I.

Instinct may undergo vicissitudes by Sigmund Freud

Our inquiry into the various vicissitudes which instincts undergo in the process of development and in the course of life must be confined to the sexual instincts, which are the more familiar to us. Observation shows us that an instinct may undergo the following vicissitudes:
Reversal into its opposite.
Turning round upon the subject‘s own self.
Repression.
Sublimation.

Sigmund Freud, “Instincts and their vicissitudes” (1915) in The standard edition of the complete psychological works of Sigmund Freud vol XIV, Trad. James Strachey, The Hogarth Press, London, 1957, p. 126

Quels destins les pulsions peuvent elles connaître au cours du développement et de la vie ? Nous devons limiter cette investigation aux pulsions sexuelles, qui nous sont mieux connues. L’observation nous apprend que les destins des pulsions sont les suivants :
Le renversement dans le contraire
Le retournement sur la personne propre
Le refoulement
La sublimation.

Sigmund Freud, “Pulsions et destins des pulsions” (1915) in Métapsychologie, Folio Essais, Gallimard, 2010, p. 24

J.

Jouissance of the Other : the desexualisation by Alain Didier Weill

I think the last point we can make is to point out that this point of jouissance, which seems to me to be what Lacan articulates as the jouissance of the Other, is precisely the point of maximum desexualisation… I would say total, superior, sublime, sublime in the sense of sublimation… it is indeed through this point that sublimation has to do with desexualisation and jouissance.


Je crois que le dernier point que l’on peut avancer, c’est de faire remarquer que a point de jouissance qui me parait être ce que Lacan articule être de la jouissance de l’Autre, est précisément le point de désexualisation maximum… je dirais total, supérieur, sublime, sublime au sens de sublimation…cet c’est bien par ce point là que la sublimation a affaire à la désexualisation et à la jouissance.

Alain Didier Weill, “Intervention d’Alain Didier Weill” in Le séminaire de Jacques Lacan livre XXIV : L’insu que sait de l’une-bévue s’aile à mourre (1976-1977), Inédit, Staferla, p. 25

J.

Jouissance as a form of evil and moral law by Jacques Lacan

The first concerns the individual who is placed in the situation of being executed on his way out, if he wants to spend time with the lady whom he desires unlawfully – it’s not a waste of time to emphasize this, because even the apparendy simplest details consdtute traps. […] Thereupon, Kant, our dear Kant, tells us in all his innocence, his innocent subterfuge, that in the first case everyone, every man of good sense, will say no. For the sake of spending a night with a woman, no one would be mad enough to accept an outcome that would be fatal to him, since it isn’t a ques- tion of combat but of death by hanging. For Kant, the answer to the question is not in doubt. […] Can’t we stop here and offer our critique? The striking significance of the first example resides in the fact that the night spent with the lady is paradoxically presented to us as a pleasure that is weighed against a punishment to be undergone; it is an opposition which homogenizes them. There is in terms of pleasure a plus and a minus. […] But it is important to note that one only has to make a conceptual shift and move the night spent with the lady from the category of pleasure to that of jouissance, given that jouissance implies precisely the acceptance of death – and there’s no need of sublimation – for the example to be ruined. In other words, it is enough for jouissance to be a form of evil, for the whole thing to change its character completely, and for the meaning of the moral law itself to be completely changed. Anyone can see that if the moral law is, in effect, capable of playing some role here, it is precisely as a support for the jouissance involved; it is so that the sin becomes what Saint Paul calls inordinately sinful. That’s what Kant on this occasion simply ignores.

Jacques Lacan, The Ethics of Psychoanalysis 1959-1960 - The Seminar Book VII, Tr. Dennis Porter, Tavistock/Routledge, 1992, pp. 188-189

Son exemple est composé, je vous le rappelles de deux historiettes. La première concerne le personnage mis en posture d’être à la sortie exécuté, s’il veut aller trouver la dame qu’il désire illégalement – il n’est pas inutile de le souligner, car tous les détails apparemment les plus simples jouent ici le rôle de piège. […] La-dessus, Kant, le cher Kant dans toute son innocence, sa rouerie innocente, nous dit que dans le premier cas, tout un chacun, tout homme de bon sens, dira non. Personne n’aura la folie, pour passer une huit avec sa belle, de courir à une issue fatale, puisqu’il ne s’agit pas seulement d’une lutte, mais d’une exécution au gibet. Pour Kant, la question ne fait pas un pli. […] Ne pouvons-nous ici nous arrêter, et porter la critique ? La portée saisissante du premier exemple repose sur ceci, que la nuit passée avec la dame nous est paradoxalement présentée comme un plaisir, mis en balance avec la peine à subir, dans une opposition qui les homogénéise. Il y a un plus et un moins en termes de plaisir. […] Mais remarquez ceci – il suffit que, par un effort de conception, nous fassions passer la nuit avec la dame de la rubrique du plaisir à celle de la jouissance, en tant que la jouissance – nul besoin de sublimation pour cela – implique précisément l’acceptation de la mort, pour que l’exemple soit anéanti. Autrement dit, il suffit que la jouissance soit un mal pour que la chose change complètement de face, et que le sens de la loi morale soit dans l’occasion complètement changé. Tout un chacun s’apercevra en effet que, si la loi morale est susceptible de jouer ici quelque rôle, c’est précisément à servir d’appui à cette jouissance, à faire que le péché devienne ce que Saint Paul appelle démesurément pécheur. Voilà ce qu’en cette occasion Kant ignore tout simplement.

Jacques Lacan, “L’amour du prochain” in L’éthique de la psychanalyse Le Séminaire Livre VII (23 mars 1960), Editions du Seuil, 1986, pp. 229-230

Jacques Lacan, “L’amour du prochain” in L’éthique de la psychanalyseLe Séminaire Livre VII (23 mars 1960), Editions du Seuil, 1986, pp. 229-230