvent avoir, excite en nous de la gloire, et le mal, de la honte.

René Descartes, Les passions de l’âme (1646), GF Flammarion, Paris, 1996, p. 140
O.

Object exposes the anal area of the glorious by Jean Guillaumin

It is the very object to which the Ego sought to exhibit its phallic power and which it wanted to constrain to the passive position, which passes to the other pole and exposes the anal area of the glorious one, thus denouncing and punishing directly, through the talion, the secret sadism that hid the idealization of his desires.

C’est l’objet même auquel le Moi a cherché à exhiber son pouvoir phallique et qu’il a voulu contraindre à la position passive, qui passe à l’autre pôle et met à nu la zone anale du glorieux, dénonçant et punissant ainsi directement, par le talion, le sadisme secret que cachait l’idéalisation de ses désirs.

Jean Guillaumin, “Honte, culpabilité, dépression“, in Revue Française de Psychanalyse, t. XXXVII, no. 5, (1973), p. 1667