S.

Shame is an experience of weakness and inferiority by Arnold Isenberg

When Hume says, “It is impossible a man can at the same time be both proud and humble,” he is confusing humility with shame. Humility is not the opposite but the complement of pride. Modesty and humility are based on the recognition of inherent and inevitable limitations, whilst shame is an experience of weakness and inferiority. The first is an active withdrawal of pretensions seen to be groundless, while the second is a passive admission of pain, failure, impotence, or vice. You could be proud and humble, like Isaac Newton, through perceiving at once that you had advanced knowl edge and that you had not advanced it very far. But you could not be proud and ashamed of the same book unless it contained both truths and errors, merits and avoidable faults.

Lorsque Hume dit : “Il est impossible qu’un homme puisse être à la fois fier et humble”, il confond humilité et honte. L’humilité n’est pas le contraire mais le complément de l’orgueil. La modestie et l’humilité sont fondées sur la reconnaissance de limites inhérentes et inévitables, tandis que la honte est une expérience de faiblesse et d’infériorité. La première est un retrait actif de prétentions jugées sans fondement, tandis que la seconde est un aveu passif de douleur, d’échec, d’impuissance ou de vice. Vous pouvez être fier et humble, comme Isaac Newton, en percevant à la fois que vous avez fait progresser le savoir et que vous ne l’avez pas fait progresser beaucoup. Mais on ne peut être fier et honteux du même livre que s’il contient à la fois des vérités et des erreurs, des mérites et des fautes évitables.

Arnold Isenberg, “Natural Pride and Natural Shame” (1989) in Amélie Oksenberg Rorty, Explaining Emotions, University of California Press, Berkeley, 1980, p. 362

E.

Ego as a grammarians invention

Lichtenberg, who, after Hume, also battled with the ego, was still bolder. As a philosopher of impersonality, he corrects our verbal “I think”, into an objective “it thinks”, thereby showing ego is a grammarians invention (Hume also ended his presentation explaining any dissension about identity as a quarrel of words).

Lichtenberg, qui, venu après Hume, est également parti en guerre contre le moi, a été plus hardi encore. Philosophe de l’impersonnalité, il corrige notre « je pense » verbal, en un objectif « cela pense » voulant montrer par là que le moi est une invention de grammairiens (Hume aussi finissait son exposé en expliquant toute dissension au sujet de l’identité de la personne comme une querelle de mots).

Weininger, O. Sexe et Caractère (1903) (Editions l’age d’homme). Trad. D. Renaud. Editions l’age d’homme. Lausanne, 1975, p. 134-135

Disclaimer : The works of Weininger are to read knowing the terrible destcruction power they supported, after his own death, against Jewish People, and against Women in general. His texts are sources to understand the common roots between antismetism and antifeminism.

D.

David Hume seen by Otto Weininger

David Hume analysed the concept of the ego through a criticism which ended discovering the ego contains only a bundle of different perceptions taken in a flux and a perpetual movement. We should, Hume explains in substance, turn away from some metaphysicians, who believe to find in themself another ego than this one. I’m sure I don’t have one, and everyone is as sure as I am. So expresses the world’s gentleman. Next chapters will show how much his irony ultimately falls toward himself only. If, however, this ironic criticism had such an impact, the cause is the overestimation from which its author benefited, and for which the responsibility rests to Kant. Hume was a remarkable empirical psychologist, but was not a genius. There is certainly no great glory in being the greatest English philosopher, but even as a such one, Hume cannot pretend. When we know Kant (despite the “paralogisms”) immediately rejected Spinozism for the only reason he sees in human beings not substances, but only accidents, and considered that the only “nonsense “of this idea was enough to condemn him – I am not sure he would not have moderated the praises which he addresses to the English philosopher if he had known the “Treatise on human nature”, and not only the “Investigation of the morality principles”, later work in which, as we know, Hume doesn’t resume his criticism.

David Hume a soumis le concept du moi à une critique au terme de laquelle il ne crut découvrir en celui-ci qu’une faisceau de différentes perceptions prises dans un flux et un mouvement perpétuel. Il faut, explique-t-il en substance, se détourner de certains métaphysiciens, qui croient trouver en eux un autre moi que celui-ci. Je suis certain pour moi de n’en pas avoir, et chacun en est aussi certain que moi. Ainsi s’exprime l’homme du monde. On verra au chapitre suivant combien son ironie ne retombe finalement que sur lui-même. Si cependant cette critique ironique a eu un tel retentissement, la cause en est la surestimation dont son auteur a bénéficié, et dont la responsabilité revient a Kant. Hume était un remarquable psychologue empirique, mais n’était pas un génie. Il n’y a certes pas grande gloire à être le plus grand philosophe anglais, mais même à ce titre, Hume ne peut prétendre. Lorsqu’on sait que Kant (en dépit des “paralogismes”) a repoussé d’emblée le spinozisme pour la seule raison qu’il voit dans les êtres humains non des substances, mais uniquement des accidents, et a considéré que la seule “ineptie” de cette idée suffisait à le condamner – je ne suis pas sûr qu’il n’aurait pas modéré les louanges qu’il adresse au philosophe anglais s’il avait connu le « Traité de la nature humaine », et non seulement l’« Enquête sur les principes de la morale », ouvrage postérieur dans lequel, comme on sait, Hume n’a pas repris sa critique.

Weininger, O. Sexe et Caractère (1903) (Editions l’age d’homme). Trad. D. Renaud. Editions l’age d’homme. Lausanne, 1975, p. 134

Disclaimer : The works of Weininger are to read knowing the terrible destcruction power they supported, after his own death, against Jewish People, and against Women in general. His texts are sources to understand the common roots between antismetism and antifeminism.