W.

What appears in the shame by Emmanuel Levinas

What appears in the shame is precisely the fact of being riveted to oneself, the radical impossibility of fleeing to hide from oneself, the irremissible presence of the ego to oneself.

Ce qui apparaît dans la honte c’est donc précisément le fait d’être rivé à soi-même, l’impossibilité radicale de se fuir pour se cacher à soi même, la présence irrémissible du moi à soi-même.

Lévinas Emmanuel (1935), De l’évasion, Paris, Biblio Essais, 1998, p. 112 – 113

T.

The shame imposed in childhood may be woke up by Serge Tisseron

In addition, at any time, the shame imposed in childhood may be woke up. The look the seducers puts on the child, the brutal gestures that he possibly has towards him, his words which aim to make him bear responsibility for his own acts, all of this meets in the child a field of all the more conducive to shame as it was imposed on him during childhood. Of course, the words and gestures of the seducer can also at any time impose on the victim a shame unknown to him. But the shame and the silence that accompanies it, sometimes to death, are all the more likely to lock the experience of seduction that it was felt early and intensely.

En outre, à tout moment, la honte imposée dans l’enfance peut en effet
être réveillée. Le regard que le séducteur fait peser sur l’enfant, les gestes brutaux qu’il a éventuellement à son égard, ses mots qui visent à lui faire porter la responsabilité de ses propres actes, tout cela rencontre chez l’enfant un terrain d’autant plus propice à la honte que celle-ci lui a été imposée dans l’enfance. Bien entendu, les mots et les gestes du séducteur peuvent aussi à tout moment imposer à la victime une honte inconnue d’elle. Mais la honte et le silence qui l’accompagne, parfois jusqu’à la mort, ont d’autant plus de chances de verrouiller l’expérience de séduction qu’elle a été éprouvée précocement et intensément.

Tisseron Serge, « De la honte qui tue à la honte qui sauve », Le Coq-héron, 2006/1 (no 184), p. 18-31. DOI : 10.3917/cohe.184.31.
URL : https://www.cairn.info/revue-le-coq-heron-2006-1-page-18.htm

D.

Decency / Modesty is a fear of being victim by Serge Tisseron

So, decency / modesty is caracterized by the fear of being victim of an assault. It is inseparable from the self-protection desire, while the feeling of shame testifies the fact that our defenses have been “smashed”, and that the disgrace look of the other has penetrated deep inside us.

Ce qui caractérise la pudeur, c’est donc la crainte d’être victime d’une agression. Elle est inséparable du désir de nous protéger, alors que le sentiment de honte témoigne du fait que nos défenses ont été « enfoncées », et que le regard honnisseur de l’autre a pénétré jusqu’au fond de nous.

TISSERON Serge, « De la honte qui tue à la honte qui sauve », Le Coq-héron, 2006/1 (no 184), p. 18-31. DOI : 10.3917/cohe.184.31. URL : https://www.cairn.info/revue-le-coq-heron-2006-1-page-18.htm

W.

Where the shame lies by Claude Barazer

[Shame lies] at the crossroads of this triple process of exposure, dispossession and forfeiture of self facing the other.

[La honte se situe] au carrefour de ce triple processus d’exposition, de dépossession et de déchéance de soi face à l’autre.

BARAZER C., « Hontes sans issue ». In Documents & Débats, Bulletin Intérieur de l’Association Psychanalytique de France, numéro 52, 2000, p. 9

O.

Opportunity costs of reporting GBV by Felson, Messner, Hoskin and Deane

Finally, victims may avoid going to the police because of the opportunity
costs.

Au total, les victimes peuvent préférer éviter d’appeler la Police à cause de coûts d’opportunité.

FELSON R., MESSNER S., HOSKIN A., DEANE G., “Reasons for reporting and not reporting domestic violence to the police” in Criminology Volume 40 Number 3, 2002, p. 621

The reason of “self-protection,” which we create by combining the categories for “protection from future attack” and “to stop the incident,” is the most common one for calling the police (19.9% + 16.7% = 36.6%). Perceptions that the incidents are private or trivial matters are the most frequent reasons for not calling the police (disregarding the residual “other” category).

Les motivations d’ “auto-protection”, que nous avons créé en combinant les catégories “protection d’une nouvelle attaque dans l’avenir” et “pour arrêter l’incident”, sont les plus communément évoquées pour justifier l’appel de la police (19,9% + 16,7% = 36,6%). La perception qu’il s’agit là d’un incident privé, ou d’un incident sans importance sont les motivations les plus souvent évoquées pour justifier de ne pas appeler la police (sans tenir compte de la catégorie résiduelle “autre”).

