E.

Ego-ideal governs the interplay of relations by Jacques Lacan

Now let us postulate that the inclination of the plane mirror is governed by the voice of the other. This doesn’t happen at the level of the mirror-stage, but it happens subsequently through our overall relation with others – the symbolic relation. From that point on, you can grasp the extent to which the regulation of the imaginary depends on something which is located in a transcendent fashion, as M. Hyppolite would put it – the transcendent on this occasion being nothing other than the symbolic connection between human beings. What is the symbolic connection? Dotting our i’s and crossing our t’s, it is the fact that socially we define ourselves with the law as go-between. It is through the exchange of symbols that we locate our different selves [mois] in relation to one another – you, you are Mannoni, and me Jacques Lacan, and we have a certain symbolic relation, which is complex, according to the different planes on which we are placed, according to whether we’re together in the police station, or together in this hall, or together travelling.
In other words, it’s the symbolic relation which defines the position of the subject as seeing. It is speech, the symbolic relation, which determines the greater or lesser degree of perfection, of completeness, of approximation, of the imaginary. This representation allows us to draw the distinction between the Idealich* and the Ichideal*, between the ideal ego and the ego-ideal. The ego-ideal governs the interplay of relations on which all relations with others depend. And on this relation to others depends the more or less satisfying character of the imaginary structuration.

Jacques Lacan, The Seminar of Jacques Lacan – Book I – Freud’s paper on Technique (1953-1954), Trans. John Forrester, Norton Paperback, New-York, 1991, p. 140 – 141
Ego-ideal governs the interplay of relations - Lacan - Seminaire I

Nous pouvons supposer maintenant que l’inclinaison du miroir plan est commandée par la voix de l’autre. Cela n’existe pas au niveau du stade du miroir, mais c’est ensuite réalisé par notre relation avec autrui dans son ensemble – la relation symbolique. Vous pouvez saisir dès lors que la régulation de l’imaginaire dépend de quelque chose qui est situé de façon transcendante, comme dirait M. Hyppolite – le transcendant dans l’occasion n’étant ici rien d’autre que la liaison symbolique entre les êtres humains.
Qu’est-ce que c’est que la liaison symbolique ? C’est, pour mettre les points sur les i, que socialement, nous nous définissons par l’intermédiaire de la loi. C’est de l’échange des symboles que nous situons les uns par rapport aux autres nos différents moi – vous êtes, vous, Mannoni, et moi, Jacques Lacan, et nous sommes dans un certain rapport symbolique, qui est complexe, selon les différents plans où nous nous plaçons, selon que nous sommes ensemble chez le commissaire de police, ensemble dans cette salle, ensemble en voyage.
En d’autres termes, c’est la relation symbolique qui définit la position du sujet comme voyant. C’est la parole, la fonction symbolique qui définit le plus ou moins grand degré de perfection, de complétude, d’approximation, de l’imaginaire. La distinction est faite dans cette représentation entre l’Ideal-Ich* et l’Ich-Ideal*, entre moi-idéal et idéal du moi. L’idéal du moi commande le jeu de relations d’où dépend toute la relation à autrui. Et de cette relation à autrui dépend le caractère plus ou moins satisfaisant de la structuration imaginaire.

Jacques Lacan, Le Séminaire – Livre I – Les écrits techniques de Freud (1953-1954), Le Seuil, 1998, p. 222 – 223

Jacques LacanLe Séminaire – Livre I – Les écrits techniques de Freud (1953-1954), Le Seuil, 1998, p. 222 – 223

* Ideal-ego and Ego-ideal in german in the text

F.

From ideal ego to ego ideal by Sigmund Freud

This ideal ego is now the target of the self-love which was enjoyed in childhood by the actual ego. The subject’s narcissism makes its appearance displaced on to this new ideal ego, which, like the infantile ego, finds itself possessed of every perfection that is of value. As always where the libido is concerned, man has here again shown himself incapable of giving up a satisfaction he had once enjoyed. He is not willing to forgo the narcissistic perfection of his childhood; and when, as he grows up, he is disturbed by the admonitions of others and by the awakening of his own critical judgement, so that he can no longer retain that perfection, he seeks to recover it in the new form of an ego ideal. What he projects before him as his ideal is the substitute for the lost narcissism of his childhood in which he was his own ideal.

Sigmund FreudOn Narcissism : An introduction (1914), Trans. James Strachey (1925)

C’est sur ce moi idéal que vient maintenant se porter l’amour de soi-même dont le moi réel jouissait pendant l’enfance. Le narcissisme apparaît s’être déplacé sur ce nouveau moi idéal qui, comme le moi infantile, se trouve en possession de toutes les précieuses perfections. L’être humain s’est révélé, comme c’est chaque fois le cas dans le domaine de la libido, incapable de renoncer à la satisfaction dont il a joui une fois. Il ne veut pas être privé de la perfection narcissique de son enfance et s’il n’est pas parvenu à la conserver, parce qu’il a été perturbé au cours de son développement par des rappels à l’ordre et que son jugement s’est éveillé, il cherche à la regagner sous la nouvelle forme de l’idéal du moi. Ce qu’il projette devant lui comme son idéal n’est que le substitut du narcissisme perdu de son enfance où il était son propre idéal.

Sigmund FreudPour introduire le narcissisme. Trad. Hélène Francoual, Éditions In press, Paris, 2017, p. 54-55-+

Sigmund FreudPour introduire le narcissisme (1914). Trad. Hélène Francoual, Éditions In press, Paris, 2017, p. 54-55

I.

Ideal would be the conditioning factor of repression by Sigmund Freud

Repression, we have said, proceeds from the ego; we might say with greater precision that it proceeds from the self-respect of the ego. The same impressions, experiences, impulses and desires that one man indulges or at least works over consciously will be rejected with the utmost indignation by another, or even stifled before they enter consciousness. The difference between the two, which contains the conditioning factor of repression, can easily be expressed in terms which enable it to be explained by the libido theory. We can say that the one man has set up an ideal in himself by which he measures his actual ego, while the other has formed no such ideal. For the ego the formation of an ideal would be the conditioning factor of repression.

Sigmund FreudOn Narcissism : An introduction (1914), Trans. James Strachey (1925)

Le refoulement, avons-nous dit, part du moi; nous pourrions préciser: de l’estime de soi qu’a le moi. Les mêmes impressions, expériences vécues, impulsions, motions de désir, que tel être humain laisse se développer en lui, ou, tout du moins, élabore consciemment, sont rejetées par tel autre avec une grande indignation ou déjà étouffée avant même qu’elles n’accèdent à la conscience Mais la différence entre les deux, qui constitue la condition du refoulement, peut être saisie facile ment par la théorie de la libido en des termes qui permettent d’en avoir la maîtrise. Nous pouvons dire que l’un a érigé en lui un idéal à l’aune duquel il évalue son moi actuel, tandis qu’il manque à l’autre une telle formation d’idéal. La formation de l’idéal serait, du côté du moi, la condition du refoulement.

Sigmund FreudPour introduire le narcissisme. Trad. Hélène Francoual, Éditions In press, Paris, 2017, p. 53-54

Sigmund FreudPour introduire le narcissisme (1914). Trad. Hélène Francoual, Éditions In press, Paris, 2017, p. 53 – 54