FELSON R., MESSNER S., HOSKIN A., DEANE G., “Reasons for reporting and not reporting domestic violence to the police” in Criminology Volume 40 Number 3, 2002, p. 630

Our results suggest that three factors inhibit victims from calling the police on partners and family members (versus strangers): the desire for privacy, the desire to protect the offender, and, for partners, the fear of reprisal. Privacy is by far the most important factor inhibiting reporting an incident. Three factors encourage victims to call the police on partners and family members: the desire for self-protection, the perception of these events as more serious, and the perception that the police will view these events as more serious.

Nos résultats suggèrent que trois facteurs empêchent les victimes de faire appel à la police pour intervenir contre des partenaires et des membres de la famille (par rapport aux cas où le bourreau est étranger): le désir de préserver la confidentialité, le désir de protéger le délinquant et, pour lorsqu’il s’agit d’un partenaire, la peur des représailles. La confidentialité est de loin le facteur le plus important dans l’empêchement du signalement d’un incident. Trois facteurs encouragent les victimes à appeler la police pour intervenir contre leurs partenaires et des membres de leur famille : le désir de se protéger, la perception de ces événements comme étant d’une gravité plus élevée et la conviction que la police considérera ces événements comme plus graves.

FELSON R., MESSNER S., HOSKIN A., DEANE G., “Reasons for reporting and not reporting domestic violence to the police” in Criminology Volume 40 Number 3, 2002, p. 640

https://www.scopus.com/record/display.uri?eid=2-s2.0-0036689571&origin=inward&txGid=049ec0ab22938fcfa2fd16edfcb8ee30

W.

What the victim is shuting up by Marie-José Grihom

[…] the one who immediately appears as an executioner, like a radical stranger, is perhaps already well known [by the victim]. Does he not embody that part of abjection and strangeness that it she always shuted up and which founds its link with itself at the imaginary and unconscious level?

[…] celui qui apparaît d’emblée comme un bourreau, comme un radical étranger, est peut-être déjà bien connu [de la victime]. N’incarne-t-il pas cette part d’abjection et d’étrangeté qu’elle tait depuis toujours et qui fonde son lien avec elle-même au plan imaginaire et inconscient ?

Grihom Marie-José, « Pourquoi le silence des femmes ? Violence sexuelle et lien de couple », Dialogue, 2015/2 (n° 208), p. 71-84.
DOI : 10.3917/dia.208.0071.
URL : https://www.cairn.info/revue-dialogue-2015-2-page-71.htm

C.

Correlation between marriage and reporting Sexe Based Violence by Palermo, Bleck and Peterman

The robust positive correlation between being formerly married and reporting may be because women experiencing more severe cases of IPV are more likely to seek help and leave the abusive relationship, or because those able to seek help (regardless of severity of abuse) are more likely to leave relationships.

La robuste corrélation positive que nous constatons entre être précédemment mariée et le signalement [ndlr: d’une violence subie] peut s’expliquer par la plus grande gravité des cas de IPV [ndlr: Intimate Partner Violence – Violence du Partenaire Intime] vécues par les femmes qui sont par conséquent plus susceptibles de rechercher de l’aide et de sortir de la relation abusive ; ou bien, celles qui sont plus aptes à rechercher de l’aide (quelque soit la gravité de la violence) sont également celles qui ont le plus susceptibles de quitter des relations.

Tia Palermo, Jennifer Bleck, and Amber Peterman
“Tip of the Iceberg: Reporting and Gender-Based Violence in Developing Countries”
American Journal of Epidemiology, Vol. 179, No. 5
Published by Oxford University Press on behalf of the Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health.
DOI: 10.1093/aje/kwt295
December 12, 2013

R.

Reasons of underreporting sexual assault by Felson and Paré

The analyses of reasons help explain why victims are less likely to report sexual assaults than physical assaults. Victims of sexual assault are less likely to report the incident for four reasons: (a) they were more likely to be embarrassed, (b) they were more likely to fear reprisal, (c) they were more likely to think the police would not believe them, and (d) they were more likely to believe the police would be ineffective.

L’analyse des raisons évoquées permet d’expliquer pourquoi les victimes ont moins tendance à faire état d’une agression sexuelle que d’une agression physique. Les victimes d’agression sexuelle ont moins tendance à faire état de l’incident pour quatre raisons : (a) elles ont tendance à être plus embarrassées, (b) elles ont plus tendance à craindre des représailles, (c) elles ont plus tendance à penser que la Police ne les croira pas, (d) elles ont plus tendance à penser que la Police sera inefficace.

“The Reporting of Domestic Violence and Sexual Assault by Nonstrangers to the Police”
Author(s): Richard B. Felson and Paul-Philippe Paré
Source: Journal of Marriage and Family, Vol. 67, No. 3 (Aug., 2005), pp. 597-610
Published by: National Council on Family Relations
Stable URL: https://www.jstor.org/stable/3600191